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A fine Monday

Mardi 14 avril 2009

Depuis trois mois, j’ai l’impression d’être lancée dans un immense toboggan et que mes pieds glissent sur les rebords quand je tente de m’arrêter.  J’ai peur et je déteste perdre le contrôle. Je regarde cela de loin, et je trouve ça intéressant plus que distrayant.  Mais il y a des jours -rares- où c’est plutôt agréable. Aujourd’hui cela a fini par être le cas. Travail efficace ce matin, plus de fichage et de la rentrée de données dans ma petites tête et sur mon grand clavier, que de l’écriture, mais bien. Je suis aussi boulimique de films (trois hier), et je dois dire qu’en temps de pénurie, j’apprécie de plus en plus Kate Winslet que je trouve à la fois formidable actrice et extrêmement sexuelle. J’avais peur de voir “The reader”, pas très sûre des raisons qui m’ont fait aimer le livre de Schlink en Allemand et en Français, et encore moins sûre qu’une adaptation cinématographique évite le camp inévitable du “fascinant fascisme”. Mais je dois dire que j’ai pleuré comme une madeleine, un peu honteuse, la nuit dernière, en regardant le film. Fiennes est affligeant, toujours dans le même rôle de ses grands yeux gris depuis le patient anglais, mais winslet, avec ses yeux butés, ne parlant qu’avec le corps, forçant à peine sur l’accent allemand, dans une espèce de don intègre et animal, était époustouflante. Le diable au corps et le vide dans la tête, et les cassettes de son étudiant dans les oreilles. Parfaite approche des textes.

Parlant textes, Henri Meschonnic est mort, pas très vieux, et c’est un peu étrange. Sa  Critique du rythme est encore dans son cellophane sur mon étagère à Paris, relique de mes études à la Sorbonne et son utopie du juif m’a parue bien obscure, mais il a été un précieux allié pour plonger dans Celan. Il y a aussi un coté un peu XIX e siècle chez lui, qui donne à sa disparition une double dose de nostalgie.

Sinon, soirée très agréable, plein d’énergie pour la gym, et mes plus proches amis étaient réunis ce soir dans un bar du lower east-side, R. avec sa nouvelle frange très Williamsburg et D ravi de rentrer de Miami et plein d’anecdotes et de wit à la bouche.

Pause film, ce soir, je vais lire et PAS sur des juifs morts.

Bon, petit post sans prétention pas parti hier soir faute de connexion. Du coup je peux ajouter que j’ai plutôt lu sur les poètes morts. ted Hughes, birthday letters, retour sur sa relation avec sylvia plath trente ans après. Très inspirant, car beaucoup d’images fortes et très peu de musique.