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Jolie…

Samedi 11 avril 2009

La solitude peut prendre des proportions absurdes sans peser bien plus qu’un ballon de baudruche. On s’habitue, c’est tout, et c’est moins cruche. Ce soir, puisque mes parents adoptifs étaient malades, que je ne suis pas censée être au courant qu’une de mes amies était à une fête et qu’une deuxième amie a simplement décidé de ne pas m’appeler comme convenu à 19h au Moma, ah et j’oubliais, puisque le hommes ont la troublante habitude de me laisser au milieu de la rue quelque part dans l’East village, je me suis rendue seule au concert de Jolie Holland qui jouait pour trois fois rien au charmant café-librairie solidaire de Soho, “Housing Work“. M’étant réfugiée à l’étage pour lire le temps que la scène s’active (le concert était annoncé à 7h, Jolie a joué à 9), je me suis assise sur les marches, où j’ai pu tout voir. C’était inattendu mais la sonorisation était bonne, bien meilleure que dans un concert hall comme le Terminal 5. La taille de la salle était idéale pour le folk intimiste et la voix rauque de Jolie.  J’étais bien accolée à ma rampe d’escalier, détendue à en prendre racine ou à m’endormir. Incroyablement vulgaire avec ses cheveux roux et son jean moulant des hanches de latina après l’heure de la bombe, Jolie Holland est encore plus fascinante sur scène que sur ses cds trop policés. Sa voix et ses mains arrachent tellement le micro, la guitare et une sorte de violon rectangulaire artisanal, qu’on se moque complètement qu’elle se rate une chanson sur deux pour reprendre le début. Sans concession, elle a évité TOUS ses hits de “escondida” et fait participer trois autres voix complètement écrasées au programme des festivités. Mon voisin de marche était un charmant universitaire de Dallas, aussi seul que moi avec qui nous sommes allés dîner au café colonial. Conversation improvisée autour de Flannery O’ Connor, de Patti Griffin, et de la vie comparée Texas/Manhattan. Cette fois-ci c’est moi qui l’ai  laissé devant son hôtel, après avoir joué les cicérones mutines, pour rentrer lire, écrire et  écouter plus de Jolie (bon de Callas aussi, on ne se refait jamais complétement)