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Malade encore et encore

Mardi 30 décembre 2008

Depuis deux mois, tout se passe comme si mon corps avait décidé de se venger d’années et d’années à suivre mes envies comme s’il était jeune et qu’il allait suivre. Une fois par semaine, je me retrouvais coincée au lit pour un, deux, trois jours, incapable de bouger et sous perfusion d’antibiotiques. Dès que j’allais mieux, et comme je n’ai quand même que 26 ans, je tentais de rattraper ce que j’aurais du faire et la vie dont je m’étais coupée. Cette fois-ci, ce n’est pas de chez moi que je ne peux sortir mais carrément de mon lit. Me retourner est douloureux et l’acte de prendre un bain me fatigue tellement que je dors six heures après. Ma tête brûle et j’ai trop de mal à ouvrir les yeux pour lire, mes muscles tirent dans le cou, le dos et les fesses. L’autre soir avant de sombrer, j’ai même cru que ma peau était si sèche aux genoux que le simple fait de me baisser allait provoquer une percée déchirante des tibias. La première impression est assez violente : angoisse qui renforce la douleur physique, impuissance terrible à regarder son corps s’échapper et être incapable de le rassembler sous la direction de la volonté, peur d’avoir quelque chose de grave et surtout méfiance envers les médecins même si je ne les ai pas vraiment consultés. J’ai trop entendu le “c’est viral” du généraliste qui ne sait pas ce que vous avez, ou le “repose-toi” de mon père, excellent chirurgien et juste génial pour les gros pépins, mais moins excellent pour soigner ses proches dans les petites choses. Quant aux homéopathe, acuponcteurs et autres alternatifs, je ne sais pas si j’ai envie d’esssayer. Deuxième couche sous la douleur et la peur : l’ennui. Je n’arrive pas à lire, je m’endors devant les films, je me sens coupable de ne pouvoir travailler ma thèse, mon roman, rendre mes articles à l’heure. Surtout quand mes amis me demandent si je veux les rejoindre pour dîner ou faire une expo, à tel ou tel endroit que je connais si bien, je sais que j’en ai envie mais que mon corps ne suivra pas. Cela me rend encore plus malade de devoir dire non. Je me sens aussi coupable de ne pas être là, pour voir mes proches, pour montrer Paris à mon ami américain que j’ai du loger chez mon frère pour qu’il n’attrape pas ma pseudo-grippe. Mais il y a une troisième couche sous ces cendres de renoncement : mon corps a l’air parfaitement à l’aise, heureux d’être chouchouté à l’huile de sapin, n’avalant que jus de fruits et quinoa, interdisant bien sur toute cigarette, et ayant arrêté de s’évanouir de vomir et d’enfler à condition que je reste en repos dans ma chambre. Suivre sa volonté plutôt que la mienne est étrange; j’espère que cela ne durera pas trop longtemps et que je pourrai finir ma thèse en temps et en heure, mais cette mise en garde peut-être bénéfique. Vais je apprendre  la patience?