Roman : Les silences, de Rose Tremain
Lundi 31 mai 2010L’auteure britannique du “Royaume interdit” (James Tait Black Memorial Prize, Prix Femina étranger 1994) implante son dernier roman dans les Cévennes, telles que les rêvent la bonne société londonienne. Fidèle à elle-même et au genre du réalisme poétique, Rose Tremain donne à ces « Silences » des accents délicieusement ironiques. Disponible chez Lattès à partir du 2 juin 2010.
Un grand antiquaire londonien, Anthony Verey, sent la fin de sa vie arriver. Il décide d’entreprendre une dernière grande chose : acheter un mas dans le Sud de la France et l’aménager pour atteindre la perfection. C’est sa sœur Véronica, le seul être qu’il chérit vraiment, qui l’a inspiré dans cette démarche. Spécialiste des jardins, celle-ci tente d’en cultiver un sans eau dans le Sud de la France et d’enfaire un livre. Mais la compagne de Veronica, Kittty, aquarelliste ratée, ne voit pas l’arrivée du frère d’un bon œil : jalouse de lui et de l’attention que Veronica lui porte, elle souhaite même sa mort. Anthony s’installe pourtant longuement chez sa sœur et se met à visiter plusieurs maisons. Son choix tombe sur le Mas Lunel, une maison de famille appartenant au vieil et ivrogne Aramon, qui en chassé sa sœur, Audrun. Du coup, cette dernière s’est construite une petite baraque en bord de terrain, qui bouche la vie et risque bien de décourager le pimpant acheteur britannique…
Si vous aimez les vrais et gros romans psychologiques, vous ne serez jamais déçus par Rose Tremain. Ses personnages aussi bien français qu’anglais sont touffus, socialement et moralement marqués par la vie. L’action commence comme un roman policier, à partir des sentiments de nostalgie d’une petite parisienne limogée dans les Cévennes et découvrant lors d’un voyage de classe qui la rend plus mélancolique encore que d’habitude un corps. Les multiples flash-backs éclairent avec subtilité les chemins qui ont mené chacun des personnages là où il se trouve : pour chacun, un carrefour différent de la vie. Rien n’est donc laissé au hasard, ni dans l’ombre, et Tremain crée puis étanche avec habileté la soif de son lecteur. Certaines scènes champêtres tirent également du côté de la poésie, notamment dans les réflexions intimes de ses personnages féminins : elles s’accordent si bien avec les couleurs et les bruissements de la nature. A ces ingrédients classiques, l’auteure ajoute également une touche acidulée d’ironie à la Iris Murdoch. Et la satire de la bonne société anglaise un peu dégénérée entre sa pluie, ses jardins, et ses enfants trop raffinés pour savoir se défendre rejoint étrangement celle de paysans français incestueux et alcooliques congénitaux.
Rose Tremain, « Les silences », trad. Claude et Jean demanuelli, J.C. Lattès, 402 p., 20.50 euros, sortie le 2 juin 2010.
Pour les anglophones, ne manquez pas les 10 commandements de l’écrivain, d’après Rose Tremain, sur le site du Guardian (ici). Un bel antidote au nombrilisme autofictionnel frenchy.




Lorsque sa mère adoptive meurt frappée par la foudre, Arthur Beerholm prend soudain conscience de l’absurde de la vie et de l’absurdité de la mémoire. Resté seul face à face avec son père adoptif à qui il n’a rien à dire, surtout après que celui-ci a épousé sa ravissante et méchante jeune nounou, Arthur part en pensionnat puis décide de faire des études de théologie, qu’il finit par interrompre après un séjour traumatisant dans une retraite où les moines font voeu de silence. Entretemps, l’ancien élève très doué en mathématiques a rencontré les cartes et leur magie. Il décide de pousser l’art de l’illusion jusqu’à un niveai métaphysique qui lui était resté inaccessible par la voie de Dieu. Avec l’aide d’un très grand magicien, il se lance dans une course à l’excellence qui lui amène la gloire, mais pas vraiment de réponse à ses questions…
Emma alias “Emmi” envoie par hasard un e-mail à un certain monsieur “Leike” en voulant résilier son abonnement au magazine “Like”. L’erreur se serait soldée par une simple réponse “ce n’est pas moi que vous cherchez à joindre”, si, le soir de Noël, Emmi n’avait pas inclus l’adresse mail de Leo Leike dans les destinataires de ses voeux. Les deux étrangers commencent alors un dialogue qui passe rapidement du jeu de devinettes à des discussions très intimes. Celles-ci n’empêchent pas les deux interlocuteurs touchés par Cupidon de laisser quelques zones d’ombres très étudiées. Or, Emmi est mariée et heureuse avec son homme et leurs deux enfants; elle se demande ce qu’elle cherche dans ces conversations essentielles avec Leo. De son côté Leo sort d’une histoire physique et impossible avec la froide Marlene, et comme c’est un type plutôt moral et plutôt sûr de ce qu’il vaut, l’idée de jouer le rôle de l’amant lui est simplement insupportable. Emmi sait être cynique et inconstante, Leo peut être dur et silencieux, mais tous deux savent se montrer extrêmement tendres. Pendant 348 pages, le lecteur se ballade au coeur de leur correspondance éléctronique. Et il y trouve le plaisir du voyeur non omniscient, puisqu’il n’en sait pas plus que ce que chaque amoureux veut bien dire à l’autre.”Quand souffle le vent du nord” est plus qu’une badinerie, mais reste léger comme du whiskey.
Au coeur du nouveau roman de Florent Couao-Zotti, il y a tout d’abord trois femmes : Saadath, l’ancienne reine de beauté déchue après la mort de son vieux caïd de mari, Sylvana l’aventurière féline et Rockyana, la femme “Fanta-Coca” (ie qui se déclore le visage, lui donnant une couleur orangée de Fanta, tout en conservant un corps couleur Coca). Leur point commun : elles vendent leur corps pour vivre. Mais monnaient leurs services fort cher, et n’hésitent pas à écraser la concurrence. Le sproblèmes arrivent après le meurtre de Saadath, qui a traffiqué de la drogue dans le sillage des anciens amis de son gangster de mari. Sylvana vole la malette de cocaïne que Saadath avait confiée à Rockyana pour tenter de la revendre aux anciens boss de Saadath. A la tête de cette pyramide de fabricants : Smaïn, alias “L’Arabe” qui après avoir perdu u bras par amour a décidé de devenir vraiment dur à cuir…