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Livre : Richard Andrieux, L’homme sans lumière

Dimanche 4 janvier 2009

Après le succès de « José » prix du premier roman de la forêt des livres et qui sort en poche chez Pocket, l’écrivain Richard Andrieux revient avec « L’homme sans lumière », la correspondance d’un homme médiocre, seul et vieillissant. Le roman est disponible le 8 janvier aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Depuis que sa dernière petite amie l’a quitté, Gilbert Pastois est très seul dans son appartement de banlieue. A la retraite, il occupe ses journées à fumer, à boire et à suivre un homme qui lui semble aussi seul que lui et qu’il érige en « ami » et en destinataire d’une longue correspondance où il décrit le vide de sa vie. Car, bien que médiocre, Gilbert Pastois a l malheur d’avoir l’intelligence de se rendre compte de sa condition. Il souffre de sa solitude, et d’un manque d’horizon et d’espoir suffocant. La douleur psychologique est telle qu’il s’enfonce dans un cycle de prise de médicaments qui l’entraîne aux bords de la folie.

Quelque chose résonne fort dans la mélancolie aigue du monsieur tout le monde inventé par Richard Andrieux. Immergé dans la plus grande des résignations, l’ « homme sans lumière » se retrouve sans désir, et même sans besoin (il ne mange presque plus, bois pour oublier et a mis un mouchoir sur toute séduction). Si ce n’est peut-être, celui, radical de quitter sa vie en entier, comme on se déferait d’une peau après une mue magique. Mais « l’homme sans lumière » n’est pas un conte de fée et l’on plonge dans la folie glauque, d’un verre de terre qui n’aurait pas même trouvé d’étoile à aimer.

Richard Andrieux, « L’homme sans lumière », Eho, 16 euros.

« Parfois je me dis que j’aurais dû écrire un roman, le roman de ma vie que j’ai ratée de bout en bout. En couchant sur des pages tout ce qu’il ne faut pas faire et que j’ai fait, j’aurais peut-être laissé une toute petite trace de mon passage sur terre, aussi insignifiant qu’il puisse être … […] ce roman, je l’aurais appelé L’Homme sans lumière. J’aurais raconté l’histoire d’un petit homme qui a toujours eu peur et n’a jamais su briller. Oui, cet homme qui toute sa vie a cherché une étoile sans jamais la trouver, et a fini par se noyer dans un océan de pénombre au milieu des tempêtes, c’est moi » p. 107

Yaël Hirsch