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Odessa Thornhill : « Mon album est un voyage »

Vendredi 26 février 2010

Juste avant son dernier concert parisien au China , la boîte à sorties a rencontré la spirituelle diva canadienne Odessa Thornhill. Danseuse, poétesse et chanteuse, « Queen Odessa » prépare actuellement son premier album qui doit sortir en avril chez Ideal Music Corporation.

Odessa Thornhill en concert au China, le 25/02/2010

D’où vous vient votre surnom « Queen Odessa » ?
Odessa est mon prénom. Rien à voir avec la Bible, puisque mon père l’a choisi dans un livre africain et que cela veut dire « première fleur ». Le surnom de « Queen » vient d’une chanson de Erykah Badu. Il y a aussi ce jour où je portais un T-Shirt sur lequel était marqué « Queen » et on m’a demandé mon nom, et j’ai dit « Appelez-moi comme ça » en montrant le T-Shirt. Mais c’est aussi une question de respect. Alors que les gens prennent de plus en plus l’habitude de vous interpeler par des « hey », « pss », ou « baby », se faire appeler « Queen » veut dire « Approche-moi avec respect ». Or, pour une femme, j’estime que c’est un devoir de se faire traiter avec respect.


Vous venez d’une famille d’artistes, pouvez-vous nous en parler ?

Mon père est musicien et joue du steelpan, un instrument antillais. Ma mère a toujours chanté à la maison, ainsi que ses deux sœurs jumelles qui étaient assez connues pour leurs voix. J’ai pas mal de cousins qui sont aussi dans la musique, ce qui fait que quand vous prononcez le nom « Thornhill » dans la communauté noire de Montréal, tout le monde connaît ma famille pour sa musique. Moi-même, j’ai toujours chanté. Ma voix est un don que j’ai hérité des deux côtés de ma famille.
Vous chantez, mais vous écrivez et vous dansez également, comment ces trois arts sont-ils connectés dans votre vie ?
Au début, pour moi, ces trois disciplines étaient séparées. Mais ces sept dernières années, depuis que je chante avec mon groupe, la voix, le mouvement qu’inspire la musique et trouver les mots sont trois activités qui sont naturellement venues se compléter. Vous savez, tout chanteur qui écrit ses textes est un poète. Et la musique est ce qui m’a donné envie de danser et de m’exprimer. Mon modèle dans cette traversée des disciplines est Jill Scott. J’ai même créé un show qui combinait voix, danse et lectures de vers. Il s’appelait « Life beyond the sun ».

Vous avez été pendant un an chanteuse au Cirque du soleil, à Orlando. Que vous a apporté cette expérience ?
C’était en 2002, et cela m’a aidée à trouver ma place comme chanteuse et comme artiste. Avant je n’étais pas sérieuse avec la musique et peut-être aussi avec moi-même. Le cirque du Soleil m’a aidée à réaliser que j’étais faite pour faire de la musique sérieusement.

Vous composez vos propres chansons ?
Oui, la musique et le texte. Je commence toujours par la mélodie et après, les paroles viennent.

Sur votre EP et votre site myspace, il y a plusieurs reprises, comme celle de « Crazy » de Gnarls Barkley, ou de « Kiss from a rose » de Seal. Comment concevez-vous cet art particulier qui consiste à reprendre des chansons que tous connaissent ?

C’est une vraie question ! Quand je pense à moi comme spectateur, je sais que quand j’entends une reprise je m’attends à ce que l’interprète donne quelque chose égal ou qui dépasse la musique d’origine. Du point de vue du chanteur, C’est difficile de rendre cet exercice approprié. C’est un peu comme mettre les vêtements d’une autre personne, alors que tu n’es pas cette autre personne. Comment traduire ce que l’artiste a donné avec respect ? Il faut savoir ajouter la texture de toi-même, ce que tu as ressenti en écoutant la chanson, mais sans la saturer, afin de laisser la place aussi à la sensibilité du public.

Qu’est-ce que le spirituel pour vous?
On est physique, mais pas seulement, le physique est là pour magnifier l’esprit. Je pars toujours de l’âme, pas juste de la musique. Pour que je puisse créer une nouvelle musique, il faut que quelque chose m’ait tapé dans la tête. Je ne suis pas quelqu’un de religieux mais je suis certainement une personne spirituelle. Et je crois que toutes les spiritualités communiquent. Et la musique est spirituelle. C’est une manière d’unifier les gens. Quand la musique commence ça m’emporte, je deviens comme une folle. Et j’écoute tous les genres car j’aime écouter ce que les gens ont à offrir, même si parfois ce n’est pas un style de musique qui me plaît j’apprends toujours quelque chose et je sais rester à l’écoute.

La musique est donc une manière de faire communiquer les cultures ?
J’ai grandi dans la musique, en écoutant la Motown, de la soul black, de la musique instrumentale, de la musique antillaise, du gospel. J’ai aussi été très influencée par musique africaine qui fait partie de mes racines. Je suis d’abord une représentante de qui je suis : je suis une femme d’abord, une femme noire et j’essaie de toucher à tout. Alors bien sûr à l’origine, il y a mon peuple, mais je veux donner ma musique au peuple du monde. Bien sûr que la musique ne s’arrête pas juste à ma culture.

Votre album sort très prochainement. Y-a-t-il un message particulier dans ce premier disque ?
« Just love and live life » ! Et surtout parvenir à découvrir les différents univers et niveaux de sa personnalité. En acceptant toutes ces facettes, même celles qui sont laides. Mon album est un voyage : après chaque chanson je me suis moi-même mieux connue. C’est ce voyage que je voudrais offrir à mon public.

Pour en savoir plus sur Odessa Thornhill, allez lire notre article… et pour découvrir sa voix bouleversante en attendant l’album, rendez-vous sur son myspace.