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Ravalec : l’auteur est de retour

Lundi 31 août 2009

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Pour son 37  e  livre, Vincent Ravalec remet le couvert dans les coulisses du monde de l’édition. 14 ans après son roman caustique, l’Auteur, voici le Retour de l’Auteur.

ravalec1Lorsque Vincent Ravalec remporte le très tendance prix de Flore, en 1994, pour Cantique de la racaille, il devient comme l’a nommé avec a propos l’éditrice François Verny un « petit quelqu’un » dans les milieux littéraires parisiens. Il décide alors sous forme d’essai détaché de peindre les coulisses d’une ascension qu’il sait d’autant moins fulgurante qu’elle risque à tout moment de pencher vers la dégringolade. En 1995, avec l’Auteur, il avait si bien peint les volées de champagne au Flore et les volées de bois vert légèrement régressives des collègues lors de salons et de colloques en Province, qu’il avait ravi tous les critiques littéraires. Quinze ans plus tard, et pas mal de livres et de scénarios plus tard, l’Auteur est de retour et embringué dans une histoire un peu louche de société secrète des lettres. On lui fait miroiter l’Académie Française, mais il s’agit surtout de messes noires inquiétantes et conservatrices pour sauver l’objet livre du spectre du e-book…

Se plaçant au centre avec son éternel verre de Perrier, Ravalec séduit quand il fait une satire où il se moque aussi de lui-même, et où il ne fait pas vraiment d’autobiographie puisqu’il se peint « de profil ». Son point de vue faussement posé aiguise la caricature des hystéries collectives du monde de l’édition. Rien de très nouveau sous le soleil de Saint-Germain-des-Prés depuis quinze ans… Mais s’il n’y a pas de second souffle dans la vie d’un auteur qui continue son bonhomme de chemin, ce retour publié par le Dilettante permettra à ceux qui aiment Ravalec de rire encore avec lui, et à ceux qui n’ont pas lu le premier volet d’en redécouvrir les pages.

Vincent Ravalec, Le Retour de l’Auteur, Le Dilettante, 17 euros.

« – L’important c’est que vous admettiez une certaine rigueur métrique. Vos livres sont fagotés comme l’as de pique.

Comme l’as de pique ? je bredouille, piqué au vif. Vous êtes sûr ?

Absolument.

Cet ‘absolument’, sec et sans forme, m’envoie dans les cordes sans que j’aie la présence d’esprit de trouver une repartie. J’ai juste la vision de mes livres affublés d’un fagot et piquetés de cartes à jouer, d’as de piques sournois et rigolards » p. 226


Vincent Ravalec
par auteursTV

Couverture : Joost Swarte

Petits bobos de vacances

Jeudi 20 août 2009

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L’auteur de « Rade Terminus » et de « Beau Rôle » (P.O.L.) rapatrie avec un sourire grimaçant ses personnages de Français bobos vers le continent. Après le jeune cabotin parisien Antoine Mac Pola, c’est au tour du demi-américain d’âge mur et normand pas tout à fait local, John Bennett d’être le faux mec détendu de l’histoire. Avec « Le Roman de l’été », Nicolas Fargues perfectionne son art de la satire « cool », et nous fait sourire d’un très beau jaune.

Fils d’un artiste local d’origine américaine, divorcé et père un peu léger, John Bennett décide de s’installer dans sa résidence secondaire de Normandie, à Vatenville, pour se mettre à écrire. Mais entre les voisins du cru qui souhaitent le convaincre de percer un mur de son jardin pour avoir vue sur la mer, sa fille Mary qui débarque avec son faux rocker de petit copain et une amie italienne diablement sensuelle, et les évènements politiques de Vatenville qui accueille, le temps d’une signature par un reporter un peu bidon, le Président le plus bling bling d’Histoire de France, il est bien difficile de commencer sa propre recherche du temps tué.

Au fil des romans, Nicolas Fargues progresse dans la satire du bobo sous toutes ses formes. Les caricatures se suivent sans se ressembler et sans épargner personne : le beauf local et sa femme, le faux rocker fils à papa, la jeune fille curieuse enfermée dans le rôle de belle plante sympathique (ça c’est un classique chez Fargues), le type des médias qui fait écrire ses livres par d’autres et ampoule les phrases pour marquer le vide de sa pensée, et enfin, le président Sarkozy lui-même, que Fargues n’épargne pas. La grande force de Fargues est que derrière la vacherie facile de la satire, ces archétypes de Français sont aussi émouvants. Les anti-héros sont sympathiques et l’on peut s’identifier à leurs doutes, à leurs affirmations-boucliers, et à leur manière médiocre mais si proche de la notre de vivre. Derrière la frange de cheveux blonds et les lunettes de soleil, Nicolas Fargues sait faire preuve d’une certaine empathie, qui rend ses références incessantes à notre pop-culture, et son sacre de l’instant social, un peu plus durable qu’il n’y paraît. De là à dire que l’écrivain est entrain de produire, volume après volume, la comédie humaine de ce début du XX e siècle, il n’y a qu’un pari à assumer… En tous les cas pris isolément, « le Roman de l’été » coule, fait grimacer délicieusement, et peut aussi se lire aussi légèrement que nécessaire.

Nicolas Fargues, Le roman de l’été, P.O.L., 19,50 euros.

Pour lire les premières pages du roman, cliquez ici.


“Hubert: son mètre quatre-vingt douze, son beau prénom idéalement suranné, sa voix grave, ses longues mains, ses cheveux, sa permanente barbe d’une semaine, son jean slim et ses converses pâles sales. Hubert le beau ténébreux aux poses hautaines éthérées, se rêvant Kurt Cobain, Pete Doherty ou Julien Casablancas […] Hubert qui pour le bus sussurait présent d’un air pénétré de mâle meurtri : “They all let me down/ In this town/ And now/ I know/ i’m alone/ On my own/ With that bone/ I’m alone/ On my own/ my own hound/ grown/ From the underground” p. 44

Le retour des affreux, des sales et des méchants

Lundi 6 juillet 2009

Le film culte de Ettore Scola, “Affreux, sales et méchants” (1976) ressort en salles le 8 juillet. Copie restaurée pour une épopée familiale pleine de haine.

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1976, “Affreux, sales et méchants” fait la satire d’un prolétariat corrompu par la société de consommation. Sis dans un bidonville de la banlieue de Rome, le film fait la satire d’une famille nombreuse étouffée par son patriarche : Giacinto. Le grand Nino Manfredi joue ce vieux borgne autoritaire est assis sur ses sous, orchestrant les diverses perversités d’une nichée réduite à l’état animal de bouffer, dormir à même le sol, baiser dans tous les sens et se reproduire. Le dimanche ou pour les baptêmes, ils vont en congrégation à l’Eglise mais c’est pour mieux se jeter sur les spaghetti et fomenter des projets d’assassinat après.  L’argent fascine tout le monde, jusqu’à la mémé sur son fauteuil roulant. Les femmes couchent pour deux lire ou par ennui, les hommes par obsession, et la crasse morale et physique s’entasse dans ce qui semble un état heureux de profonde non-réflexion. La seule grâce que ce film de haine accorde est  le personnage fellinien de la gironde maîtresse de Giacinto, Isinde ( Maria Luisa Santella) qu’il installe dans son lit avec sa femme.

A l’origine, Pasolini devait écrire une préface qui aurait été lue au début du film, mais ila  été assassiné avant de l’écrire. Livré sans gants et sans grille de lecture, “Affreux, sales et méchant” pousse la haine de la famille jusqu’à l’extrême limite de l’insupportable. On rit, non sans gêne, et la comédie impose tout ce qui est vil et bas sans merci pour un  spectateur ligoté. C’est dérangeant et c’est donc sensé être fort, à l’instar de “La Grande Bouffe” de Marco Ferreri (1973).  On peut aussi continuer de préférer la tendresse humaine de “Nous nous somems tant aimés” (1973) et d'”Une journée particulière” (1977).

“Affreux, sales et méchants” passe ce soir à 20h30 au Nouveau Latina, dans le cadre du festival “Paris Cinéma”.

Il ressort en salles mercredi 8 juillet.

“Affreux, sales et méchants”, un film d’Ettore Scola, avec Nino Manfredi, Italie,  1976, 115 min.