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Livre : Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire, de Florent Couao-Zotti

Vendredi 12 mars 2010

Après Le Cantique des cannibales (2004), Florent Couao-Zotti est de retour au Serpent à Plumes avec un roman inspiré par les ratés masculins et féminins de policiers, de prostituées et de gagnsters évoluant dans la région de Cotonou. Variations d’une cruauté vivante autour d’une petite malette de poudre blanche…

Au coeur du nouveau roman de Florent Couao-Zotti, il y a tout d’abord trois femmes : Saadath, l’ancienne reine de beauté déchue après la mort de son vieux caïd de mari, Sylvana l’aventurière féline et Rockyana, la femme “Fanta-Coca” (ie qui se déclore le visage, lui donnant une couleur orangée de Fanta, tout en conservant un corps couleur Coca). Leur point commun : elles vendent leur corps pour vivre. Mais monnaient leurs services fort cher, et n’hésitent pas à écraser la concurrence. Le sproblèmes arrivent après le meurtre de Saadath, qui a traffiqué de la drogue dans le sillage des anciens amis de son gangster de mari. Sylvana vole la malette de cocaïne que Saadath avait confiée à Rockyana pour tenter de la revendre aux anciens boss de Saadath. A la tête de cette pyramide de fabricants : Smaïn, alias “L’Arabe” qui après avoir perdu u bras par amour a décidé de devenir vraiment dur à cuir…

Révélant l’intriguepar fragments à la manière d’un tableau cubiste, Florent Couao-Zotti donne à chaque chapitre de son roman un titre en forme de proverbe béninois. Et tous sont aussi savoureux que le titre. Un glossaire en fin de texte vient renseigner le lecteur sur l’usage de mots locaux : l’on aporend avec intêrét qu’à Cotonou, le Gaou est le dindon de la farce, la Go une petite copine, et que tous les blans sont par extension “Lissa”, c’est-à-dire Albinos; sur fond de Magic System survolté, l’auteur nous traine dans un éboulement de métaphores dans des taxis défoncés, des bars mal famés, et des piaules de gangsters; il nous entraîen dans un monde où tous les coeurs sont frelatés, et où il n’y a pas vraiment de victime. Juste des gagnants et des perdants, des personnages nés beaux et dotés ou mal servis par la vie. Mais tous dégagent une folel énergie, cherchant sans scrupules à améliorer un quotidien frénétique. Une belle dose d’énergie pas très morale…

Florent Couao-Zotti, “Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire”, Le Serpent à Plumes, 208 p., 14 euros.

Elle ne regrettait nulelment d’avoir allongé le couteau dans le ventre de Mouf. Lui voulait se faire vent, épouser la courbe de l’horizon, cette nuit même, alors qu’elle souhaitait se faire éclater le corps des heures durant, toute la nuit, comme s’il ne restait que ec dernire festin à s’offrir. Oui, elle avait bien besoin des e donner de la jouissance, après l’exploit réalisé, en attendant de voir comment se lèverait le soleil. De toutes façons, le sort du jeune-homme était déjà scellé. Elle voulait l’utiliser juste pour l’opération, en soutirer du plaisir jusqu’à plus rassis, puis après, le jeter sur les décharges. “ p. 115

Sous la plage, les regrets

Lundi 13 juillet 2009

Le roman de l’auteure suédoise Marie Hermanson, « La Plage », a été traduit dans 11 pays et déjà vendu à 150 000 exemplaire. Il vient d’être publié en France ce printemps aux éditions du Serpent à plumes et il serait bien dommage de passer à côté d’une oeuvre où les madeleines sont des jeune filles qu’on enlève et dont le titre va si bien avec vos projets de l’été.

Dans son enfance, Ulrika passait tous ses étés dans un île de Suède où elle est tombée amoureuse d’amitié pour sa voisine : Anne-Marie Gattman. Tous lui plaisait dans la famille d’Anne-Marie dont les parents étaient des journalistes reconnus. Jusqu’au dernier été, où ses parents ont loué leur maison et où elle assiste à l’enlèvement de la petite soeur adoptée d’Anne-Marie. Après ces dernières grandes vacances, une fois la maison vendue, Ulrika n’entend plus jamais parler d’Anne-Marie, ni de sa famille. Mais, un jour, Ulrika,devenue anthropologue et travaillant sur les « mythes des personnes enlevée dans les montagnes », décide d’emmener ses propres enfants dans l’île. Sur la plage, son fils découvre un cadavre…

Suspense bien mené, justesse psychologique, us sans abus du mythe et nostalgie élégante sont les ingrédients qui font de La plage un roman agréable à lire, possiblement d’une traite. Il y a une pudeur dans les personnages de Marie Hermanson qui exacerbe encore la finesse de son écriture psychologique. Pas trop d’information, donc, pas d’émotions qui s’étalent grossièrement, mais une tension en pointillés qui s’assure notre attention jusqu’à la dernière page.

Marie Hermanson, La Plage, trad. Max Stadler et Lucile Clauss,  Le Serpent à Plumes, 318 p., 19 euros.