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Le blues de l’universitaire

Vendredi 21 mai 2010

Réfléchir fait les fesses lourdes et le coeur au bord de lèvres, la tête-pomme, cuite ou crue, et creuse un grand vide de solitude-sillon. Réfléchir empêche de prendre le métro en cheveux, en talons, et dans la légèreté de la masse des gens qui vous regardent. Voici, Cosmopolitan et les virées d’un quart d’heure que vous vous accordez pour faire les boutiques n’y fait rien, réfléchir fait mal au ventre. Marinade du même toujours renouvelé, réfléchir infléchit la vie du côté de l’angoisse. Réfléchir ne vous permet pas d’être compris(e), bien au contraire, tout le monde s’imagine que vous pensez quand ça vous plaît. Mais penser, c’est tout le temps, même dans l’eau du bain qui ne détend rien et au bord de la mer en vacance quand il faudrait juste humer l’air. Même déprimée, même en dormant, même quand ça ne sert à rien, le reflet est là et vous réfléchissez quand même. Réfléchir produit une fatigue psychologique qui s’accumule tellement que vous espérez que vous ne vivrez pas vieux pour arrêter d’avancer avec des boulets toujours plus géants. Réfléchir est gênant en société quand vous ne pouvez vous empêcher de blêmir-gémir-protester à une bêtise trop bulle de savon qu’il faudrait laisser virevolter. Et quand vous gardez votre colère pour vous, réfléchir use la rate et les genoux. La pensée est un poison et l’écriture une valse de vieux fous. En y réfléchissant bien, la mise en abyme de ce lieu commun n’efface pas sa bêtise. Fin de la réflexion?

Unpacking my library

Vendredi 9 avril 2010

Me voilà assise au milieu de mon studio- par terre. Une deuxième bibliothèque a remplacé l’ancien canapé blanc et tous mes livres sont sur le sol. Entre rêve et cauchemar dans une vie redevenue très parisienne et qui ne s’arrête pas. Ou alors pour des petits voyages de 30 heures en Normandie passés sous perfusion de bourgogne où je m’échine à griller mon vernis sur le babyfoot de la cathédrale et à vaincre le froid humide qui vous ronge les cuisses. A jouer au tarot et à rire aussi. Une vraie détente, qu’il ne faut pas que je prolonge sous peine de vraiment rompre la tension qui me porte.  Les journées sautillent entre les 3 cours hebdomadaires à préparer, la com’ branchée de l’agence en3mots et la rédac de la boîte à sorties. Hier soir, j’ai ainsi enchaîné un opéra de glass sur kafka, un dîner de copines, un verre dans mon quartier et me suis laissée traîner pour un dernier verre au BC en compagnie d’un vieux beau italien et de son hôtesse de l’air de maîtresse. J’ai fini par rentrer Schubert aux oreilles sur le pont de l’Alma. Paris est tellement beau que cela fait presque mal aux yeux. Avec la fin du froid, et ce début de renaissance dans l’air, je marche. Beaucoup. Ça laisse le temps de réfléchir sur le mal de pieds, et les bienfaits des talons plats. J’ai beau dire que je ne suis pas de la mousse pour le bain, il paraît que j’ai toujours l’air à la fois forte et légère. Ça ne me fait plus rien, j’ai l’habitude, et remercie mon indifférence de me rendre bien moins malheureuse que l’an dernier à la même époque.