Articles taggés avec ‘Journal’

Nomadismes (suite)

Vendredi 20 août 2010

Comme toujours, la fin du voyage est bien plus trépidante que la semaine langoureuse de mon arrivée. Bien sûr, le rythme n’a rien à voir avec celui de ma vie parisienne à triple emploi et dont la reprise m’effraie, mais une sois mes repères fixés à Tlv je me suis quand même bien baladée ces deux derniers jours. Avant-hier soir, un ami argentin chef à ses heures perdues de designer a balayé mon blues à grands renfort d’aubergines grillées, et de mets délicieux aux épices les plus folles. Rien que le dessert était un poème : figues revenues à l’huile, au miel, à l’anis, avec glace vanille. Nous avons écouté des litres de tango pour digérer…Hier, départ vers 10h en Shirout pour Hashkélon, au Sud, où j’ai rejoint ma soeurette E. dans un paysage de desert et de mer, au milieu de nulle part, devant une marina qui effaçait à peine l’effet Robinson. On ne devinerait pas que la ville est à quelques km de Sdérot et que des missiles lancés de Gaza y tombent régulièrement. Après un déjeuner délicieux (fin définitive du régime lié à la chaleur) dans un ancien Kibboutz qui porte le nom d’une épice (Sumac) et du vin du Golan, nous avons été conduites en face de Gaza et briefée sur la situation pour un cicérone ‘neutre’ qui s’y rend au moins deux fois par semaines. Instructif. Juste le temps de sauter à nouveau dans le shirout où mon voisin d’origine indienne me donnait des coups de coudes pour continuer une conversation-fleuve … en Hébreu et m’empêcher de dormir. Je dors de moins en moins, 3-4 heures par nuit, la routine habituelle, en fait. Bref il voulait que je fasse encore un bout de chemin avec lui, et j’ai compris qu’en l’absence de femme officielle, ce voyage était son trajet hebdomadaire pour le bordel. Pas le temps de me changer pour retrouver mon élégant cousin à l’Hôtel Montefiore, tenu par le couple qui connaît également le succès avec l’excellent restaurant français La Brasserie. Ambiance Boutique, mi-néo-colonial, mi-Mercer de Soho, délicieux Bloody Mary et intense conversation avant que ma chère Y. dont c’était le dernier soir nous rejoigne, toute pimpante. je voulais aller voir le concert de Hadara Levin Arredy mais après prise d’info, celui-ci annoncé pour 21h30 n’avait lieu qu’à 23h00, nous avons donc eu le temps de manger le meilleur sandwich au Corned Beef de la ville au n° 58 de la rue Yehuda Ha’Levi. Finalement arrivée un peu pompettes au concert, nous avons été frappées au coeur par la grâce : voix rocailleuses, textes forts en anglais, et en hébreu, délicieusement imparfaite, son piano planté entre deux serveurs allant chercher bouteilles de vin et addition, la grande et maigre chanteuse était à chaque morceau à la hauteur de la chanson qui m’avait interpellée dans le film «I Shot my love» : «Going Home». Du underground avec âme et beauté, comme je l’aime. Y. aussi s’est assise par terre, et quoiqu’un peu choquée par les couples de lesbiennes s’embrassant entre deux claps de leurs mains au rythme de la musique, s’est laissée porter par cette mélancolie essentielle.

Après un Jeroboam d’eau, direction rue Lilienblum, non pas au Nanotchka, mais au bar d’enface, extérieur, lounge, blanc, et bien gardé. Discussion intéressante avec deux amis français dont un a fait son alliah, et puis quitte à attendre le départ pour l’aéroport de Y. jusqu’à 4 heures du matin, nous serions bien allées danser au galina encore une fois, mais la fatigue a gagné, et nous sommes rentrées discuter à la maison en luttant contre le marchand de sable. Je me suis effondrée jusqu’à 9h30 du matin pour reprendre un Shirout vers Jérusalem où je n’avais pas eu le temps de voir ma famille lundi. Habitant dans le joli quartier de katamon, Y. m’a raconté de jolies anecdotes sur mon père, son cousin et lui nageant dans la Garonne quand ils avaient 12 ans et A. avait réussi à préparer le meilleur repas, aloors ue le frigo était en panne. Retrouvailles avec E. et un de ses amis à la cinémathèque, où nous n’avons pas pu bouger du bar climatisé tellement le soleil tapait sec dehors. Petit tour de moto jusque chez l’ami de E. toujours dans le quartier de katamon, et soirée de discussion à coeur ouverte avec un quatrième ami brillant et un peu plus religieux, entrain de finir sa thèse et que je connaissais d’une conférence donnée ensemble à la Sorbonne. Vers 22H, il était temps de rentrer - pour travailler un peu, la boîte à sorties émerge doucement de son sommeil estival- mais à défaut de connexion Internet, j’ai écrit un peu, préparé un CD pour mon ami israélien G, et là je dois filer sous la douche pour un dernier verre, comme dans la chanson de Biolay passée en boucle ces vacances «Ton héritage».

Lézardages entre la mer morte et les plages de Tel-Aviv

Dimanche 15 août 2010

J’étais prévenue : il fait vraiment une chaleur humide et suffocante à Tel-Aviv en aout. J’étais prete à faire face. Mais lors de ma première semaine seule ici, je marchais, allais au cinéma etc.. et n’étais jamais allée à la plage avant 16h. Chose faite, avec regret avant-hier. A une heure pile, sous le soleil exactement, à peine protégée par un petit parasol glissé dans le bras de mon transat de la plage du Hilton, je me suis vraiment sentie plus mal que dans un sauna : zéro vent, impossible de respirer, et encore moins de lire ou de penser. En voulant m’éclipser et retourner dans mon cher lit, je me suis… brûlée les pieds. Mais vaillante, dès le lendemain, même s’il y fait encore plus chaud que TLV, j’ai décidé de suivre un ami de mon cousin dans son trip “bien-être éclair” à la mer morte. Rendez-vous à 7h du matin, je suis quand même passée au Souk avant voir mon ami Adel, et acheter du pain frais au stand voisin. A grand renfort de musique lounge et sans âme (la compil du Bouddha Bar 23), nous avons mis deux heures à arriver à un charmant hôtel où nous avons fait villégiatire pour la journée. Tout y était : la plage ocre, l’eau solide de sel à 60 °, les matelas, les parasols, la cafétaria et le centre de soins où j’ai eu un massage et un enveloppement de boue. Très agréable, j’ai beaucoup dormi, barboté dans le sel huileux assez magique, eu chaud, mais pas trop, et me suis laissée chouchouter par une masseuse russe comme dans les livres. Très attentif et prévenant, mon compagnon me tendait une bouteille de coca, d’eau ou un magnum quand je sortais d’une de mes multiples siestes. Mais ets demeurer plus que laconique pendant les 13 heures du voyages. A mes questions, il répondait par un mot final et laconique, et ne posait aucune question, si bien que je suis vraiment devenue cruche : silencieuse et souriante la plupart du temps et faisant des remarques enjouées et stupides de temps en temps pour parsemer de fleurs l’ambiance pénitencier soviétique. Le mur de silence m’ a tellement pesé que, lorsqu’il est parti plus tôt pour son massage, j’ai alpagué un pauvre touriste allemand et parlé avec lui dans sa langue des banques de Düsseldorf! Tout ceci n’a pas empêché mon compagnon de se montrer un adorable chauffeur, faisant demi-tour pour venir à la rescousse d’un étudiant perdu sous le soleil de Ein Gedi, et de me ramener chez moi. Et la journée de peu de mots fût finalement assez agréable, et qui plus est un bon aperçu de ce que serait la vie avce un mari à qui je n’aurais rien à dire. Bonne leçon. C’est toute salée que j’ai emporté la bouteille de vin achetée au souk pour filer dans la banlieue de Givataim diner pour shabbat chez Amos, un formidable ancien enfant caché que j’ai interviewé il y a 5 ans, et qui est également un photographe de génie. Voir sa grande famille de 4 enfants et 5 petits enfants présents (sur 9 ) m’a ravie, j’ai communiqué mi en anglais, quart en hébreu et quart en français avec tout le monde et Amos m’a ensuite ramenée en voiture vers mon QG de Rerov Lapin. Aujourd’hui, journée molle, petit dej/brunch classique chez Benedikt, j’ai tenté de repousser la journée de plage par une habile marche rue shenkin, puis par un verre et jeu de cartes “comme nos grands parents”, avant de finalement profiter de l’heure divine sur la plage du Hilton. Ce soir, sortie franco-française dans l’air… mais tout ça s’organise et finalement apprendre à ne rien faire est un travail à temps plein!

Gay Tel Aviv (la tirade de la fille)

Jeudi 5 août 2010

J’ai entendu assez de Lady Gaga pour les trois prochaines années de ma vie, ces trois derniers jours. Dans la voiture, dans les clubs, à la gym, et bien évidemment également toutes les sonneries de portables des amis de mes amis entonnent “Alejandro” ou “Just danse”. L’autre icône gay est Beth Ditto, mais seule Lady Gaga alimente des conversations passionnée où l’on dirait que chacun parle du poète de ses premiers émois adolescents. Je suis donc devenue une grande adepte du Tel Aviv Gay  : les plages (Hilton), les brunchs (Neve Tsedek), même certains aspects politiques, par l’ami d’un ami, et bien sûr les clubs. J’aime beaucoup l’ambiance de ces clubs, ici, mi-rétro, mi-ici et maintenant, ouverts à tous (je ne me sens pas coupable d’être une femme, comme à NYC par exemple), et où je peux librement parler à tous et les ramener vers mes amis - quand ils trouvent le nouveau venu assez mignon. J’ai même traîné un de mes amis plutôt religieux et très hétérosexuel à rejoindre la joyeuse troupe au “Lima Lima”, joli club bondé de la rue Lilienblum (à deux pas de l’ancien bar georgien Nanotchka, où je dansais sur les tables il y a 5 ans, et qui est malheureusement devenu un lounge comme les autres). Nous nous sommes perchés sur des tables en hauteur dans la cour fumeurs de la discothèque pour observer. Avec une bienveillance toute extérieure. Avant-hier, nous avons enchaîné sur “Evita” où de plantureux travestis donnaient un show sous le portrait de Mme Peron, avant d’enchainer sur “Vice” en face de la tour de la paix, qui a le même bar central et carré que tous les bars sympas ici et  une cour remplie elle aussi de beaux éphèbes. Le tour ne serait pas complet, si je ne mentionnais pas les brunchs à 15H - notamment au port de Tel Aviv-où les langues se délient, et le shopping assez délirant, surtout quand l’un des membres du groupe s’occupe lui-même d’importer des pantalons vert fluo et bleu pétrole griffés par des designers scandinaves. Je sens que cette partie disco-flash du voyage s’arrête aujourd’hui et qu’elle va un peu me manquer…

Reprise israélienne

Lundi 2 août 2010

Le journal de la femme de cendres a un peu été laissé en friche ces dernières semaines. Pas le temps, et surtout pas le cœur à écrire, et pas même envie d’insérer mes articles de la boite à sorties. Enfin seule (avec un ou deux cafards et quelques moustiques, ces derniers magiquement tenus loin de ma peau bronzée par un bracelet rouge à plaquette de citronnelle horriblement efficace), je reprends peu à peu le fil des pattes de mouches dans mon adorable studio de la rue Lapin (hop! hop!) à Tel-Aviv. Après quelques jours à Saint-Tropez très actifs dans l’oisiveté (organiser trois merveilleux amis américains est un temps plein, malgré le programme léger des journées), et une arrivée au poil (plutôt à poil : ma valise avait disparu dans la bagarre, quelque part entre Rome et Tel-Aviv), je peux enfin fêter mes premières vraies longues et prometteuses vacances depuis 6 ans : pas de thèse sur les bras et décision irrévocable de louer la boîte à sorties à mes chères lieutenants. J’ai commencé hier soir, dans mes simples atours de voyage (la situation valise était encore en suspens) par un bar hopping de tous les diables, avec deux des trois américains tropéziens (notez par ailleurs qu’en n’écrivant pas à Saint-Tropez je vous ai évité la description annuelle du bling bling des plages à musique et prix forts et des boîtes locales). Munie d’une carte sim israélienne, je note consciencieusement sur mon “Foursquare” de geekette tous les restaurants et bars que nous essayons, déchiffrant pour cela l’hébreu des titres, ce qui n’est pas plus mal puisque je suis un peu venue ici pour progresser dans cette langue. J’ai enquillé une ballade solitaire le long de Schenkin, à faire du lèche-vitrine, une fois les magasins fermés, un peu de caviar d’aubergine et de viande fumée chez l’ami israélien où vivent mes deux amis new-yorkais, quelques bars pas assez veggan-friendly, un stop pour manger quelques tapas cacher dans le joli “Tapas 1″, et une soirée classique sur un toit local (le sublet, face à la mer). pas de grande activité le dimanche soir, qui est le premier jour de la semaine ici, mais assez cependant pour rencontrer un charmant jeune avocat avec qui je dois aller à la plage demain. Et de finir chez moi épuisée à 3 heures du matin à force de me perdre dans les rues. En termes de plage, pas grand chose, pour l’instant, mais j’ai eu l’impression de boire trop de soleil dans le Sud de la France. Devenue noire, j’ai donc décidé de réserver la pause plage à l’heure du coucher de soleil, joli cadeau à moi-même parfaitement réalisable parce que je réside exactement à 5 minutes à pied de la mer. Avant cela, la bonne surprise de la valise revenue comme par miracle, cours de gym en hébreu (hilarant!) dans la tour du Dizengoff center, brunch pas terrible rue George V, virée au Musée de Tel-Aviv - nous sommes restés à la porte (il ferme à 16h, eh oui, il y a pire que la France pour les horaires des musées), et petit tour le nez au vent dans le nouveau port dont les habitants de cette ville sont si fiers. Tel-Aviv m’énergise et tout m’émerveille, j’espère que le charme durera ces trois semaine de liberté formidable.

Mon amie la rose

Lundi 3 mai 2010

Quelques lignes nocturnes avant de ne pas dormir assez pour enseigner demain matin à 8h. L’humeur est passée de maussade à légèrement angoissée, ce pluvieux premier week-end de mai. Hyper-activité toujours mais avec de très belles choses, comme le spectacle de Claire Diterzi à la ferme du buisson, hier soir (critique à venir) et FINALEMENT le dernier Polanski ce soir (pour ce film, il y avait une malédiction, j’ai “failli” le voir au moins quatre fois, avant d’y parvenir). Mes cheveux sont superbes en ce moment (paraît-il) sorte d’excroissance sur mon cerveau un peu épuisé, et fruit d’une cure de compléments alimentaires sur lesquels à l’avenir je me garderais bien de cracher. Le bout du tunnel n’est pas loin puisque les cours s’arrêtent la semaine prochaine. La vraie, grande et bonne surprise de la semaine : un homme m’a offert des fleurs. vingt-quatre roses blanches comme dans “Lettres d’une inconnue”. Ça n’était pas arrivé depuis 2002. Parce qu’en général, les hommes m’offrent des livres. Ça doit être écrit sur mon front que j’aime les livres… Et même depuis que j’ai laissé mes lunettes d’intello au tiroir pour le dimanche, il ne leur vient pas à l’idée que j’ai déjà trop de livres, qui bouchent mon couloir et gagnent les étagères du frigidaire. Par ailleurs, en général, les hommes marquent leur territoire quand ils offrent ce genre de choses. Avec un petit commentaire et une signature sur la première page, comme s’ils étaient l’auteur du bouquin. On pourrait carrément entreprendre une généalogie de ma vie amoureuse en recherchant comme des étoiles dans un ballet de poussière leurs autographes… Pour les plus importants, il faudrait volontiers se pencher sur la section “internationale” de mes livres. Parce que Nietzsche en Allemand, Van Gogh en Néerlandais, et Auden en Anglais, c’est quand même autrement plus chic que dans ma vulgaire langue maternelle. Certains se sont même risqués à signer du Pasternak en Russe, langue extrêmement mystérieuse pour moi. Bref, donc, ces roses m’ont émue aux larmes. Surtout débarquant en milieu d’après-midi au bureau, comme ça juste par gentillesse (les roses rouges estampillées 2002 étaient des fleurs d’excuse). Ce petit retour à la case “compter fleurette” dans les rues de Paris (ou de Noisy) fait un bien fou, comme un grand bain de mer purifiant tous les coups bas et les drames des cinq dernières années. En face, personne en danger de mort, personne au bord de la dépression, personne en fuite du facteur humain pour écrire son œuvre (qui dépasserait l’escogriffe de première page ou trois notes mélancoliques) juste une attention réelle et élégante. Ça détend aussi des délires de mes amis, qui m’emmenant à la présentation de nouvelles prétentieuse décrite jeudi dernier, qui filmant l’hôtel amour (dont le charme à mes yeux est le joli jardin ou j’aime trainer l’été, n’ayant jamais fait escort-girl la nuit pour de luxueux types véreux) comme un hangar d’érotisme macabre”à la” Eyes Wide Shut : luxe, coke et sexe triste entre squelettes. Il y a aussi ceux qui me traînent à des vernissage d’art abstrait ou je dois faire semblant d’être fascinée par des toiles  blanches avec un trait noir (”mais tu comprends, la ligne en fait c’est un vide découpé, c’est le vide qui crée les nuances de gris”, moui, et si je ne ressens rien, c’est “mal”?). Et enfin, ceux qui suivent les cours d’acteurs chevronnés, massacrant systématiquement  et avec une justice arithmétique  tout texte sur lequel ils tombent, en hachant les mots, et enlevant la ponctuation, jusqu’à rendre le texte incompréhensible. Et ça marche encore mieux avec le flux de conscience pédants de jeunes auteurs contemporains qui se la racontent des tonnes, avec des scènes forestières suivant des scènes SM qui pourraient presque être drôle si tout le monde ne prenait pas tout ça tellement au sérieux. Malheureusement la technique de hachage ne fait pas disparaître la monotonie médiocre de ce genre de textes. Heureusement restent les amis qui picolent sans se faire mousser, ceux qui maternent sans trop angoisser, et ceux qui tombent amoureux pour mieux se remettre après s’être très vite cassé le nez. Et surtout ce formidable bouillonnement d’énergie que je sens autour de moi, qui m’emporte dans de nombreux projets et qui m’avait tant manqué l’an dernier. Ceci étant dit Manhattan me manque, et je pense bientôt me renvoler…

Et au programme des jolies choses à faire une fois que l’école est finie : écrire, bien sûr, et volontiers une chronique sur mes taxis parisiens. J’ai toujours des conversations hallucinantes avec les chauffeurs parisiens. Il a celui qui est coiffé comme Elvis et chante le King à tue-tête le long des quais (après avoir demandé poliment la permission), celui avec qui je parle exclusivement de parfums, celle qui est en fait décoratrice d’intérieur, et celui de ce soir était évangélique, et m’a donné un cours de théologie… je me demande si on ne pourrait pas remplacer les cours par des courses en taxi…

Sur ce au lit, pour enseigner la tolérance demain. Une notion que j’ai du personnellement remettre en cause ce matin, quand à 8 heures (un dimanche) des Loubavitchs déchaînés ont entonné des Nigounim avec assez de décibels pour faire trembler le quartier pour exprimer toute leur joie d’avoir reçu la Torah. Le petit post de protestation sur mon facebook à engendré une mini-polémique, assez débile ma foi, si bien que par souci de mon cher petit sommeil je risque de passer pour une affreuse antisémite…

Unpacking my library

Vendredi 9 avril 2010

Me voilà assise au milieu de mon studio- par terre. Une deuxième bibliothèque a remplacé l’ancien canapé blanc et tous mes livres sont sur le sol. Entre rêve et cauchemar dans une vie redevenue très parisienne et qui ne s’arrête pas. Ou alors pour des petits voyages de 30 heures en Normandie passés sous perfusion de bourgogne où je m’échine à griller mon vernis sur le babyfoot de la cathédrale et à vaincre le froid humide qui vous ronge les cuisses. A jouer au tarot et à rire aussi. Une vraie détente, qu’il ne faut pas que je prolonge sous peine de vraiment rompre la tension qui me porte.  Les journées sautillent entre les 3 cours hebdomadaires à préparer, la com’ branchée de l’agence en3mots et la rédac de la boîte à sorties. Hier soir, j’ai ainsi enchaîné un opéra de glass sur kafka, un dîner de copines, un verre dans mon quartier et me suis laissée traîner pour un dernier verre au BC en compagnie d’un vieux beau italien et de son hôtesse de l’air de maîtresse. J’ai fini par rentrer Schubert aux oreilles sur le pont de l’Alma. Paris est tellement beau que cela fait presque mal aux yeux. Avec la fin du froid, et ce début de renaissance dans l’air, je marche. Beaucoup. Ça laisse le temps de réfléchir sur le mal de pieds, et les bienfaits des talons plats. J’ai beau dire que je ne suis pas de la mousse pour le bain, il paraît que j’ai toujours l’air à la fois forte et légère. Ça ne me fait plus rien, j’ai l’habitude, et remercie mon indifférence de me rendre bien moins malheureuse que l’an dernier à la même époque.

Manhattan et puis Paname, de grandes amitiés

Vendredi 26 février 2010

Retour très chaleureux à Manhattan, qui m’a fait du bien. Tellement de bien. Grand soleil sur un New-York pas même enneigé, première station obligée pour me faire faire les ongles en buvant un coca light, très peu du culture, ce qui m’a bien reposée, et j’ai retrouvé l’avatar américain de moi-même en grande forme. Lavage de cerveau à base de gym et sauna avec ma chère A, dîner en trio avec mon guadeloupéen préféré, un superbe anniversaire fêté avec beaucoup de chaleur chez Turks and Frogs (le west-village est mon nouveau quartier d’adoption) : tous les gens que j’aime à NYC étaient là, ils s’étaient libérés pour quelques bon verre de Syrah, un gâteau improvisé, et des discussions profondes de joie. Tout cela parfait par une sortie nocturne à “kiss and fly” où j’ai vraiment failli m’envoler de légèreté quand pour la première fois depuis des mois, un garçon absolument sans intérêt s’est intéressé à moi sans me demander de dérouler en préambule tout mon CV. De grandes marches fatigantes, des amis bien arrivés ou sécurisé, un sentiment de crise dépassée, déjeuner avec l’homme le plus sage de ce grand froid, sandwiches au thon et orange pressée. Pas mal de vodka pour fêter ce surplus d’années et le grand loft de mes rockers et nerds préférés.
Le retour musclé m’a aussi fait du bien, jolie rencontre dans l’avion presque raté et carrément retardé, cours le soir même sans difficulté, Turner et rédac à la fois, recours et superbe fête de parisienne amitié. Mardi, dans un bel atelier, Montreuil en fête et tous ces gens rassemblés. 5 heures du mat’, ça ne pardonne pas, surtout quand ça finit à l’alcool dans un bouge du marais. Mais après, re-cinéma, Matt Damon en faux hors-la-loi, l’Allemagne blafarde et les chaussons rouges de tant d’amour suranné. Munch forcément mais sans les cris, un peu de musique : celle sur laquelle j’écris puis Odessa ce soir au China, interviewée avec grand émoi. Les journées sont longues et me portent dans leurs bras, autant que les taxis et mes pieds si pressés (mais toujours impeccablement noirs de jais)… Allez un dernier dvd, puis dents brossées et les larmes délavées.

Morceau de journal

Mardi 16 février 2010

Plus le temps… entre les trois cours à préparer chaque semaine, les articles des autres à relire, les concours à organiser, mon corps qui fout le camp par manque de sommeil et les amis, je n’écris plus. Ou presque. Pas même la force de mettre en ligne mes articles qui paraissent sur notre tout nouveau tout superbe site de la boite à sorties; et puis en fait dans cette vie de travail, pas grand chose à noter, je deviens un peu dure, les choses et les gens ne m’entament plus. Je me surprends d’indifférence. Parfois je regrette la solitude réflexive de Manhattan où je retourne mercredi pour quelques jours. Excitée sans appréhension et prête à affronter le froid.

Encore un cours à préparer avant demain soir… temps d’aller lire quelques lignes et au lit.

<

Découvrez la playlist Février 2010 avec Yeasayer

Routine et chemins de traverse

Lundi 9 novembre 2009

RAS, si ce n’est un grand épuisement. Ce week-end, je me suis délicieusement punie en allant seule affronter physiquement 5 heures de Warlikowski postmoderne sur Oreste dans les toilettes et la Shoah en version polonaise sous-titrée tout de même. Et en me frappant avec le beau roman polonais toujours (en VF cette fois-ci) d’Agata Tuszynska sur la mort de son compagnon d’un cancer du cerveau (les deux critiques sont à venir, laissez moi digérer). Du coup entre deux livres sur les partis politiques, j’ai ressorti l’anthologie de la poésie polonaise par mon cher milosz, afin d’ENFIN lire Tuwim. Bon j’ai quand même fais des choses joyeuses, comme débarquer en jogging (pas le temps de me changer, pas le temps d’aller à la gym non plus) à une réunion de mes anciens camarades d’hypokhâgne (10 ans déjà!) et aider mon frère, ce matin dimanche à partir de 8h30 pour un shooting de bloggeurs dans une boutique American Vintage. Avec livestreaming, choix de vêtements et pour ma part du job, interview des égéries. Et deux dernières plaisirs de la soirée : un superbe bar avec mes parents et mon frère sur les quais (+ Ceps + Chablis), et une longue conversation avec mon cher ami B. via skype (il est au fin fond de la californie et se la joue beau gosse nucléaire près de Big Sur). Tout ceci prend la forme d’une liste lassante, mais je crois que mes questionnements ados sur “Est-ce ainsi que les hommes vivent seraient encore plus pénibles… L’inspiration reviendra, entretemps, place aux articles vantant la formidable vie culturelle parisienne dont j’a été coupée pendant plus d’un an.

ps : pour la vidéo je comprends rien, mais ca me berce, histoire de rester dans mon bain polonais

Un samedi ordinaire

Dimanche 1 novembre 2009

En rentrant ce  matin après 4 heures du Black Calavados, la brume était si épaisse qu’on ne voyait pas le quart de la Tour Eiffel. L’humidité entre jusque dans mon lit et c’était bien la peine de raidir mes cheveux au fer à lisser : ils étaient plus bouclés que jamais 10 min après. Étrange, la conjonction de la bruine et du bruit des corbeaux, m’a rappelé le Winterreise de Schubert et l’odeur des la cour de mon lycée m’est revenue comme un fantôme. Belle journée, gym, déjeuner au fumoir, bref entretien de travail, et un long coup de fil à un ancien enfant caché que j’avais gardé proche de mon cœur mais à qui je n’avais plus parlé depuis nos trois jours de discussion à Vienne. Puis je suis sortie faire un truc fou : acheter des CDs, je sais, plus personne fait ça, surtout pas moi qui en reçoit un paquet à chroniquer, et dans la queue pour payer je me suis dit que j’étais vraiment une poire de ne pas fébrilement acheter sur i-tunes. Mais m’arracher les ongles (qui sont désormais noirs because fashion oblige, rien à voir avec mes deuils et mes illusions perdues) pour ouvrir les objets hors de pris (23 euros pour Lady & Bird, faudrait-il faire une thèse sur l’attitude suicidaire des maisons de disques, à moins que ce soit juste du défaitisme?) est un plaisir enfantin. Et paf, dans la vieille chaîne hi-fi pour m’endormir avec mes nouveaux amis (et Hector, mon ours en peluche dans les bras).

Après, soirée classique de la Yaël, mais haute en couleurs tout de même : verre au Flore où R et moi avons désormais une table “habituelle”, autre verre dans un bar du 11e où un ami mixait : le “Motel” a tout du bar est-berlinois, underground, rock, mais propre!! Le vin blanc était quand même moins bon qu’au Flore, mais quel bonheur de papoter seule avec E. avant qu’il ne commence à passer les disques, et même luxe de danser seule dans le bar au début de son set. Puis retour à St germain des près pour dîner, en terrasse, et manger une glace; eh bien oui faire semblant que c’est l’été remonte le moral. Ensuite soirée mystère, près de la rue Mouffetard, invitée par un ami universitaire italien, rencontré dans une soirée féérique dans le marche, et qui enseigne désormais à Brest. A même la rue, appart bohême, et tout le monde parlait russe. Andrei, notre hôte est philosophe des mathématiques (à moins que ce soit mathématicien de la philosophie?) et vit comme un éternel étudiant d’Ulm. Sauf qu’il a une fille qui paraît mon âge. Je veux vraiment apprendre le Russe. Discussion endiablée de cinéphiles, et mon ami italien doit me faire découvrir un réalisateur russe. Puis j’ai sauté dans un métro pour rejoindre mes amis noctambules au Ritz, trop tard, direction un nouveau bar de la rue de l’arc de triomphe (je ne savais même pas qu’une rue portait ce nom à Paris) - évidemment un ancien bar à hôtesses : le Roxane. J’ai retrouvé tout le monde pas mal éméché, et en fait je n’aime pas ce caractère autodestructeur des oiseaux de nuit, quand c’est pas la coke, c’est l’alcool en quantités ridicules; du coup fausses jalousies, fausses bagarres, et prises de tête. Ce m’énerve… Heureusement une amie était là heureuse nouvelle célibataire, avec envie de “racoler”, comme elle dit (ça sonne trop bien dans sa bouche parce que pour tout le reste, elle est d’une élégance qui frise le snobisme et que j’apprécie comme un bijou précieux). Nous avons donc racolé des jeunes de 19 ans, pas e état de nous raconter leur vie, mais assez gentlemen pour nous offrir un verre. Puis avons fait la fermeture du bar dont le propriétaire est un ami du groupe. Fermeture plutôt joyeuse et moins glauque que le reste de la soirée, qui a donc fini au BC au milieu de joyeux déguisés pour Halloween; un de nos amis était si ivre qu’il a brisé le nouveau magnum de vodka qui venait d’arriver à la table. Voir ces jeunes gens beaux et chouettes dans un tel état m’a un peu écœurée et je me suis esquivée.

Programme de demain, gym, expo, et tentative de cuisiner un pot-au-feu pour mes amis (acheté tous les ingrédients) = journée de retraitée, he oui je m’ennuie à mourir depuis que j’ai fini ma thèse.