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Filmer les camps : derrière l’épaule de trois grands réalisateurs américains au Memorial de la Shoah

Mercredi 10 mars 2010

Jusqu’au 31 août, le Mémorial de la Shoah présente au premier étage une exposition sur les images prises par trois grands réalisateurs américains : John Ford (Les raisins de la colère, La Chevauchée fantastique), Samuel Fuller (The Big red one) et George Stevens (Swing Time, Le Journal d’Anne Frank). “Filmer les camps” s’intéresse à la manière dont ces trois cinéastes ont recueilli  des images des camps de concentration de Dachau et Falkenau (annexe de Flossenbürg) pour l’armée américaine à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et l’on découvre que, aux antipodes de toutes les idées reçues, ce sont de véritables équipes de professionnels, briefées pour obtenir des témoignages incontestables et recevables par des cours de justice qui ont été envoyées à la libération des camps.

Ne manquez pas ce soir la projection du documentaire sur le témoignage de Samuel Fuller sur son travail à Falkenau, en présence de Georges Didi-Huberman.

Déjà très célèbre à Hollywood, notamment pour ses comédies musicales comme “Swing Time” avec le couple Astaire/Rogers, George Stevens s’est engagé en 1943 dans l’armée américaine au service de la communication, le signal corps. Eisenhower lui a demandé de créer une unité spéciale de tournage, la SPECOU (Special Coverage Unit). C’est cette unité -composée de 45 pérsonnes- qui est allée filmer la libération du camp de Dachau à partir du 3 mai 1945. Le responsable de chaque unité faisait un rapport quotidien des activités. Un rapport hebdomadaire, souvent signé par Stevens lui-même, était également rédigé chaque semaine. Membre de l’équipe, l’écrivain Ivan Moffat, a également tenu un cahier relatant les activités de la SPECOU. Très conscients du fait que leurs concitoyens risquaient de ne pas croire ce qu’ils ont vu, les membres de l’équipe de Stevens documentaient avec atention leurs rapports d’act_ivités et de prises de vues. Ils ont également pu interviewer une quinzaine de prisonniers du camp, dont le résistant français Edmond Michelet. 3 de ces entretiens sont visibles à l’exposition du mémorial.

“Crime reporter” reconnu pour certains tabloïds américains avant la guerre, Samuel Fuller a rejoint en 1942, la fameuse première division d’infanterie de l’armée américaine (”The Big red one”). Il s’est  fait envoyer une caméra en Tunisie par sa famille, et sachant cela, l’armée lui a demandé d’aller filmer la libération du camp Falkenau. Aidé d’une équipe de professionnels  d’hommes formés pour recueillir des images témoins, il a ainsi tourné son “premier film”.

John Ford, qu’on ne présente plus, était réserviste dans la Marine pendant la guerre. Il y a créé dès 1939 la Field Photo de la 11e section navale,  une section très indépendante vis-à-vis de la hiérarchie militaire, qui s’est trouvée fin prête pour aller filmer un documentaire sur Pearl Harbor, juste après l’attaque japonaise. Cette section de cinéma est devenue la Field Photographic Branch (FPB), comprenant une soixantaine de techniciens, spécialement formés pour filmer les évènements historiques. Contrairement aux idées reçues, les membres des équipes de la FPB étaient très formés  à immortaliser des témoignages et suivaient une procédure très précise, explicitée dans un cahier des charges explicites sur les manières de filmer pour que les documents soient considérés comme authentiques. Ce fascinant cahier des charges est exposé au mémorial. “December Seventh” puis “The battle of Midway” sont deux documentaires réalisés par l’équipe de Ford pendant la guerre et qui lui ont permis de remporter deux oscars en 1943 et 1944.

Lorsque le Tribunal Militaire International de Nuremberg a été mis en place, à l’été 1945, le procureur Jackson a demandé à la FPB de Ford de reprendre les images de la libération de Dachau prises par la SPECOU de Stevens, afin de réaliser une partie du film “Les camps de concentrations nazis” (qui montrait également des images russes de la libération du camp d’Auschwitz, projeté à Nuremberg le 20 novembre 1945.

L’exposition montre également comment leur expérience de la guerre a influencé les films des trois réalisateurs américains après qu’ils ont quitté l’armée. Stevens est revenu à Dachau avant de réaliser son journal d’Anne Frank, Fuller a utilisé des images de la libération  de Falkenau pour Verboten et certaines scènes de camps ont influencé les images des Raisins de la colère de Ford.

Mêlant textes (lus par Matthieu Amalric et Jean-François Stévenin), films, documents historiques de l’armée américaine et témoignages des réalisateurs, l’exposition “Filmer les camps” est sténographier de manière à parler à la fois aux historiens et aux cinéphiles. Elle explique bien les techniques de réalisation des années 1940, et exprime combie la problématique de savoir comment filmer pour enregistrer des preuves inattaquables a été au cœur des équipes chargées de filmer les camps pour l’armée américaine.

“Filmer les camps, John Ford, Samuel Fuller , George Steven, de Hollywood à Nuremberg”, jusqu’au 31 août 2010, Mémorial de la Shoah, tljs sauf samedi 10h-18h, 17, rue Geoffroy l’Asnier, Paris 4e, m° Saint-Paul ou Pont Marie, entrée libre.

Pour voir l’ensemble des projections rencontres autour de l’exposition, cliquez ici.
Un cycle Hollywood et la Shoah est organisé à partir du 25 mai.

Photo : 1944 © George Stevens Paper, Margaret Herrick Library, Academy of Motion Picture Arts and Sciences.

Lucian Freud, l’intérieur projeté au Centre Pompidou

Mercredi 10 mars 2010

Jusqu’au 19 juillet, le Centre Pompidou dédie une grande exposition au peintre anglais Lucian Freud. Agencé autour du thème de l’atelier, celui de Paddington, puis de Notting Hill, où Freud a concentré l’incarnation ses personnages depuis les années 1960, le parcours thématique proposé par Cécile Debray montre des grands intérieurs récents de l’artiste qui a aujourd’hui 88 ans.

Je veux que la peinture soit chair.” (Lucian Freud)

Alors que la dernière rétrospective française dédiée à Lucian Freud avait eu lieu en 1987 à Beaubourg, près d’un quart de siècle plus tard, le Centre recommence et offre à voir dans 900 m² les plus grandes toiles réalisées par l’artiste dans son atelier, des années 1960 à nos jours. S’ouvrant sur le surréaliste “Atelier du peintre” de 1944 l’exposition se décompose en thématiques simples (quoique pas toujours entièrement respectées…)

- “Intérieur/ Extérieur” montre les deux faces de l’atelier : l’intérieur où les personnages gisent, posent et savent parfois se tenir, et sont incarnés avec une crudité dont les fans de Lucian Freud apprécieront les multiples renouvellements. Certaines scènes d’extérieurs peuvent encore montrer sur le bitume des petites filles semi-nues, mais les végétariens apprécieront les herbes folles des “Jardins du Peintre”, et spécialement les eaux-fortes que ce jardin a inspiré au peintre. Et l’on découvre un Lucian Freud également génial dans l’art de la nature morte, et qui note avec précision et en couleurs les détails de son atelier, comme par exemple dans “Deux lutteurs japonais près d’un évier”.

- “Reflets” interroge l’art de l’autoportrait chez Lucian Freud. Le peintre n’a jamais cessé de peindre son reflet. Même après avoir atteint un grand âge. Certaines toiles comme “Painter Working” (1993) superposent des couches de peintures qui SONT les nerfs et les muscles du peintre. En effet, Freud refuse l’étiquette d’artiste expressionniste :

“La façon dont on se présente impose que l’on s’efforce de se peindre soi-même comme si on était une autre personne. Dans le cadre de l’autoportrait, la ‘ressemblance’ devient quelque chose de différent. Je dois faire ce que je ressens, sans être expressionniste”.

-”Reprise” montre un visage assez peu connu du peintre. Lui qui s’est longtemps enfermé dans son atelier et ses sensations pour créer, a aussi beaucoup copié les maîtres, comme Cézanne. Mais à contre-courant du parcours classique qui voudrait que la copie des grands appartienne aux années de formations, Freud s’y est beaucoup intéressé dans les années 1990. Et s’est lui-même copié, démultipliant certains de ses thèmes à plusieurs mois ou années d’intervalle.

-Enfin, “Comme la chair” explicite le rapport direct que Freud établit entre chair et peinture, notamment en montrant ses toiles très récentes (1990-2000) des corps énormes de “Big Sue” et ses escarres, de son chien “Eli”, mélangé aux corps des modèles, ainsi que de Leigh Bowery.

L’expo se termine par de superbes photos de l’atelier prises par David Dawson, l’assistant du peintre.

“Lucian Freud, l’Atelier”, jusqu’au 19 juillet, Centre Pompidou, niveau 6, de 11h00 – 21h00 jusqu’à 23 h le jeudi, fermé le mardi, et le 1er mai, Paris 4e, m° Rambuteau ou Hôtel de Ville, Tarif plein 12€ ou 10€ selon période / tarif réduit 9€ ou 8 € selon période.

crédits photos :

1) After Cézanne, 2000, National Gallery of Australia, Canberra

2) Working at night, 2005, David Dawson, courtesy of Hazlit Holland Hibbert, Londres

Ce soir j’ovule au Théâtre des Mathurins : quand avoir un enfant est un parcours de combattante

Mardi 2 mars 2010

Le théâtre des Mathurins accueille dans sa petite salle un monologue drôle et poignant de Clara, une femme qui passé la quarantaine n’arrive pas à avoir d’enfant. De conseils de bonnes copines, en cure d’hormones, l’héroïne voit ses idéaux féministes mis à mal. Sur un excellent texte de Carlotta Clerici (dont la boîte à sorties vous avait parlé comme metteuse en scène pour la « Trilogie de la villégiature), et dans une mise en scène de Nadine Trintignant, la comédienne Catherine Marchal nous rend le désir frustré d’enfant de Clara proche et très tendre…

Clara vient de fêter son quarantième anniversaire, et cela fait près de cinq ans qu’elle se bat pour avoir un enfant. L’idée est née lors d’une folle nuit dans un grand hôtel au bord de la plage avec son compagnon, Marc. Depuis, le couple est soumis à la rude épreuve de s’accoupler utile, pendant l’ovulation. Et Clara, si fière de sa pilule et de sa liberté de femme dans l’adolescence se voit soumise à l’antique opprobre qui touche les femmes stériles. De tous côtés, on veut la faire culpabiliser, et on lui administre des conseils et des traitements extrêmement pénibles. Mais Clara retourne son désir d’enfant contrarié en fable franche, drôle et tendre où l’humour vient sublimer l’aliénation…

Très juste, et partant d’une histoire vécue, le texte de Carlotta Clerici sait- à l’image de son titre- appeler un chat un chat mais ne tombe jamais dans la vulgarité d’une description clinique ou  dans la trop grande légèreté d’une rubrique courrier du corps de magazine féminin. A l’heure où un couple sur sept rencontre des difficultés à avoir un enfant en France, ce texte vient mettre en lumière un sujet crucial et dont l’on parle pourtant très peu. L’humour est la clef de la réussite de ce monologue qui dénonce l’impératif antiféministe d’enfant, la mise au ban archaïque des femmes stériles ; et même si Clara reconnaît que les progrès de la science lui permettent d’espérer, elle fustige l’acharnement thérapeutique qui consiste à nourrir d’hormones et forcer à faire des FIV  à grands traits de culpabilisation des femmes dont on ne connaît même pas les causes d’infertilité. Dans une mise en scène sobre, blanche, et chic de Nadine Trintignant où le canapé du salon se transforme plus souvent qu’à son tour en fauteuil de gynéco, la formidable Catherine Marchal (qu’on a pu voir dans 36 Quai des Orfèvres, et dans de nombreuses séries françaises) incarne une Clara pleine de vie malgré son ventre plat.
« Ce soir j’ovule » oscille avec succès entre le spectacle charmant, la comédie et le monologue coup de poing. Et des personnes de tous sexes et de tous âges  (sisis) dans la salle sympathisent et rient de grand cœur avec Clara.

« Ce soir j’ovule » de Carlotta Clerici, avec Catherine Marchal, mise en scène Nadine Trintignant, assistée de Vincent Trintignant, Théâtre des Mathurins, mar-sam, 19h30, 36 rue des Mathurins, Paris 8e, m° Hâvre-Caaumartin ou Madeleine, 24 euros, réservation : 0142656246.

© Nathalie Mazéas

Martin Page déclare à nouveau sa flamme à Paris

Mercredi 20 janvier 2010

Dans son nouveau roman, l’auteur de « On s’habitue aux fins du monde » et « Peut-être une histoire d’amour » campe un fonctionnaire de la mairie de Paris se trouvant engagé dans une entreprise de destruction et de reconstruction d’un morceau de la Capitale, à la suite d’une bavure policière. A la fois naïf et profond, le livre « La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique » contrecarre l’apocalypse à grand renforts de tendresse.

martin-pageA Barbès, un jeune policier commet une bavure : alors qu’elle refuse poliment de lui montrer ses papiers, il frappe à la tête la grande femme d’affaire malienne Fata Okumi. Parce qu’il a donné tous ses pantalons à repriser et qu’il arrive un peu tard au travail, l’ « homme de l’ombre » qui écrit les discours du porte-parole du maire, se retrouve ambassadeur de Paris auprès de Lady Okumi. Une mission qui transforme en quelques jours cet homme tranquille…

Dans un style simple, réaliste, et parfois à la limite du tableau naïf, Martin Page décrit la psychologie d’un homme simple comme un paysage urbain. Avec un amour infini de Paris, un humour très poétique, et sans oublier de constater qu’un monde où un jeune policier blanc frappe avec une matraque une personne parce qu’elle est femme ou noire ou âgée est un monde en perdition, l’auteur saisit avec lenteur le bouleversement que peut provoquer une rencontre. Avec talent, et sans jamais perdre l’attention de son lecteur, Martin Page fait vivre tout le petit monde de son personnage principal pour le confronter à l’esquisse du grand monde de la famille Okumi. Et le choc des cultures n’a pas lieu ; la surprise d’un dialogue en pointillé laisse toute la place à une profonde compréhension. Dans la loi du Talion revue par Page, œil pour œil est la règle ; mais pas sans qu’apparaisse ailleurs, à Paris ou en Afrique, un autre regard prometteur.

Martin Page, « La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique », L’Olivier, 16,50 euros.

« Personne aujourd’hui ne croit plus que les hommes politiques écrivent eux-mêmes leurs discours. Ils ont mieux à faire. Des gens comme moi jouent les Cyrano de Bergerac, écrivant les mots qui permettront à des hommes populaires de conquérir les cœurs. Et nous restons sans amour. Mais avec la conviction que nous participons à la naissance de choses qui en valent la peine. »p. 43

Il y a cent ans… les inondations de janvier 1910, Paris se rappelle

Mercredi 13 janvier 2010

Impressionnante la grande crue de la Seine a transformé Paris en Venise du Nord de janvier à Mars 1910. Si la Seine a toujours débordé à travers les âges, la photographie  a permis d’immortaliser pour la première fois les inondations de 1910… dont le record de crue de 8m50 d’eau sous le pont de la Tournelle n’a, depuis, jamais été dépassé. Plusieurs expositions montrent les films et les photos du Paris de 1910 sous les eaux.

Rue de Seine. Courtesy Editions du Mécène
Rue de Seine. Courtesy Editions du Mécène

Amorcée mi-janvier la grande crue de 1910 a provoqué des dégâts estimés à 400 millions de francs or. Dès le 17 janvier, les inondations s’annoncent terrible et le 20 la navigation est interrompue dans la capitale. ce n’est que le 28 janvier que le niveau de la Seine cesse de monter, laissant encore Paris plus d’un mois sous les eaux. 100 ans après, plusieurs expositions permettent de voir les rues de Paris transformées en canaux, et les clichés montrent comment les parisiens se sont unis pour faire face aux flots.

- Une grande exposition virtuelle permet de voir sur Internet des photographies de l’époque. Et les archives de l’INA permettent de prendre la mesure des dégâts.

- La galerie des bibliothèques de Paris propose une exposition “Paris inondé”, qui permet de voir 200 photos, cartes postales, plans de Paris … pendant la crue. Ainsi que plusieurs films d’époque. Vendredi 29 janvier, un table-ronde thématique sur “Rencontre Paris inondé de 1910 à demain ? ” aura lieu dans la salle de lecture de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris (24, rue Pavée Paris 4e) sous la direction du professeur d’Histoire américain Jeffrey H. Jackson (entrée libre).

Crédits photo : BHVP / G. Leyris

Crédits photo : BHVP / G. Leyris

Paris inondé 1910“, jusqu’au 28 mars 2010, mar-dim 13h-19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h, Galerie des bibliothèques, 22, rue Malher Paris 4e, M° Saint-Paul, 4 euros (TR 2 euros).

- Le pavillon d’eau pose également la question de “La grande crue de 1910 et aujourd’hui ?”, montrant quelles mesures de protection ont été mises en places contre les débordements de la Seine au XX e siècle.
“La grande crue de 1910 et aujourd’hui ?”, jusqu’au 17 avril, Pavillon de l’eau, 77 avenue de Versailles , Paris 16e, RER C Javel ou m° Pont Mirabeau, lun-ven 10h-18h, sam jusqu’à 19h.

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- Enfin, le Louvre des Antiquaires propose de parcourir les divers quartiers de Paris inondés, d’après les photographies d’époques réunies dès janvier 1910 par le Journal des Débats, grand quotidien conservateur né pendant la révolution et disparu après la Seconde Guerre.
“C’était il y a 100 ans… La grande crue de 1910, Paris inondé vu par le Journal des Débats”, jusqu’au 7 mars, Louvre des Antiquaires, salle d’exposition 1ier étage, mar-dim 11h-19h, 2 Place du Palais Royal, Paris 1ier, M° Palais Royal, entrée libre.

Rihanna à Paris pour présenter son concert du 28 avril + photos

Jeudi 17 décembre 2009

De passage à Paris pour faire parler de sa tournée Française au printemps prochain, Rihanna a reçu les journalistes sans sa crête mais avec tout son humour, malgré la fatigue d’un voyage rallongé.

Juste avant de filer sur le plateau de Sacrée Soirée pour offrir en direct un show cadeau de Noël à ses fans français, la féline du R’n'b a eu le temps de répondre aux questions de quelques journalistes. Elle est apparue dans une tenue très “girl next door” :  blond très sage, pantalon,  petit pull noir, et maquillage très sage  pour parler des trois dates de sa torunée française : le 20 avril à Lyon, le 21 à Marseille et le 28 à Paris Bercy. Se montrant ravie de découvrir deux nouvelles villes françaises, et percevant sa tournée comme un show très visuel et vivant (musique “crue” avec sa bande de musiciens) malgré le caractère plus sombre et plus personnel de son dernier album. Sorti en novembre dernier, “Rated R” est en effet marqué par les affres de la fin de sa liaison avec Chris Brown, le tube “Russian Roulette”, portant la marque de la peur et de la menace frôlant la tempe de la jeune chanteuse.  Remise de ses émotions et plus lumineuse que jamais, Rihanna a avant tout enjoint ses fans à s’amuser (le fameux “have fun”) : que ce soit en amour ou dans le simple jeu de séduction entre personnes de même sexe. N’ayant pas même eu le temps de penser à ses résolutions pour l’année 2010, la diva sait cependant déjà qu’elle va continuer à s’habiller comme elle veut, rester toujours sur le fil de l’audace et va travailler pour cette tournée avec de nombreux designers, dont Alexandre Vauthier.

Prenez donc vite vos places pour le concert de Rihanna, et en attendant de l’entendre live, ne manquez pas la soirée spéciale que lui dédie MCM, le 3 janvier prochain, à 19h, avec un portrait de la star, suivi de son concert live à Mancehester de 2007.

La voici merecredi soir interprétant “Russian roulette” sur le plateau de Sacrée Soirée:

Paloma Faith, la colombe pop à la vaix rauque au Nouveau Casino ce soir

Mercredi 2 décembre 2009

Un prénom hidalgo, une extravagance vestimentaire toute british et une voix rauque et profonde à la Amy Winehouse : Paloma Faith a tous les atouts de l’icône pop. Son titre “New-York” est déjà un tube et son premier album “Do you want the truth or something beautiful?” (Epic records) s’écoute d’une traite et en boucle. Bref, vous n’avez aucune excuse pour manquer le concert de Paloma Faith ce soir au Nouveau Casino.

De son passé d’assistante magicienne et de danseuse burlesque et cabaret, Paloma Faith a gardé un chic excentrique et sexy. et des tenues absolument incroyables Dans son premier album, “Do you want something beautiful?” ,elle prend à rebours et avec humour les rapports de forces d’une relation sentimentale compliquée. Et se moque même de la nostalgie qui s’ensuit. Elle évoque d’une voix rauque et profonde la fierté, la douleur mais aussi la force d’une femme moderne amoureuse et malheureuse.

Si elle commence par narguer son ancienne flamme dans son premier single british “Stone Cold sober” (sobre et froide comme la pierre), et si c’est sur des accords très pop rétro que la chanteuse se dit toute retournée (Upside Down), elle avoue peu à peu qu’elle se sent comme une poupée manipulée et brisée (”Broken Doll”). La mélodie se fait même lancinante quand, évoquant le départ de l’aimé, (”Stargazer”,) elle qu’elle dit avoir du mal à tenir debout dans “My legs are weak”. Finalement comme nous tous, elle voudrait, en écho à sa chanson avoir la certitude que la romance n’est pas morte à jamais (”Romance is dead”). Son deuxième single et  titre le plus diffusé en France, “New-York”, commence sur des notes R’n'B et prend peu à peu une couleur proche du disco années 1970.

Si la vérité n’es pas belle, mieux vaux la travestir avec une extravagance douce amère et de la très bonne pop à découvrir ce soir au Nouveau Casino.

Paloma Faith, “Do you want the truth or something beautiful?” (Epic records, 11 euros.

19h30, Nouveau Casino, 109, Rue Oberkampf, Paris 11e, m° Ménilmontant, Parmentier ou St Maur, 20 euros.

Paris-Photo 2009 au Carrousel du Louvre

Jeudi 19 novembre 2009

Nichée comme chaque année dans le cadre élégant du Carrousel, la 13 ème édition de Paris-Photo met les pays arabes et l’Iran à l’honneur. 89 galeries (pour les 3/4 internationales) à découvrir  du 19 au 22 novembre.

Cette année, Paris-Photo a décidé de se jouer  des cliches orientalisants. C’es la dicrectrice de la Documenta X (1997), et spécialiste des représentations arabes contemporaines, Catherine David qui a été chargée de mettre  l’Iran et les pays arabes à l’honneur. Le salon permet de découvrir de nombreux photographes iraniens (Kiarostami chez Purdy  Hicks, Mitra Tabrizian chez Caprice Horn, Jalal Sepehr chez  Esther Woerdehoff) , égyptiens (Youssef Nabil chez Stevenson), marocains (Lalla Essaydi chez Edwyn Hook, Yto Barrada chez Polaris), ou libanais (notamment à la galerie munichoise exposés aux divers stands des galeries. Le thème central de Paris-Photo 2009 est très présent  à la section Statements, qui permet de découvrir 8 galeries localisées en Afrique du Nord et dans la péninsule arabe (la Assar art gallery et la galerie Silk  Road  de Téhéran, la B21 gallery de Dubaï, la galerie El Marsa de Tunis, la galerie 127 de Marrakech, la galerie Selma Ferriani de Londres et Tunis, la galerie Sfeir Semler de Beyrouth et Hambourg, et la galerie The empty quarter de Dubaï).

On notera les clichés réfléchissant la guerre de Gohar Dashti à la galerie Silk Road :

Gohar Dashti, Today's Life and War

-  les vues superbes de Marrakech de Malik Nedjmi, dont le travail a été sélectionné par Raymond Depardon pour les rencontres d’Arles en 2006 (Galerie 127)

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- et les clichés  pastichant les deux esthétiques orientalisante et gay de Reza Aramesh (B21 Gallery)

Reza Aramesh

Le regards de divers photographes européens sur ces pays est aussi représenté, et appelle à toute une réflexion sur l’orientalisme et son influence depuis la fin du XVIII e siècle. Mais comme toujours les clichés ne parlent pas et c’est au visiteur d’effectuer ce travail, sinon les images ne font que redoubler le carcan séduisant de l’orientalisme.

Enfin, des vidéos d’artistes arabes et iraniens sont également visibles dans la “Project room“.

Comme chaque année, L’exposition Paris-Photo prouve qu’elle porte bien son nom de salon international pour la photographie XIX e siècle, Moderne et Contemporaine, en donnant à voir des classiques anciens (Lartigue, Cartier-Bresson, Avedon et Sugimota chez Howard Greenberg, Willy Ronis, Rineke Djikstra, et Marina Abramovic chez La Fabrica ; Massimo Vitali est omniprésent : Bonni Benrubi, Galerie du jour, Brancoloni Grimaldi et des clichés “nouvelle objectivité” à la August Sander parsèment le salon, comme les gamins parisiens de Christer Strömholm chez Vu! la galerie ). Certaines photos font même figure de patriarches à la galerie  Serge Plantureux qui montre une superbe série de clichés des années 1850).

Mais que les aficionados de l’ultra contemporain se rassurent, il y a plein de nouveaux talents à découvrir à Paris-Photo dont :

- les modèles diaphanes de Carla van de Puttelaar chez Flatland :

Carla van de Putrelaar

- Les paysages terreux de Edward Bertynsky chez Toni Tapies :

Bertynsky

- Les mises en scène shermaniennes de Michel Journiac dans ses “24 h de la vie d’une femme ordinaire” chez Patricia Dorfmann:

Journiac

-  Les folies bleutées de Jorma Puranen à la galerie finnoise Anhava :

Jorma Puranen

- les scène à la Dorothea Tanning de Meghan Boody chez Caprice Horn:

Meghan Boody

- les ombres électriques et mystérieuses de Yuki Onodera à la galerie RX

- les madames infertiles de Jean-Christan Bourcart à la galerie vu!

Bourcart

- les starlettes d’Alex Prager chez Michel Hoppen :

Alex Prager

-  et les paysages urbains éclatés de Yasuda à la Base Gallery

Yasuda

Comme chaque année des espaces spéciaux sont réservés au Prix BMW Paris-Photo et au prix SFR jeunes talents.

de nombreuses rencontres auront lieu dans les prochains jours à Paris-Photo :

- jeudi 19 : table ronde autour de la scène arabe et iranienne en présence de Catherine David à 18h30, dans la project room. Et le magazine Polka vernit à sa galerie, 12, rue St Gilles, Paris 3e, m° Chemin vert, de 18h à 21h.

-  vendredi 20 : autour de Martin Parr à la galerie Magnum (stand F25)  à 12h30

- samedi 21, autour de Lalla Essaydi et Youssef Nabil à la galerie Apertures (A36), et d’Alain Fleischer à la galerie Le réverbère à 16h (E 20).

Paris-Photo 2009, du 19 au 22 novembre, Jeu, sam, 11h-30-20h, jusqu’à 22h vendredi  et seulement jusqu’à 19h, dimanche,  Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli, Paris 1ier, m° Palais Royal, 15euros (étudiants : 7,50 euros).

Une pétition pour revivifier la nuit parisienne

Dimanche 8 novembre 2009

Des professionnels de la nuit on lancé une pétitions sur la page facebook du groupe “Quand la nuit meurt en silence“. Plus de 6 000  personnes l’ont déjà signée.

Paris, ville morte ? Il est vrai qu’entre les lois anti-tabac et anti-bruit, ainsi que l’interdiction pour les établissements qui n’ont pas la licence “club” de faire danser leurs clients, les bénéfices des boîtes chutent. Et avec la fermeture de la Loco, la reconversion du Paris-Paris en bar-boîte jusqu’à deux heures du mat’ sous le nom de Scopitone, les clubbers n’ont pas beaucoup de motivation pour quitter leur nid douillet dans le froid de l’hiver. Et les insomniaques se regroupent dans des ancien bordels reconvertis en boîte où l’on passe des vieux tubes toujours agréables à écouter, mais pas particulièrement festifs (Baron, Roxane, et autres BC, New-York club etc…). Enfin, la douce mort du revival rock avec des jeunes groupes ados grattant leurs guitares dans des lieux qui leurs sont normalement interdits vers les onze heures du soir marque également un grand coup d’arrêt pour des bars comme le Motel, Les mécaniques ondulatoires ou le Truskel. Bref, reste le Rex…

ferme-la-nuitPour réagir afin que Paris ne devienne pas la ville où les gens dorment, Technopol (l’association au service de l’électro qui organise la Techno Parade et les Rendez Vous Electroniques), Plaqué Or (promotion d’artistes et organisateur de soirées) et My Electro Kitchen (disquaire et organisateur)ont écrit une lettre ouverte au ministère de la Culture et lancé une pétition demandant :
- que la législation soit clarifiée, rééquilibrée et remise en adéquation avec la réalité des pratiques culturelles et sociales;

- que les travaux d’isolation phonique des lieux de diffusion soient d’avantage soutenus par des aides publiques pour rendre leur mise en œuvre réaliste ;

- que soit prise en compte la voix du public des lieux de vie comme est prise en compte la voix des riverains;

- que soit envisagé un zonage des quartiers festifs pour que soit accordé un statut juridique à ces identités historiques;

- que soit réfléchie la mise à disposition de lieux ou de friches pour l’organisation d’événements ponctuels ou l’installation d’infrastructures pérennes;

- que soit réaffirmée en actes, et non seulement en paroles, l’importance pour la culture des lieux de diffusion de proximité;

- et que l’ensemble des acteurs institutionnels prennent conscience de l’importance de la vie nocturne (culturellement et économiquement) dans l’essence-même d’une capitale comme Paris et d’une région comme l’Ile-de-France.

De nombreux chanteurs et artistes ont déjà signé la pétition qui compte aujourd’hui 6 000 signataires.

Parallèlement, la mairie de Paris lance une opération de soutien au monde de la nuit via le site www.parisnightlife.fr. Lancement prévu le mercredi 18 novembre. La boîte à sortie s’y rend et vus tiendra au courant.

Sinon, ils restera toujours les cours de Tango et Salsa vers 16h30 pour danser…

Un samedi ordinaire

Dimanche 1 novembre 2009

En rentrant ce  matin après 4 heures du Black Calavados, la brume était si épaisse qu’on ne voyait pas le quart de la Tour Eiffel. L’humidité entre jusque dans mon lit et c’était bien la peine de raidir mes cheveux au fer à lisser : ils étaient plus bouclés que jamais 10 min après. Étrange, la conjonction de la bruine et du bruit des corbeaux, m’a rappelé le Winterreise de Schubert et l’odeur des la cour de mon lycée m’est revenue comme un fantôme. Belle journée, gym, déjeuner au fumoir, bref entretien de travail, et un long coup de fil à un ancien enfant caché que j’avais gardé proche de mon cœur mais à qui je n’avais plus parlé depuis nos trois jours de discussion à Vienne. Puis je suis sortie faire un truc fou : acheter des CDs, je sais, plus personne fait ça, surtout pas moi qui en reçoit un paquet à chroniquer, et dans la queue pour payer je me suis dit que j’étais vraiment une poire de ne pas fébrilement acheter sur i-tunes. Mais m’arracher les ongles (qui sont désormais noirs because fashion oblige, rien à voir avec mes deuils et mes illusions perdues) pour ouvrir les objets hors de pris (23 euros pour Lady & Bird, faudrait-il faire une thèse sur l’attitude suicidaire des maisons de disques, à moins que ce soit juste du défaitisme?) est un plaisir enfantin. Et paf, dans la vieille chaîne hi-fi pour m’endormir avec mes nouveaux amis (et Hector, mon ours en peluche dans les bras).

Après, soirée classique de la Yaël, mais haute en couleurs tout de même : verre au Flore où R et moi avons désormais une table “habituelle”, autre verre dans un bar du 11e où un ami mixait : le “Motel” a tout du bar est-berlinois, underground, rock, mais propre!! Le vin blanc était quand même moins bon qu’au Flore, mais quel bonheur de papoter seule avec E. avant qu’il ne commence à passer les disques, et même luxe de danser seule dans le bar au début de son set. Puis retour à St germain des près pour dîner, en terrasse, et manger une glace; eh bien oui faire semblant que c’est l’été remonte le moral. Ensuite soirée mystère, près de la rue Mouffetard, invitée par un ami universitaire italien, rencontré dans une soirée féérique dans le marche, et qui enseigne désormais à Brest. A même la rue, appart bohême, et tout le monde parlait russe. Andrei, notre hôte est philosophe des mathématiques (à moins que ce soit mathématicien de la philosophie?) et vit comme un éternel étudiant d’Ulm. Sauf qu’il a une fille qui paraît mon âge. Je veux vraiment apprendre le Russe. Discussion endiablée de cinéphiles, et mon ami italien doit me faire découvrir un réalisateur russe. Puis j’ai sauté dans un métro pour rejoindre mes amis noctambules au Ritz, trop tard, direction un nouveau bar de la rue de l’arc de triomphe (je ne savais même pas qu’une rue portait ce nom à Paris) - évidemment un ancien bar à hôtesses : le Roxane. J’ai retrouvé tout le monde pas mal éméché, et en fait je n’aime pas ce caractère autodestructeur des oiseaux de nuit, quand c’est pas la coke, c’est l’alcool en quantités ridicules; du coup fausses jalousies, fausses bagarres, et prises de tête. Ce m’énerve… Heureusement une amie était là heureuse nouvelle célibataire, avec envie de “racoler”, comme elle dit (ça sonne trop bien dans sa bouche parce que pour tout le reste, elle est d’une élégance qui frise le snobisme et que j’apprécie comme un bijou précieux). Nous avons donc racolé des jeunes de 19 ans, pas e état de nous raconter leur vie, mais assez gentlemen pour nous offrir un verre. Puis avons fait la fermeture du bar dont le propriétaire est un ami du groupe. Fermeture plutôt joyeuse et moins glauque que le reste de la soirée, qui a donc fini au BC au milieu de joyeux déguisés pour Halloween; un de nos amis était si ivre qu’il a brisé le nouveau magnum de vodka qui venait d’arriver à la table. Voir ces jeunes gens beaux et chouettes dans un tel état m’a un peu écœurée et je me suis esquivée.

Programme de demain, gym, expo, et tentative de cuisiner un pot-au-feu pour mes amis (acheté tous les ingrédients) = journée de retraitée, he oui je m’ennuie à mourir depuis que j’ai fini ma thèse.