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Poker Face : long week-end à LA

Samedi 30 mai 2009

Quoi de plus approprié que le soleil de Californie et la musique pop du bonheur obligé dans un luxe d’espace pour oublier la grisaille compacte de New-York? Depuis trois jours, je suis dans la maison “hacienda style” de mon oncle et la tante à Berverly Hills. Je n’étais pas venue depuis cinq bonnes années et je suis ravie de trouver de beaux changements. L’arrivée de mes cousins, Rémi, 6 ans, et Margot, 5, a transformé le côté jet-set de l’expérience en chaleureuse réunion familiale. Les petits ont l’âge de papoter et nous louons longuement les vertus de notre grand-mère commune. Ils vont au lycée Français et la maison se réveille à 6h, quand ils quittent leurs petits pyjamas pour enfiler l’uniforme, après avoir copieusement et sainement petit-déjeuné. Il parlent un peu ma langue maternelle, qui de leur côté, vient du père. Les deux chiens sont toujours dans la place, bloquant le passage dans les escaliers et salissant matelas et polos blancs dès que l’on s’approche de la piscine. Au début je me disais que l’obsession des enfants me paraîtrait bien justifiée, après avoir vu combien les new-yorkais sont fous de leurs chiens (3 soirées, 3 conversations uniquement sur les chiots, leurs promenades et leurs habitudes, à Manhattan, la semaine dernière). Mais Taxi et Otto, sont encore rois à Beverly Hills. Et c’est tant mieux. Ma peur des chiens est passée, et malgré leurs débordements, j’aime de mieux en mieux ce deux gros benêts.

Nous avons loué une voiture, avec un ami. Je fais la copilote avec passion, et de grands coups de pouce de mon i-phone. Malgré les heures perdues sur la route, et les trois même chansons popeuses et R’n’b passées en boucle à la radio (“Poker face” de Lady Gaga, “Beautiful” de Akon, et “If you seek amy” de B. Spears), quelle incroyable sensation de liberté de pouvoir aller et venir. Surtout, LA est une ville qu’on apprivoise par les roues, c’est un lieu commun, mais vraiment, marcher est impossible.

Le programme culturel a compris jusque là un retour au précieux musée de Pasadena : le Norton Simon, qui – avec le Courtault Institut de Londres, la Frick de NYC, le Isabella Stewart museum de Boston, et la fondation Beyeler de Bâle, fait partie de ces lieux bénis où l’espace petit et minutieux est parfaitement aménagé et livre des oeuvres à couper le souffle. Or, j’ai toujours plaisir à retrouver les Degas, les Boucher du Norton Simon. Cette fois-ci j’ai aussi découvert quelques illustrations tardives de Ronsard par Matisse. Et à Pasadena, je me suis rendue pour la première fois dans les foisonnants jardins de la Huntington Library, qui contient aussi une Bible de Gutenberg et une galerie remplie de Joshua Reynolds et de Gainsborough, comme on n’en trouve ailleurs au monde qu’à la Wallace collection. Le petit pont du jardin japonais et le bac zen ou des gosses chinois vont faire des pâtés de sable valent largement les folles arabesques en boutons des roseraies.

Nous avons également décidé de prendre d’assaut Downtown, qui est ma foi bien sympathique. Lors de mon dernier séjour, le Walt Dinsney Symphony Center dessiné par Frank Ghery venait d’ouvrir et c’était LA grande visite obligée. Cette fois-ci, nous avons passé sa fière allure pour nous perdre dans Little Japan. Un rêve de petite fille rempli de figurines Hello Kitty.

Question restaurants, LA n’a rien à envier à NYC. Les fruits et légumes sont frais. Heureusement, car mon ami est végétalien (Vegan). Nous avons donc essayé “Real food daily” sur La Cienega Bd (je me suis abstenue de manger et ai siroté du maté froid) et “M” Café (où j’ai juste regardé les couples d’amoureux manger des algues comme la Belle et le Clochard leurs spaghettis). Mon oncle nous a amené à un restaurant Français joli comme une brasserie de Deauville mais décevant : “Petit four”.
A Pasadena, nous sommes arrivés trop tard pour goûter les créations de l’école culinaire de Californie: 561. Mais le café érait encore ouvert, et en dégustant une salade fraîche et simple, j’ai pu suivre un cours donné par un chef asiatique à une horde de jeunes cuisiniers en toque. En fin d’après-midi, après avoir fait du shopping sur Robertson Bd, nous avons bu une coupe de fin d’aprem à l'”Ivy“, terrasse chic et camp, aux couleurs bariolées de l’idée qu’on peut se faire d’une terrasse méditerranéenne au bord du pacifique. Très agréable. Enfin, le soir, nous avons joué la carte du branché : côté Italien hier, avec Ago, où le vieux maître d’O faisait du charme, et français ce soir, avec le XIV de Philippe Starck et Michel Mina : ambiance kitsch-Coste, menu plus brossé que chez Coste, bon bourgogne blanc (il pouvait). Starck a caché ses lustres derrière le bar, et collé entre deux références au roi soleil des tableaux style Fernand léger, sur une moquette rouge, et le tout engoncé dans des rayonnages de bibliothèque. Joli bar et fumoir étrange au bord d’un boulevard qui paraît avoir la taille d’une autoroute pour le Français moyen.

Mais ce que j’ai vraiment vu – pour l’instant- à LA, c’est la scène gay de West-Hollywood. Hier soir, nous avons fait la tournée des bars, encore un peu vides vers 22h30. Fubar avait l’air cosi, mais sentait si mauvais qu’on imaginait bien 15 ans de coucheries en backroom, O-Bar était design, et comme j’étais la seule femme, ce fut un plaisir de NE PAS faire la queue aux toilettes, mais la population était assez âgée (quelle horreur! au-dessus de 30 ans!) et donc paraît-il assez peu attrayante. Ils avaient aussi un peu l’air d’avoir trop faim à mon goût. Hésitant entre une soirée orientale cucul et un thème strip tease chez Micky, nous avons choisi avec maladresse la deuxième option. Les danseurs portent des slips (!!!!???!!!), et la scène était encore plus vulgaire que la fameuse douche de “Rape” dans le Marais. Ce soir, j’ai trouvé la foule bigarrée et surtout latino de “Circus” très sympathique. La taille n’était pas la même : 2 étages, 4 scènes, dont une avec des shows oscillant entre le travelo à la Amoldovar et le mauvais pastiche de Justin Timberlake, une pop, une danse des années 90 et une salsa caliente. Et bonheur, même si les gens étaient dans l’ensemble violemment laids, il y avait d’autres filles dans le club, qui appréciaient tout autant que moi la libre danse, le salut du bouddha ventru à l’entrée et celui du gros hod-dog sur le stand de tacos dans la cour. Le petit plus : accueil raccord au son du titre éponyme du dernier album de Britney.

Demain devrait être enfin une journée de plage où je pourrai peaufiner un hâle déjà bien engagé au bord de la piscine.

“Poker Face” – Official Video – Lady GaGa