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Evidence

Mardi 13 décembre 2011

J’étais ce matin en salle des profs … (je consacrerai plus tard un billet à la salle des profs de sciences-po, parce que 1) bonne résolution 2012, je vais me remettre à écrire ici 2) C’est une scène de théâtre). N’arrivant toujours pas à avancer mon fameux “livre-issu-de-la-thèse-qui-serait-le-premier-et-peut-être-bien-le-dernier”, j’étudiais des vieux penseurs juifs-allemands et leur conception hantée du temps…

Quand, soudain, au milieu d’un essai sur Hans Jonas et Hannah Arendt, l’évidence m’est apparue : Arendt l’intuitive, n’a pas eu d’enfants (question de sous disait-elle). Ni Louise Weiss l’européenne, ni Edith Stein la sainte, ni Simone Weil l’engagée, et a priori pareil pour Rosa Luxemburg, le totem. Stupeur.

Parmi les autres grandes figures du 20 e siècle (20 e siècle!) qui m’ont construite Duras a eu un fils, de même que Julia Kristeva. Soulagement.

Brûlante pensée tout de même : si Dieu pardonne aux femmes leur imagination et leur érudition, les hommes (ou elles-mêmes? ) ne leur pardonnent pas de savoir penser.

Conclusion : constat d’incompatibilité entre philosophie et enfantement. Contre tout ce que Nancy Houston racontait dans son “Journal de la création”.  nudité triste d’une telle révélation qui me pendait au nez depuis environ 15 ans…

J’ai bientôt trente ans, je suis aussi née au 20 e siècle et il m’arrivait parfois de tenter de philosopher… Heureusement, c’est comme les malabars, le fanta et les hommes. J’ai arrêté.

Cinéma : Portés disparus

Mardi 11 août 2009

Avec « London River », Rachid Bouchareb (« Indigènes») s’intéresse à la petite histoire plutôt qu’à la grande. Réunissant à l’écran deux acteurs aussi divers et talentueux que l’anglaise Brenda Blethyn et le malien Sotigui Kouyaté, il signe un film poétique et prenant sur la tolérance. A voir d’urgence pour ceux qui ont raté la projection d’Arte, le 16 juin dernier.

Sortie le 23 septembre.

Elisabeth (Brenda Blethyn) est entrain de travailler la terre dans sa ferme de Guernesey quand elle apprend que les attentats du 7 juillet 2005 ont eu lieu, à Londres. Sans nouvelles de sa fille, étudiante dans la capitale britannique, elle décide de s’y rendre. Arrivée à l’appartement de celle-ci, elle découvre qu’elle vit dans un quartier musulman, et qu’elle a bien disparu. Dans sa quête angoissée, elle rencontre Ousmane (Sotigui Kouyaté, qui était déjà le personnage principal du film de Bouchareb, “Little Sénégal”), venu de France vérifier si son fils qu’il n’a pas vu depuis l’âge de six ans va bien. Or il s’avère que les deux enfants portés disparus vivaient ensemble et suivaient des cours d’Arabe… Les deux parents ont alors peur qu’ils n’aient fait partie des terroristes à l’origine des attentats…

Filmé en quinze jours, psychologiquement juste sur le désarroi de parents recherchant leurs enfants après un drame, et livrant au public un Londres multiculturel en état de choc, Rachid Bouchareb signe un petit bijou sur l’altérité et aussi sur la croyance.

Comme l’explique le réalisateur, la croyance « fait partie de l’identité » mais « ne définit pas » un individu. Reconnaissant l’importance de cette croyance en montrant les deux personnages du film entrain de prier chacun à leur manière et plaidant pour la tolérance en donnant la religion musulmane au policier en charge de l’enquête, Bouchareb nous apprend subtilement à ne pas mélanger islam et islamisme. Il suggère aussi que la spiritualité d’un chant de griot peut aussi consoler une vieille dame anglaise.

La rencontre du film est aussi celle des deux acteurs, la blanche et gironde Brenda Blethyn (« Secret and lies») qui baragouine le français avec charme et le sculptural Sotigui Kouyaté (Ours d’argent du meilleur acteur à Berlin) qui a la beauté résolue d’un arbre millénaire. Cette rencontre nous fait réaliser comme Elisabeth dans le film, que si beaucoup d’êtres humains nous sont étrangers, « finalement, nos vies ne sont pas si différentes ».


“London River”, de Rachid Bouchareb, avec Brenda Blethyn, Sotigui Kouyaté, Roschdy Zem, Samy Bouajila, 2009, 88 minutes.

LA, 2 e partie

Dimanche 31 mai 2009

Longues journées, où mes deux petits cousins nous épuisent de babillage et de foot le matin. J’ai bien essayé de travailler, mais c’est vraiment trop difficile…
Hier malgré le temps brumeux, direction la plage, en commençant par Santa Monica, l’élégant “Shutters on the beach”, jolie maison de bois blanche avec clim et feu de cheminée, leading hotel of the world, qui apporte un peu d’esprit “Biarritz” au bord du pacifique. Utilisant anneaux et agrès pour faire les animaux de cirque, nous avons digéré toujours en acrobates agiles, avant de nous rendre à Vanice beach. Si la promenade le long de la mer est pire que le pire cauchemard d’Eilat, elle contient quand même une mignonne librairie et dans une rue adjacente un café végétalien. Le sable est blanc et fin, la mer froide.

Un peu plus “dans les terres”, Abbot Kinney Bd, a un petit côté Williamsburg avec des habitants plus sympathiques. Deas anciens hippies devenus bobos, à grand coups de café presque new-yorkais, de magasins d’herbes médicinales et de boutiques ethniques et design. Achats obligés.
Hier avait lieu la “museum walk” à LA, où le LACMA (Los Angeles County Museum of Art) et les galeries des rues adjacentes ouvrent leurs portes et organisent des évènements. Je me suis toujours sentie bien au LACMA, qui a deux beaux Kirchner, une architecture intéressante, où les bâtiments coulissent par de sponts recouverts… de moquette (vive le beau temps de la californie), et où les expos plus contemporaines ont enfin un poil d’impertinence. J’ai un peu montré tout cela à mon ami, et en sortant nous sommes tombés sur un spectacle aussi beau que kitsch : la 1iere école de danse “Bollywood ” de Hollywood montrait ses membres, adultes et enfants, sur des sons très “slumdog millionaire”.
Après une douche, et une petite beauté, nous avons dîné dans un Nobu presque vide et toujours aussi délicieux, avant de finir comme chaque soir dans un club de West-Hollywood. Hier, il s ‘appelait en toute simplicité “here”; avec un bar dehors, de belles personnes homosexuelles des deux sexes, les inévitables go-go danseurs en slips rouge, et un DJ Drag queen assez féroce.
Je n’arrive pas à croire que j’arrive à écrire tranquillement au milieu de la cuisine ce matin, et combien les cris perçants de mes cousins sont lointains. Ils vont me manquer. Reste à rendre la voiture à à rentrer à Manhattan.