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Anniversaire

Vendredi 1 janvier 2010

Voilà, femme de cendres a désormais un an sous son élégante forme wordpress telle que les frères me l’on offerte comme compagnon de solitude à New-York. Il s’est passé beaucoup de choses en un an et pourtant peu. Je suis de retour au bercail, les rues et les bars sont plus familiers, presque banals, et je me trouve nettement moins seule que dans le froid et fascinant New-York  Ce qui fait que je détaille beaucoup moins ma vie depuis quelques mois. Ce n’est pas plus mal peut-être… Mais je dois dire que quand Manhattan me manque, il est bien agréable de relire le menu de mes jours américains passés.

A côté Paris et ses cercles se recoupant au café de Flore semble petit, voire étriqué, même si parfois confortable.

Quelques résolutions pour 2010 :

- Ne plus répandre de cendres ni de vodka sur mon ordi (en cours de succès)

- Apprendre à dire aux gens  : “Go  fast to bois” (copyright mes frères = non, va te faire ***).

- Et toujours l’éternel rester en repos dans une chambre

… j’ai ébauché une tentative sur … la plage….la semaine dernière en Guadeloupe. Première vacances d’hiver au soleil; première fois depuis longtemps que je suis restée 7 jours SANS RIEN FAIRE (quelques lectures pour la rentrée de janvier quand même…). Il y a eu des moments difficiles, voire des accès de paniques à force de réfléchir sur place et sans courir, mais je l’ai fait. J’ai bronzé, j’ai nagé, j’ai dormi (oh oui), eu envie d’un enfant, de solitude, parlé  mon frère, mangé des bananes, et je ne me suis pas connectée à Internet.

De retour depuis ce matin, j’ai même passé un 31 très calme, beaucoup plus calme que celui de 2009 où, malade comme un chien, et surexposée en robe fourreau, je co-organisais, la fête avant de partir le matin du 1ier à 7h pour Lisbonne. Ce soir très bon dîner à 7 plats avec mes deux meilleurs amis et certains de leurs potes et retour 2h maison en taxi. Voilà je suis sage, et je vous préviens, ça va être mortellement ennuyeux, alors autant s’en tenir à mes articles culturels…

Happy New Year!

A perfect day

Vendredi 20 février 2009

La journée a commencé un peu tôt, B. mon ami de Genève venu m’apporter sa joie de vivre et ses grandes idées étant encore à l’heure européenne. Donc petit déjeuner dans central park, puis ballade dans le east side. Et long moment de solitude choisie à voir le très beau film de Wajda sur le massacre de Katyn. Image impeccables, acteur superbes, musique de Penderecki, usage classieux des image sd’rachives (surtout celles comparées des propagandes nazies et russes), et vieux truc du carnet intime- flash back pour nous balancer les images affreuses à la fin du scenario. On ne s’attache pas vraiment aux personnages trop nombreux et aux psychologies trop peu creusées, mais le nationalisme polonais encore et toujours rugissant vient embaumer le coeur comme un chant un peu trop fort. Bon je fais ma fière mais
1) j’avais faim et honte de manger ma salade de pousses d’épinards devant le film
2) je me suis allongée de tout mon long sur le sol et mis les mains devant les yeux pour tenir le choc
3) je suis sortie en hésitant à perdre toute foi ou à juste remercier le seigneur que personne ne tire de balles dans la nuque de personne sur le 7 e avenue un 19 février 2009 à 15h30
La journée a été parsamée d’appels de france et de voix amies, presque aussi proche que si j’étais chez moi.
Puis inévitablement gym, yoga et intérêt pour la prof qui est african-american et suit un cours de judaisme pour se rapprocher de la famille de son fiancé. je lui ai dit qu’elle devrait quand même l’emmener à l’Eglise. Oui, en fait, un petit quart d’heure au val de grâce c’est ce qui m’a manqué aujourd’hui pour que la journée soit parfaite.
Long sauna, Re-salade sur un banc -quinoa et algues-, et puis j’ai rejoint R. et sakyrielle de soeurs pour le concert de Anthony and the Johnsons au Town Hall. Malgré la très mauvaise sonorisation et les minauderies en interludes de l’otarie anthony, c’est incontestablement très bon. Sweet and sour, et une berceuse lointaine.
Tout a fini dans un restaurant thai ou je me suis contentée de boire un verre de vin de prune et de caqueter entre filles.
J’ai quand même lu un petit voegelin dans les transports : les affaires reprennent.

Growing old

Jeudi 19 février 2009

Alors que dans cinq minutes en France je passe la ligne ténue des 27 ans, je profite d’un autre moment de calme pour écrire quelques lignes avant l’arrivée en fanfare (et avec valises) d’un ami de Genève.
Tout mon malheur vient apparemment que je ne sais pas rester en repos dans une chambre, et les quatre livres lus, deux films ingurgités et nombreuses lettres écrites ces dernières 48h ne me consolent pas de ma paralysie. Pour la première fois de ma vie : les affres de la page blanche. Pourtant écrire est ce que je préfère faire, et mes convertis sont depuis 5 ans des personnages centraux de ma vie. Ecrire sur les convertis devrait donc être un feu d’artifice plus solaire que scolaire. J’ai cependant énormément de mal à m’y mettre. J’ai donc des envies de femme enceinte et qui n’arrive pas à accoucher : écouter le Winterreise de Schubert, vider les pots de Hareng, prendre de longs bais brûlants, rester nue toute la journée, voyager, et fumer cigarette sur cigarette en lisant de bons romans. Mais la plus grande tentation serait de rentrer directement à Paris pour fêter mon grand âge avec ceux qui m’aiment. Jamais depuis huit mois ils ne m’ont autant manqué. Je lève donc mon coca light à Paris et ses jolis pavés, où les tentations sont encadrées par mes devoirs filiaux et amicaux, et où je ne me sens pas nulle d’avoir une culture si française. Où les discussions s’éternisent avec alcool et Barenboim, et où coucher n’est pas vraiment jouer. Lehaim, aussi desordonnée et désorientée soit-elle, cette vie entre deux continents.