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En décembre, Miami vibre au rythme de l’Art

Lundi 8 décembre 2008

Petite sœur de la très chic Foire d’art Contemporain de Bâle qui a lieu chaque année au mois de juin en Suisse, Art Basel Miami transforme la cité paradisiaque de Floride en Capitale mondiale du marché de l’art chaque mois de décembre. Cette année, malgré la crise, les plus grandes galeries du monde se sont donné rendez-vous à Miami du 4 au 7 décembre (VIP les 2&3 décembre). En3mots y était et vous rapporte ses impressions en rayon de soleil.

miami 250 galeries venues de 33 pays s’étaient donné rendez-vous du 4 au 7 décembre au Convention center de Miami Beach pour la 7 e édition de Art Basel Miami.

Alors qu’en Juin à Bâle, le premier étage est réservé aux galeries très contemporaines et le rez-de-chaussée montre de véritables pièces de musée, à Miami, tous les halls menant vers le même immense espace d’exposition, elles étaient toutes entremêlées, nationalités et périodes de prédilection confondues.

La taille des galeries permettait d’exposer de belles pièces d’art vidéo. Certaines étaient signées Bill Viola (chez Kukje) ou Gary Hill (chez Yang). Art Kabinett a pu livrer un mur entier à Jesús-Rafael Soto. Et Robert Miller a consacré un grand pan de mur à Lee Krasner.

Malgré des temps difficiles, à la fin de la semaine, les points rouges étaient nombreux près des œuvres, et les ventes avaient l’air d’être bonnes. Par 25 ° et dans une ambiance de vacances, l’ambiance était résolument placée sous le signe du « Pop Art ».

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On pouvait notamment voir de très nombreux Warhol (par exemple, chez Chantal Crouzel), des Baldessari (chez Marianne Goodman), des Wesselmann (chez L&M, Thaddeus Ropac etYvon Lambert), et des Picabia dernière époque chez Haas & Fuchs. Enfin, les affiches de Barbara Kruger flashaient en rouge et noir chez Jablonski (voir photo ci-dessus, Untitled).

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Dès l’entrée, chez Deitch, de très beaux portraits très figuratifs de Divas dans leurs rôles d’opéra par Fransisco Clemente donnaient le ton élégant mais festif de la foire (Ci-dessus : Nathalie Dessay en Amina). De nombreuses œuvres de Botéro parsemaient le parcours donnant à Art Basel un style replet exotique.

Kammel Mennour a mis en valeur les installations surprenantes de Shen Yuan (dont le poikilothème ci-dessous).

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La galerie berlinoise Contemporary fine arts exposait de bons Jonathan Meese et Gagosian des clichés moins connus et plus caravaggiens de l’artiste iranienne Shirin Neshat.

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Perrotin était un peu le roi de la foire et a mis à l’honneur l’artiste japonaise Aoshima avec ses sculptures de femmes mangas mutines.

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Thaddeus Ropac avait parmi ses pièces un très beau Baselitz de 2003. Kewenig a fait venir ses Boltanski et Kounellis déjà vus à la Fiac, et Lelong a connu son succès habituel avec ses sculptures de Jaume Plensa.

Nos trois traditionnelles trouvailles d’en3mots sont :

– des photos des années 1960 très violentes de Larry Clark chez Luhring Augustine

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– la politique et ludique installation dédiée à la chute de Lehman Brothers chez Vitamin

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– Et plus classiques, les personnages fuyants de l’espagnol Juan Genoves chez Malborough.

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A l’occasion de l’évènement Art Basel, Miami Beach était jonchée de tentes où de nombreuses foires off permettaient à de plus petites galeries ou à des galeries spécialisées de se faire connaître. Autour du convention center et près de la plage, « INK » présentait uniquement des œuvres sur papier. Parmi lesquelles on pouvait noter de très beaux Manolo Valdès chez Malborough graphics, et des papiers colorés de Damian Hirst chez Dranoff fine arts.

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Le long de Collins avenue, plusieurs hôtels étaient transformés en halls d’expositions. Le souriant (en rose et blanc) hôtel Catalina avait donné à chaque exposant de « Bridge » une chambre, avec un numéro, une porte, une clé et un lit autour duquel on pouvait voir les œuvres.

En face, « Art now » ne prenait qu’un seul et long couloir qui s’ouvrait en fanfare sur des photos impressionnantes de Stasys (Thomas Masters Gallery, voir ci-dessous). On pouvait aussi noter chez Soma New Art les photos nangoldiennes de Maxi Cohen, qui a surpris l’intimité de femmes dans des toilettes de lieux publics du monde entier.

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Plus triste et encaissée, « Art fair » ressemblait à une exposition de galeries locales dans un hôtel vieilli de station de ski en plein mois de juillet.

A quelques dizaines de rues plus au Nord, un tout nouveau quartier est en plein boom. Il s’étend de la 29e à la 36e rue et est connu sous le nom de « Midtown » car il s’étend le long de Midtown Boulevard.

C’est là que de nombreuses tentes ont planté leurs piquets pour abriter d’autres foires d’art contemporain au moment de Art Basel. Art Miami est la plus importante, avec de grandes galeries et des œuvres résolument contemporaines. Adam Baumgold exposait ses grands Axel Katz, et Caren Golden Fine art présentait une installation de Devorah Sperber : des bobines de fils suspendues au mur se répercutaient dans une boule de verre pour copier exactement un autoportrait de Van Gogh (voir ci-dessous, la Joconde, exxposée au Musée du design de New-York).

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En face, la Scope art fair, malgré son abord obamamanique tenait plus du pastiche (achetez une œuvre « à la manière de » pour pas trop cher) que de la création. Mais ses ailes, Art Asia et photomiami étaient très intéressantes.

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Le provoquant artiste chinois Zhang Peng a créé la stupéfaction avec ses photos ultra-violentes d’enfants chinois. En noir et blanc avec des armes ou des petites filles au visage d’ange plongées dans des baignoires de sang.

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Sur la route d’une autre foire moins intéressante, la « Red dot Fair », le Ginza tropicalia ouvrait un grand espace urbain aux skateboarders. La piste était jonchée d’œuvre d’art et l’on pouvait y déguster des sushis. Et un grand immeuble a été transformé en squat ou des œuvres et des installations s’étendent sur quatre étages.

A proximité, entre la 32 e et la 34 e rue, le centre commercial du quartier exposait les œuvres « corporate » de Britto qui a revu la décoration de l’Audi RS4.

Puis, en traversant vers le quartier du design, on trouvait sous l’autoroute, dans l’espace en plein air IM Fashion Photo, de grandes photos de mode et toute une galerie dédiée à la top model Naomi Campbell.

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Le quartier du design de Miami est autour de la 39e rue et regorge de boutiques de meubles et de décoration d’intérieur. Au coeur du quartier, Miami design regroupait des galeries du monde entier, dont Jousse entreprise pour la France. La pièce la plus convoitée était le Light Blub Chandelier de l’artiste néerlandaise Pieke Bergmans chez PriveeKollektie.

Si vous allez à Miami cet hiver, ne ratez pas la visite du Bass Museum (Dans l’escalier trône un joyau issu d’une coopération entre Botticelli et Ghirlandaio, et les deux expositions temporaires étaient très soignées : une rétrospective de l’artiste Pedro Reyes, qui joue avec la narrativité et les fins possibles d’une histoire, et une expo thématique très réussie sur des artistes contemporains russes, où l’on retrouve le collectif AES F et découvre le très poétique Leonid Tishkov qui a peint un poème pictural en photos sur une homme qui a trouvé la lune (en néon) et ne l’a plus quittés), l’exposition de photos christiques de David Lachapelle, « Jesus is my homeboy » chez Wolfgang Roth

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et les photos de Maxi Cohen chez Daniel Azoulay.

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Long week-end sous le soleil de Miami (Art Basel)

Lundi 8 décembre 2008

Attrapant mon avion comme un bus à Lagardia (en traversant d’ailleurs le foisonnant Harlem en transports en commun), jeudi, je suis arrivée vers 19h à l’aéroport de Miami. Rangement rapide du manteau en fourrure dans la valise : il fait 25 °. Rien que le fait de pouvoir se déshabiller sans claquer des dents est un luxe inespéré. Conduite prestement par un taxi haïtien qui m’a entretenue en Français et tutoyée, j’ai fini par trouver l’entrée dramatique (calèche blanche et design modern branché) de notre hôtel au nom hollandais (décidément je suis maudite) : le Gansevoort. Douche rapide, robe noire et c’était parti pour un dîner 100 % Miami dans un restaurant Français mi-marocain, mi cuisine française, avec BO sortie d’une barmitsvah safarade parisienne des années 1990 (Albina, cette année là, aicha, I will survive et j’en passe et des meilleures…). La nourriture était – il faut le reconnaître- bonne, le luxe un peu lourd de l’endroit m’a caressée dans la bon sens du poil, et le chablis était bienvenu après une journée à courir les interviews et les transports. On a tous beaucoup dansé, avec des gens que nous ne connaissions pas et légèrement ivres. Et puis nous avons décidé d’arrêter le fil de la nuit et d’aller dormir. Claquage de grosses bises au propriétaire du restaurant, conseil de guerre dans l’a chambre d’un de mes deux amis et puis nous sommes allés dormir.

Au matin, mon ami, Danny, devait travailler, donc réveil à 7h30. Petit déjeuner paradisiaque sous le soleil près de la piscine avec vue sur mer. J’ai été profondément séduite par le plaisir simple de sentir un soleil fort sur ma peau. Si bien que j’ai décidé de repousser ma visite des galeries et de Art Basel à 11h pour m’allonger en maillot de bain près de la piscine. En plus, j’ai bien fait car aucune des foires n’ouvrait avant midi. Autour de la piscine avec vue sur la mer, il y avait beaucoup de belles plantes et de gars basanés qui parlaient français. Lisant et changeant régulièrement d’angle pour bien absorber les rayons, je n’ai eu que peu de temps pour observer la compétition de lunettes chanel et de bikinis griffés. Après un bain, c’est en baskets que je me suis lancée à l’assaut de la ville. La foire Artbasel a lieu au convention center qui était à distance humaine de notre tout nouvel hôtel au clinquant symapthique mais vraiment sans qualités. L’expo était encore fermée quand je suis arrivée après avoir marché sur le bord de Collins avenue (qui ressemble à une autoroute) sous un soleil de plomb. J’ai donc commencé par les galeries de traverses qui étaient nombreuses.

J’ai bien vite compris qu’à Miami, tout est une question de quantité. Par exemple, un marchand d’art est important quand il a « le plus grand nombre de Picasso au monde ». Contrairement à Art Basel en Suisse, qui a ses off, mais est assez concentrée, l’opulence à Miami vous pousse à vous éparpiller. Et c’est avec plaisir que vous vous laissez épuiser par la profusion, car dans la masse, il y a indéniablement des œuvres de grande qualité. Cela m’a aussi permis de découvrir des galeries d’Arizona ou du Brésil dont je ne connaissais pas même l’existence.

Le nombre de foires « off » est hallucinant. Il y a deux locations principales : à Midtown, nouvelle aire en plein développement – projet dont d’ailleurs l’ami avec qui j’étais s’occupe- où les œuvres sont entreposées dans des « salons » sous des tentes. Et près de la mer, dans de vieux hôtels qui ont du être chics dans les années 1980, et les galeries s’installent littéralement dans une chambre, les hôtes vous recevant sur un lit où sont éparpillées les toiles. En plus ils vous reçoivent bien, avec le sourire, heureux que vous vous penchiez sur leurs artistes, et désespérés de vendre quoi que ce soit où malgré le grand train de vie, les collectionneurs réfléchissent à deux fois avant d’investir des dizaines de milliers de dollars. A la Bridge, côté mer, j’ai poussé la porte d’un galeriste-artiste, apparemment l’ancien amant de Pierre Restany, qui a organisé in situ des lancers de femmes nues couvertes de peintures en hommage à Yves Klein, s’est vanté d’être extrêmement prolifique et a son immense studio au Texas. Plus chic avec son patio aux palmiers, INK se concentrait sur les œuvres sur papiers. J’ai été très impressionnée par de récents Manolo Valdès (d’après les Ménines de Velázquez) et les derniers papillons de Damian Hirst. Comme mon ami travaillait toujours, j’en ai profité pour visiter le « Bass museum ». dans l’escalier trône un joyau issu d’une coopération entre Botticelli et Ghirlandaio, et les deux expositions temporaires étaient très soignées  : une rétrospective de l’artiste Pedro Reyes, qui joue avec la narrativité et les fins possibles d’une histoire, et une expo thématique très réussie sur des artistes contemporains russes, où j’ai retrouvé le collectif AES+F et découvert le très poétique Leonid Tishkov qui a peint un poème pictural en photos sur une homme qui a trouvé la lune (en néon) et ne l’a plus quittés.

A 13h30, enfin, nous poussions la porte de Art Basel. Après une légère et nécessaire collation, nous avons commencé notre tour méthodique, mon ami me coupant dans mes couplets sur Kiki Smith ou Christian Boltanski, et cherchant de quoi décorer son appartement. Avec bon goût, ou en tout cas un flair sûr puisqu’il s’est arrêté chez Malborough pour les personnages fuyants de Juan Genoves et chez Perrotin pour les petites femmes de Aoshima. A 16h30 nous avons sautés dans un taxi pour nous retrouver à Midtown et voir la Scope –où tout n’est que pastiche de grands maîtres contemporains – à Art Miami, très inégale, mais où nous avons revu une des œuvres de fil de Devorah Sperber.

Notre petit tour s’est fini par un vernissage dans un mall à la californienne, où un artiste du nom de Britto devenait « corporate » pour des voitures. Le temps d’un macaron Paul et puis nous sommes rentrés à l’hôtel pour faires les prières du shabbat dans la chambre, prendre une douche et être à l’heure au 28 étage d’un très bel immeuble avec vue sur tout Miami à 21h. De verre de champagne en verre de champagne, j’ai rencontré des gens très chics et nombreux dans l’immobilier ou l’organisation de soirées. Nous avons fini la nuit comme il se doit dans une villa au luxe agressif de « Star Island » où des gens de tout âge buvaient comme dans un Fellini dans un jardin très travaillés avec sculptures et miroirs.

Après une grasse matinée bien méritée, nous sommes sortis pour le petit déjeuner le lendemain et sommes allés au magnifique hôtel Seitan (leading hotel of the world) au charme zen, et raffiné. Chaque orange au centre des tables créait une harmonie avec le bassin miroir du centre de la cour où était servi le repas. La transition vers le toit de notre hôtel qui reproduisait le Nikki Beach en hauteur a été difficile mais amusante. J’ai même étonné tout le monde en nageant dans la piscine (bien plus propre que celle du Nikki Beach). Dans l’après-midi nous avons fini notre tour de Midtown et plongé dans le quartier design de Miami où j’ai dégusté le meilleur repas italien du nouveau monde avant de suivre mon ami dans sa quête d’architecture d’intérieur. Puis nous sommes allés à la Gym, qui est la même que la mienne à New-York en encore plus dramatique (3 étages, miroirs aux décorations mauves et chaînes sur le bord des marches de l’escalier) et gay (David Barton).

Mais samedi soir à 19h, elle était surtout très vide. Pas de sauna, je me suis contentée d’un hammam après le sport. Le temps d’une douche, de manger des céréales bio dans du lait de riz et c’était reparti pour un retaurant pseudo-asiatique qui vient d’ouvrir Philippe et la grande soirée su magazine chic local : Ocean Drive au clinquant club du clinquant hôtel Fontainbleau. Trop de faux seins, trop de Vuitton, trop de Paméla Anedrson posant avec le patron du magazine dans une salle qui ressemblait comme une goutte d’eau au Bobino. Au bout de dix minutes j’ai piqué une grosse crise d’angoisse, alors nous sommes allés manger une glace sur Lincoln Road, sorte de centre commercial et bon enfant (Aix en moins chic) de la ville. Après un dernier brunch au Seitan et un empaquetage rondement mené, nous avions rendez-vous à 12h30 pour prendre un avion privé vers New-York. Et me voici de retour dans un froid polaire, heureuse de retrouver l’architecture vivante de Manhattan.