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	<title>Journal d'une femme de Cendres</title>
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	<pubDate>Fri, 20 Aug 2010 21:37:44 +0000</pubDate>
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		<title>Nomadismes (suite)</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Aug 2010 14:38:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal]]></category>

		<category><![CDATA[Ashkélon]]></category>

		<category><![CDATA[Hadara Levin rredy]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme toujours, la fin du voyage est bien plus trépidante que la semaine langoureuse de mon arrivée. Bien sûr, le rythme n’a rien à voir avec celui de ma vie parisienne à triple emploi et dont la reprise m’effraie, mais une sois mes repères fixés à Tlv je me suis quand même bien baladée ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Comme toujours, la fin du voyage est bien plus trépidante que la semaine langoureuse de mon arrivée. Bien sûr, le rythme n’a rien à voir avec celui de ma vie parisienne à triple emploi et dont la reprise m’effraie, mais une sois mes repères fixés à Tlv je me suis quand même bien baladée ces deux derniers jours. Avant-hier soir, un ami argentin chef à ses heures perdues de designer a balayé mon blues à grands renfort d’aubergines grillées, et de mets délicieux aux épices les plus folles. Rien que le dessert était un poème : figues revenues à l’huile, au miel, à l’anis, avec glace vanille. Nous avons écouté des litres de tango pour digérer&#8230;Hier, départ vers 10h en Shirout pour Hashkélon, au Sud, où j’ai rejoint ma soeurette E. dans un paysage de desert et de mer, au milieu de nulle part, devant une marina qui effaçait à peine l’effet Robinson. On ne devinerait pas que la ville est à quelques km de Sdérot et que des missiles lancés de Gaza y tombent régulièrement. Après un déjeuner délicieux (fin définitive du régime lié à la chaleur) dans un ancien Kibboutz qui porte le nom d’une épice (Sumac) et du vin du Golan, nous avons été conduites en face de Gaza et briefée sur la situation pour un cicérone ‘neutre’ qui s’y rend au moins deux fois par semaines. Instructif. Juste le temps de sauter à nouveau dans le shirout où mon voisin d’origine indienne me donnait des coups de coudes pour continuer une conversation-fleuve &#8230; en Hébreu et m’empêcher de dormir. Je dors de moins en moins, 3-4 heures par nuit, la routine habituelle, en fait. Bref il voulait que je fasse encore un bout de chemin avec lui, et j’ai compris qu’en l’absence de femme officielle, ce voyage était son trajet hebdomadaire pour le bordel. Pas le temps de me changer pour retrouver mon élégant cousin à l’Hôtel Montefiore, tenu par le couple qui connaît également le succès avec l’excellent restaurant français La Brasserie. Ambiance Boutique, mi-néo-colonial, mi-Mercer de Soho, délicieux Bloody Mary et intense conversation avant que ma chère Y. dont c’était le dernier soir nous rejoigne, toute pimpante. je voulais aller voir le concert de Hadara Levin Arredy mais après prise d’info, celui-ci annoncé pour 21h30 n’avait lieu qu’à 23h00, nous avons donc eu le temps de manger le meilleur sandwich au Corned Beef de la ville au n° 58 de la rue Yehuda Ha’Levi. Finalement arrivée un peu pompettes au concert, nous avons été frappées au coeur par la grâce : voix rocailleuses, textes forts en anglais, et en hébreu, délicieusement imparfaite, son piano planté entre deux serveurs allant chercher bouteilles de vin et addition, la grande et maigre chanteuse était à chaque morceau à la hauteur de la chanson qui m’avait interpellée dans le film «I Shot my love» : «Going Home». Du underground avec âme et beauté, comme je l’aime. Y. aussi s’est assise par terre, et quoiqu’un peu choquée par les couples de lesbiennes s’embrassant entre deux claps de leurs mains au rythme de la musique, s’est laissée porter par cette mélancolie essentielle.</p>
<p style="text-align: justify;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/9-5oRt_Azvo?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/9-5oRt_Azvo?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/BGmkY3vUKcQ?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/BGmkY3vUKcQ?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Après un Jeroboam d’eau, direction rue Lilienblum, non pas au Nanotchka, mais au bar d’enface, extérieur, lounge, blanc, et bien gardé. Discussion intéressante avec deux amis français dont un a fait son alliah, et puis quitte à attendre le départ pour l’aéroport de Y. jusqu’à 4 heures du matin, nous serions bien allées danser au galina encore une fois, mais la fatigue a gagné, et nous sommes rentrées discuter à la maison en luttant contre le marchand de sable. Je me suis effondrée jusqu’à 9h30 du matin pour reprendre un Shirout vers Jérusalem où je n’avais pas eu le temps de voir ma famille lundi. Habitant dans le joli quartier de katamon, Y. m’a raconté de jolies anecdotes sur mon père, son cousin et lui nageant dans la Garonne quand ils avaient 12 ans et A. avait réussi à préparer le meilleur repas, aloors ue le frigo était en panne. Retrouvailles avec E. et un de ses amis à la cinémathèque, où nous n’avons pas pu bouger du bar climatisé tellement le soleil tapait sec dehors. Petit tour de moto jusque chez l’ami de E. toujours dans le quartier de katamon, et soirée de discussion à coeur ouverte avec un quatrième ami brillant et un peu plus religieux, entrain de finir sa thèse et que je connaissais d’une conférence donnée ensemble à la Sorbonne. Vers 22H, il était temps de rentrer - pour travailler un peu, la boîte à sorties émerge doucement de son sommeil estival- mais à défaut de connexion Internet, j’ai écrit un peu, préparé un CD pour mon ami israélien G, et là je dois filer sous la douche pour un dernier verre, comme dans la chanson de Biolay passée en boucle ces vacances «Ton héritage».</p>
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		<title>La caverne</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Aug 2010 14:32:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poème]]></category>

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		<description><![CDATA[Coagulée en éventails placides
La honte se réveille par les yeux
Des semaines de sagesse aride
Silonnent l’amer, en grands jets bleus
Je frappe consciencieusement sur la coquille
Perce le nacre frais du poul douloureux
Les chaînes ont un goût de vanille
Je les prend trop au sérieux.
L’apitoiement, les fausses béquilles, le silencieux
- Un rien m’habille-
Avec mon corps trop grand pour deux.
Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Coagulée en éventails placides<br />
La honte se réveille par les yeux<br />
Des semaines de sagesse aride<br />
Silonnent l’amer, en grands jets bleus</p>
<p>Je frappe consciencieusement sur la coquille<br />
Perce le nacre frais du poul douloureux<br />
Les chaînes ont un goût de vanille<br />
Je les prend trop au sérieux.<br />
L’apitoiement, les fausses béquilles, le silencieux<br />
- Un rien m’habille-<br />
Avec mon corps trop grand pour deux.</p>
<p>Je frappe, m’étale le long d’un trottoir dentiste<br />
Où le lait irrigue des fragments câgneux<br />
Où le pain sale étend ses entrailles racistes<br />
En grands perchoirs et boucliers laborieux.<br />
L’artiste flanche avec la femme<br />
Mime l’éveil sur la piste<br />
Mais tout dort, ancêtral<br />
Aux thèmes cannibales de l’adieu.</p>
<p>Ressasser fait si mal, et je frappe un fantôme aux cils très vieux<br />
La mémoire triste est un marais d’offenses toujours trop pâles<br />
Petits dénigrements et grands contentieux<br />
La mémoire gaie est encore plus brutale<br />
Moyens moments volés et vin précieux<br />
La mémoire vive, mauve, infernale<br />
Roule sa nostalgie en morceaux vicieux&#8230;</p>
<p>Je frappe mon ombre de carnaval<br />
Sans repères, ongles noirs, et vase aux yeux,<br />
Je veille une ombre médiévale<br />
Qui n’en finit pas de fêter le sourcilleux.</p>
<p>Le doute éplore les entailles<br />
De la méfiance envers son voeu<br />
Toujours, la plaie se dépenaille<br />
Au reflet des miracles infructeux</p>
<p>La honte se réveille par les yeux<br />
Elle évide tous les sérails<br />
Ses bras d’épouvantail<br />
Etranglent le miraculeux.</p>
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		<title>Jerusalem</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Aug 2010 08:43:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal]]></category>

		<category><![CDATA[Chicago]]></category>

		<category><![CDATA[Florentin]]></category>

		<category><![CDATA[Hebrew University]]></category>

		<category><![CDATA[Jerusalem]]></category>

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		<description><![CDATA[Après une folle nuit de danse au &#8220;Galina&#8221;, où j&#8217;ai retrouvé mes 17 ans à transpirer sur de très mauvaises musiques dans l&#8217;air du temps, sur le port et un retour surexcité dans les rues de Tel-Aviv, le réveil a été difficile hier matin pour mon petite voyage à Jérusalem.  Et malgré le temps que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Après une folle nuit de danse au &#8220;Galina&#8221;, où j&#8217;ai retrouvé mes 17 ans à transpirer sur de très mauvaises musiques dans l&#8217;air du temps, sur le port et un retour surexcité dans les rues de Tel-Aviv, le réveil a été difficile hier matin pour mon petite voyage à Jérusalem.  Et malgré le temps que j&#8217;ai pu y passer (1 mois et demie l&#8217;été d&#8217;après le bac, tout de même), les 7 collines de cette ville continent à me perdre. Mais à grands renforts de demande de renseignements, de bus et de taxis, j&#8217;ai fini par trouver la Bibliothèque Nationale sur le campus de la Hebrew University à Givat Ram pour rencontrer un professeur dont le cours - suivi à Chicago, il y a huit ans- a vraiment changé ma vie. Non seulement parce que j&#8217;y ai rencontré mon premier amour, trouvé les prémisses de mon sujet de thèse et connu une amie fantastique, mais aussi parce que pour la première fois de ma vie, je n&#8217;avais plus en face de moi &#8220;qu&#8217;un&#8221; professeur, mais un &#8220;Mensch&#8221;. Toujours aussi brillant, plein d&#8217;attention et généreux, il n&#8217;avait pas changé, dans les jardins fleurissants de Givat ram, me montrant les collections de livres de Gerschom Scholem conservés à la Bibliothèque, aussi bien que les arbres plantés aux alentours, me posant mille questions sur mon travail, ma famille, me présentant un délicieux politiste et s&#8217;émerveillant des jeunes karatékas venus se disputer le titre du mondial de leur discipline dans le gymnase de la Hebrew U. Remise avec soin dans un taxi, après un délicieux gaspacho à l&#8217;israélienne, je suis partie pour le quartier de l&#8217;ONU y rencontrer l&#8217;amie dune amie, palestinienne, travaillant à la com de la grande maison. Il était déjà 18h quand je suis arrivée aux portes de la vieille ville, par le côté du souk arabes, aux marchands harassés de jeune et de chaleur. Après la joie de retrouver ce site irradiant, toujours la même impression  contrastée de beauté impériale et de tension maladive.  Autant je suis &#8220;chez moi&#8221; à Tel-Aviv, autant Jérusalem me laisse hors de moi, flottant au dessus de mon propre corps pour mieux percevoir les humeurs, les croyances, et les doutes; et l&#8217;atmosphère mystique m&#8217;empêche de dormir la nuit, si  bien qu&#8217;au bout de trois jours, je suis un Zombie. A 18h30, ayant salué en reculant avec respect le Kotel cogné de soleil et toujours aussi bruissant de juifs du monde entier, j&#8217;avais plus ou moins dépassé les limites de la fatigue, qu&#8217;une petite marche d&#8217;une heure dans le souk et vers la rue Ben Yehuda, m&#8217;ont  finalement fait oublier. Frozen Yoghurt, lèche-vitrine et papotage dans le shirout du retour, Y. flamboyante en orange fleuri, et moi-même, dans ma seule robe décente, n&#8217;avons pas eu le temps de nous doucher avant de filer à Florentin,  le marais de Tel-Aviv, pour une soirée sur le toit d&#8217;un appartement magnifique. Et avec une foule d&#8217;amis brillants, engagés, et généreux. Probablement une des plus jolies soirées ici, où tout jusqu&#8217;à la vaisselle ensemble m&#8217;a rappelé &#8230; ma vie  et mes amis à Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">Un peu déconnectée des médias, je viens d&#8217;apprendre la mort de Tony Judt. Tristesse, peut-être pas à cause de l&#8217;intérêt intellectuel que je porte à l&#8217;écrivain. <a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/08/09/pour-saluer-tony-judt/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/outbound/article/passouline.blog.lemonde.fr');">L&#8217;article de Pierre Assouline</a> sur son blog est, comme bien souvent, un modèle du genre.</p>
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		<title>Lézardages entre la mer morte et les plages de Tel-Aviv</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Aug 2010 23:48:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal]]></category>

		<category><![CDATA[mer morte]]></category>

		<category><![CDATA[Tel Aviv]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;étais prévenue : il fait vraiment une chaleur humide et suffocante à Tel-Aviv en aout. J&#8217;étais prete à faire face. Mais lors de ma première semaine seule ici, je marchais, allais au cinéma etc.. et n&#8217;étais jamais allée à la plage avant 16h. Chose faite, avec regret avant-hier. A une heure pile, sous le soleil [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;étais prévenue : il fait vraiment une chaleur humide et suffocante à Tel-Aviv en aout. J&#8217;étais prete à faire face. Mais lors de ma première semaine seule ici, je marchais, allais au cinéma etc.. et n&#8217;étais jamais allée à la plage avant 16h. Chose faite, avec regret avant-hier. A une heure pile, sous le soleil exactement, à peine protégée par un petit parasol glissé dans le bras de mon transat de la plage du Hilton, je me suis vraiment sentie plus mal que dans un sauna : zéro vent, impossible de respirer, et encore moins de lire ou de penser. En voulant m&#8217;éclipser et retourner dans mon cher lit, je me suis&#8230; brûlée les pieds. Mais vaillante, dès le lendemain, même s&#8217;il y fait encore plus chaud que TLV, j&#8217;ai décidé de suivre un ami de mon cousin dans son trip &#8220;bien-être éclair&#8221; à la mer morte. Rendez-vous à 7h du matin, je suis quand même passée au Souk avant voir mon ami Adel, et acheter du pain frais au stand voisin. A grand renfort de musique lounge et sans âme (la compil du Bouddha Bar 23), nous avons mis deux heures à arriver à un charmant hôtel où nous avons fait villégiatire pour la journée. Tout y était : la plage ocre, l&#8217;eau solide de sel à 60 °, les matelas, les parasols, la cafétaria et le centre de soins où j&#8217;ai eu un massage et un enveloppement de boue. Très agréable, j&#8217;ai beaucoup dormi, barboté dans le sel huileux assez magique, eu chaud, mais pas trop, et me suis laissée chouchouter par une masseuse russe comme dans les livres. Très attentif et prévenant, mon compagnon me tendait une bouteille de coca, d&#8217;eau ou un magnum quand je sortais d&#8217;une de mes multiples siestes. Mais ets demeurer plus que laconique pendant les 13 heures du voyages. A mes questions, il répondait par un mot final et laconique, et ne posait aucune question, si bien que je suis vraiment devenue cruche : silencieuse et souriante la plupart du temps et faisant des remarques enjouées et stupides de temps en temps pour parsemer de fleurs l&#8217;ambiance pénitencier soviétique. Le mur de silence m&#8217; a tellement pesé que, lorsqu&#8217;il est parti plus tôt pour son massage, j&#8217;ai alpagué un pauvre touriste allemand et parlé avec lui dans sa langue des banques de Düsseldorf! Tout ceci n&#8217;a pas empêché mon compagnon de se montrer un adorable chauffeur, faisant demi-tour pour venir à la rescousse d&#8217;un étudiant perdu sous le soleil de Ein Gedi, et de me ramener chez moi. Et la journée de peu de mots fût finalement assez agréable, et qui plus est un bon aperçu de ce que serait la vie avce un mari à qui je n&#8217;aurais rien à dire. Bonne leçon. C&#8217;est toute salée que j&#8217;ai emporté la bouteille de vin achetée au souk pour filer dans la banlieue de Givataim diner pour shabbat chez Amos, un formidable ancien enfant caché que j&#8217;ai interviewé il y a 5 ans, et qui est également un photographe de génie. Voir sa grande famille de 4 enfants et 5 petits enfants présents (sur 9 ) m&#8217;a ravie, j&#8217;ai communiqué mi en anglais, quart en hébreu et quart en français avec tout le monde et Amos m&#8217;a ensuite ramenée en voiture vers mon QG de Rerov Lapin. Aujourd&#8217;hui, journée molle, petit dej/brunch classique chez Benedikt, j&#8217;ai tenté de repousser la journée de plage par une habile marche rue shenkin, puis par un verre et jeu de cartes &#8220;comme nos grands parents&#8221;, avant de finalement profiter de l&#8217;heure divine sur la plage du Hilton. Ce soir, sortie franco-française dans l&#8217;air&#8230; mais tout ça s&#8217;organise et finalement apprendre à ne rien faire est un travail à temps plein!</p>
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		<title>Gay Tel Aviv (la tirade de la fille)</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 08:47:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[gay]]></category>

		<category><![CDATA[Tel Aviv]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai entendu assez de Lady Gaga pour les trois prochaines années de ma vie, ces trois derniers jours. Dans la voiture, dans les clubs, à la gym, et bien évidemment également toutes les sonneries de portables des amis de mes amis entonnent &#8220;Alejandro&#8221; ou &#8220;Just danse&#8221;. L&#8217;autre icône gay est Beth Ditto, mais seule Lady [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai entendu assez de Lady Gaga pour les trois prochaines années de ma vie, ces trois derniers jours. Dans la voiture, dans les clubs, à la gym, et bien évidemment également toutes les sonneries de portables des amis de mes amis entonnent &#8220;Alejandro&#8221; ou &#8220;Just danse&#8221;. L&#8217;autre icône gay est Beth Ditto, mais seule Lady Gaga alimente des conversations passionnée où l&#8217;on dirait que chacun parle du poète de ses premiers émois adolescents. Je suis donc devenue une grande adepte du Tel Aviv Gay  : les plages (Hilton), les brunchs (Neve Tsedek), même certains aspects politiques, par l&#8217;ami d&#8217;un ami, et bien sûr les clubs. J&#8217;aime beaucoup l&#8217;ambiance de ces clubs, ici, mi-rétro, mi-ici et maintenant, ouverts à tous (je ne me sens pas coupable d&#8217;être une femme, comme à NYC par exemple), et où je peux librement parler à tous et les ramener vers mes amis - quand ils trouvent le nouveau venu assez mignon. J&#8217;ai même traîné un de mes amis plutôt religieux et très hétérosexuel à rejoindre la joyeuse troupe au &#8220;Lima Lima&#8221;, joli club bondé de la rue Lilienblum (à deux pas de l&#8217;ancien bar georgien Nanotchka, où je dansais sur les tables il y a 5 ans, et qui est malheureusement devenu un lounge comme les autres). Nous nous sommes perchés sur des tables en hauteur dans la cour fumeurs de la discothèque pour observer. Avec une bienveillance toute extérieure. Avant-hier, nous avons enchaîné sur &#8220;Evita&#8221; où de plantureux travestis donnaient un show sous le portrait de Mme Peron, avant d&#8217;enchainer sur &#8220;Vice&#8221; en face de la tour de la paix, qui a le même bar central et carré que tous les bars sympas ici et  une cour remplie elle aussi de beaux éphèbes. Le tour ne serait pas complet, si je ne mentionnais pas les brunchs à 15H - notamment au port de Tel Aviv-où les langues se délient, et le shopping assez délirant, surtout quand l&#8217;un des membres du groupe s&#8217;occupe lui-même d&#8217;importer des pantalons vert fluo et bleu pétrole griffés par des designers scandinaves. Je sens que cette partie disco-flash du voyage s&#8217;arrête aujourd&#8217;hui et qu&#8217;elle va un peu me manquer&#8230;</p>
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		<title>Reprise israélienne</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Aug 2010 18:44:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Tel Aviv]]></category>

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		<description><![CDATA[Le journal de la femme de cendres a un peu été laissé en friche ces dernières semaines. Pas le temps, et surtout pas le cœur à écrire, et pas même envie d&#8217;insérer mes articles de la boite à sorties. Enfin seule (avec un ou deux cafards et quelques moustiques, ces derniers magiquement tenus loin de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le journal de la femme de cendres a un peu été laissé en friche ces dernières semaines. Pas le temps, et surtout pas le cœur à écrire, et pas même envie d&#8217;insérer mes articles de la boite à sorties. Enfin seule (avec un ou deux cafards et quelques moustiques, ces derniers magiquement tenus loin de ma peau bronzée par un bracelet rouge à plaquette de citronnelle horriblement efficace), je reprends peu à peu le fil des pattes de mouches dans mon adorable studio de la rue Lapin (hop! hop!) à Tel-Aviv. Après quelques jours à Saint-Tropez très actifs dans l&#8217;oisiveté (organiser trois merveilleux amis américains est un temps plein, malgré le programme léger des journées), et une arrivée au poil (plutôt à poil : ma valise avait disparu dans la bagarre, quelque part entre Rome et Tel-Aviv), je peux enfin fêter mes premières vraies longues et prometteuses vacances depuis 6 ans : pas de thèse sur les bras et décision irrévocable de louer la boîte à sorties à mes chères lieutenants. J&#8217;ai commencé hier soir, dans mes simples atours de voyage (la situation valise était encore en suspens) par un bar hopping de tous les diables, avec deux des trois américains tropéziens (notez par ailleurs qu&#8217;en n&#8217;écrivant pas à Saint-Tropez je vous ai évité la description annuelle du bling bling des plages à musique et prix forts et des boîtes locales). Munie d&#8217;une carte sim israélienne, je note consciencieusement sur mon &#8220;Foursquare&#8221; de geekette tous les restaurants et bars que nous essayons, déchiffrant pour cela l&#8217;hébreu des titres, ce qui n&#8217;est pas plus mal puisque je suis un peu venue ici pour progresser dans cette langue. J&#8217;ai enquillé une ballade solitaire le long de Schenkin, à faire du lèche-vitrine, une fois les magasins fermés, un peu de caviar d&#8217;aubergine et de viande fumée chez l&#8217;ami israélien où vivent mes deux amis new-yorkais, quelques bars pas assez veggan-friendly, un stop pour manger quelques tapas cacher dans le joli &#8220;Tapas 1&#8243;, et une soirée classique sur un toit local (le sublet, face à la mer). pas de grande activité le dimanche soir, qui est le premier jour de la semaine ici, mais assez cependant pour rencontrer un charmant jeune avocat avec qui je dois aller à la plage demain. Et de finir chez moi épuisée à 3 heures du matin à force de me perdre dans les rues. En termes de plage, pas grand chose, pour l&#8217;instant, mais j&#8217;ai eu l&#8217;impression de boire trop de soleil dans le Sud de la France. Devenue noire, j&#8217;ai donc décidé de réserver la pause plage à l&#8217;heure du coucher de soleil, joli cadeau à moi-même parfaitement réalisable parce que je réside exactement à 5 minutes à pied de la mer. Avant cela, la bonne surprise de la valise revenue comme par miracle, cours de gym en hébreu (hilarant!) dans la tour du Dizengoff center, brunch pas terrible rue George V, virée au Musée de Tel-Aviv - nous sommes restés à la porte (il ferme à 16h, eh oui, il y a pire que la France pour les horaires des musées), et petit tour le nez au vent dans le nouveau port dont les habitants de cette ville sont si fiers. Tel-Aviv m&#8217;énergise et tout m&#8217;émerveille, j&#8217;espère que le charme durera ces trois semaine de liberté formidable.</p>
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		<title>Heiner Müller : la foudroyante absence du père au Théâtre de l&#8217;Athénée</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 21:18:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Dans le cadre du Festival Agora de l&#8217;Ircam, le théâtre de l&#8217;Athénée propose trois représentations exceptionnelles d&#8217;une pièce autobiographique et courte de Heiner Müller. Sur une musique du compositeur suisse Michael Jarrell, les percussions de Strasbourg ponctuent les bribes d&#8217;une non-relation terrifiante.
&#8220;Le mieux, c&#8217;est un père mort-né. toujours repousse l&#8217;herbe par-dessus la frontière. L&#8217;herbe doit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre du Festival Agora de l&#8217;Ircam, le théâtre de l&#8217;Athénée propose trois représentations exceptionnelles d&#8217;une pièce autobiographique et courte de Heiner Müller. Sur une musique du compositeur suisse Michael Jarrell, les percussions de Strasbourg ponctuent les bribes d&#8217;une non-relation terrifiante.</p>
<p>&#8220;Le mieux, c&#8217;est un père mort-né. toujours repousse l&#8217;herbe par-dessus la frontière. L&#8217;herbe doit être arrachée de nouveau et de nouveau qui pousse par-dessus la frontière.&#8221;</p>
<p>Tout commence par une syncope de percussions assourdissante. La confession du dramaturge allemand Heiner Müller ne peut être entendue. Pour son père, il n&#8217;a qu&#8217;un amour négatif - comme une version humaine de la théologie négative. C&#8217;est par bribes, par &#8220;ruines&#8221;, non pas au sens de Walter Benjamin mais bien au sens de celles de Berlin à l&#8217;année zéro, que l&#8217;intime de cette relation se dévoile. Müller s&#8217;exprime par découpes de souvenirs calmes et froids mais qui laissent supposer une relation terrifiante. Une père aussi dévorateur que celui de Kafka mais d&#8217;une toute autre manière. Un père envoyé au camp par les nazis car cadre du parti socialiste, mais un père qui apprend à son très jeune fils à baisser la tête pour ne pas se mettre en danger. Un père qui reprend tranquillement sa position politique de gauche après la guerre, avec un éclat usurpé qui asphyxie le fils. Un père que le fils voit dépérir à l&#8217;hôpital sans rien ressentir. Un père mort-né, une mère baleine bleue, et un fils quasiment incapable de dire &#8220;Je&#8221;.</p>
<p>Interprété par l&#8217;immense Gilles Privat, le fils a le flegme douloureux : une apathie de mort-vivant, digne fils de son père. Il évolue dans la sublime mise en scène de d&#8217;André Wims. Un décor tout en verticalité où les rayons du soleil gèlent et semblent se noyer dans la terre meuble et salissante. A ses côtés, dans cette froideur monumentale à la Anselm Kiefer, des fantômes se meuvent en silence. L&#8217;enfant qui n&#8217;est plus, un gigantesque ours impuissant, une danseuse-pantin qui vieillit et une femme d&#8217;un jour des années 1960, totalement intechangeable. Dans le fond, les percussions de Strasbourg et la musique électronique de Michael Jarell se dissimulent comme dans une fosse. Ils expriment la violence des non-dits du texte, laissant à peine la confession des ruines filtrer. Les trois seuls caractères colorés sont les chanteuses, habillées en flapper jaune poussin avec un bonnet marin tout brechtien. Mais le timbre clair de leur voix vient répeter pour les déformer les propos du fils. Comme des moires vengeuses ou un tribunal d&#8217;Erynies. Mais l&#8217;Oreste héros de la pièce de Müller n&#8217;est pas parricide - encore moins matricide. Le sang et la terre sur ses mains, c&#8217;est l&#8217;absence de passion; une indifférence mortifère et sublime qui touchera même ceux et celles qui peuvent rester un peu rétifs aux flux bruyants et aux chuchotements perçants de la musique de Jarrell.</p>
<p>&#8220;Le Père&#8221;, d&#8217;Heiner Müller, musique : Michael Jarrel, intérprétation : Les percussions de strasbourg, chanteuses : Suzanne Leitz-Lorey, Truike van der Poel et Raminta Babickalte, musique éléctronique : IRCAM, mise en scène André Wilms, avec Gilles Privat, Théâtre de l&#8217;Athénée, 7 rue Boudreau, Paris 9e, m° Opéra, RER Auber, les 17, 18, 19 juin 2010, 20h, 13 à 30 euros (tarif jeune -30 ans à partir de 6,50 euros).</p>
<p>Photos : Monika Rittershaus</p>
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		<title>Accueil chaleureux pour Alina Orlova et son piano à l&#8217;Européen</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jun 2010 11:07:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Lundi  7 juin, la chanteuse lituanianienne était seule avec son piano pour interpréter  les compositions de son album &#8220;Laukinis šuo dingo&#8221; (voir  notre article) qui vient de sortir en France chez Fargo. La plupart  des textes étaient en lituanien et en russe, et le public ne pouvait pas  comprendre les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a rel="attachment wp-att-46164" href="http://femmedecendres.com/?attachment_id=46164" ><img class="alignleft size-medium wp-image-46164" title="Alina Orlova 2" src="http://www.laboiteasorties.com/wp-content/uploads/2010/06/Alina-Orlova-2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><a rel="attachment wp-att-46163" href="http://femmedecendres.com/?attachment_id=46163" ></a>Lundi  7 juin, la chanteuse lituanianienne était seule avec son piano pour interpréter  les compositions de son album &#8220;Laukinis šuo dingo&#8221; (</em><a href="http://www.laboiteasorties.com/2010/06/alina-orlova-la-chanteuse-espiegle-de-l%E2%80%99est/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/outbound/article/www.laboiteasorties.com');"><em>voir  notre article</em></a><em>) qui vient de sortir en France chez Fargo. La plupart  des textes étaient en lituanien et en russe, et le public ne pouvait pas  comprendre les mots. En revanche, la voix  forte et fragile et l&#8217;émotion  volontaire et timide de la jeune prodige ont conquis son audience  parisienne.</em></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dans une  robe sage de matelot, manche trois quart, longueur plus que stricte, et auréolée  de ses boucles blondes qu&#8217;Alina Orlova fait son entrée sur la scène de  l&#8217;Européen, lundi 7 juin à 20h30. Timide, elle se présente brièvement en  français avant de passer aux choses sérieuses : jouer et chanter ses  compositions piano solo. Il y en a  16 sur son album et Alina les interprète  presque toutes.  Les doigts virevoltent sur le clavier, revisitant en mode  &#8220;classique&#8221; les compositions de &#8220;Laukinis šuo dingo&#8221; . Puis la voix, solaire,  angélique, retentit. Moins cristalline que dans les enregistrements, on ne peut  cependant pas dire qu&#8217;elle est chaleureuse : elle est tout simplement la pureté  qui aveugle. Pendant tout le concert, tout se passe  comme si les doigts  luttaient avec la voix et que les uns et l&#8217;autre se faisaient la courte échelle  dans une lutte avec l&#8217;ange pour monter toujours plus haut. Et chacun des  morceaux est une bataille qu&#8217;Orlova interrompt très brutalement d&#8217;une seule note  de piano, comme si arriver au bout d&#8217;une chanson était à chaque fois uen  victoire.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-46177" href="http://femmedecendres.com/?attachment_id=46177" ><img class="alignleft size-medium wp-image-46177" title="Alina Orlova" src="http://www.laboiteasorties.com/wp-content/uploads/2010/06/Alina-Orlova1-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>A  mille lieues de certains arrangements &#8220;cabaret&#8221; de l&#8217;album, Orlova seule à son  piano chante des chansons d&#8217;une mélancolie infinie, qu&#8217;il s&#8217;agisse des siennes  propres ou de vieilles comptines russes. Sur scène, plus de masque, plus de  jeu. Juste la grande tristesse des sons et  une gravité d&#8217;âme toute slave. Entre  deux morceaux, la jeune femme boit parfois un peu d&#8217;eau, bafouille un  remerciement en anglais, mais elle ne parle pas. Elle ne raconte pas ce que ses  textes mystérieux veulent évoquer. Elle prend une respiration et repart à  l&#8217;assaut, dans un autre morceau qu&#8217;elle interpréte de toutes ses forces. Et  finalement, charmé par tant d&#8217;intensité, le public n&#8217;a pas eu besoin de  comprendre par des mots ce qu&#8217;Alina Orlova chantait pour l&#8217;applaudir, lui  demander des bis, et lui exprimer toute sa gratitude&#8230;</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/TcZ45y-9OPs&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/TcZ45y-9OPs&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Assister à un  concert de l&#8217;artiste lituanienne est une expértience de violente innocence qu&#8217;on  ne peut que chaudement recommander.</p>
<p style="text-align: justify;">Alina Orlova,  “Laukinis šuo dingo”, Fargo, CD 19 euros, version digitale, 9.99 euros. <a href="http://www.myspace.com/alinaorlova" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/outbound/article/www.myspace.com');">Myspace.</a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/yBYyzkwuAeE&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/yBYyzkwuAeE&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Dans ses yeux, un Oscar plus que mérité</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 11:51:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Oscar du  meilleur film étranger cette année, le film argentin de Juan  José Campanella  mélange comédie romantique et polar en flash back. Un film où la tendresse,  l&#8217;amour et le sens de la justice coexistent avec la folie, la patience et le  joyeux bordel de l&#8217;administration argentine. Zéro faute dans cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Oscar du  meilleur film étranger cette année, le film argentin de Juan  José Campanella  mélange comédie romantique et polar en flash back. Un film où la tendresse,  l&#8217;amour et le sens de la justice coexistent avec la folie, la patience et le  joyeux bordel de l&#8217;administration argentine. Zéro faute dans cette grande oeuvre  pour le réalisateur de &#8220;Fils de la mariée&#8221; et des &#8220;Neuf  reines&#8221; qui retrouve  une fois encore son merveilleux acteur fétiche : Ricardo Darin.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-45255" href="http://femmedecendres.com/?attachment_id=45255" ><img class="size-medium wp-image-45255 alignleft" title="Dans Ses yeux" src="http://www.laboiteasorties.com/wp-content/uploads/2010/06/Dans-Ses-yeux-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>Adapté  du roman d&#8217;Eduardo Sacheri, &#8220;la Pregunta de sus ojos&#8221;, &#8220;Dans tes yeux&#8221; met en  scène Benjamin Esposito (irrésistible Ricardo Darin), un clerc que sa retraite  encourage à revenir sur le cas qui l&#8217;a le plus marqué, dans une ébauche de  roman. En 1974, il a été amené à enquêter sur le viol et le meurtre violent  d&#8217;une jeune femme de 23 ans. Coiffant au poteau l&#8217;officier de police chargé de  l&#8217;enquête, Esposito découvre l&#8217;identité de l&#8217;assassin en feuilletant les  vieilles photos de familles. la lueur d&#8217;avidité dans les yeux d&#8217;un ami d&#8217;enfance  de la morte le met sur la bonne piste. Mais le meurtrier n&#8217;est pas facile à  coincer&#8230; surtout si ses supérieurs de la justice argentine lui mettent des  bâtons dans les roues. C&#8217;est avec l&#8217;aide de son collègue ivrogne (fantastique  personnage incarné par Guillermo Francella) et de sa jeune, jolie, et  bourgeoisie supérieure directe, Irène (Soledad Villamil, meilleur espoir féminin  aux Goyas), cette année) qu&#8217;Esposito se lance à la poursuite de cet homme&#8230; 25  ans après cette enquête continue de hanter Esposito, mais aussi ses collègues et  le veuf de la jeune femme assassinée. Rouvrir les zones d&#8217;ombres du passé semble  bien avoir des conséquences sur le présent pourtant désespérément rangé de tous  ces personnages.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-45257" href="http://femmedecendres.com/?attachment_id=45257" ><img class="alignleft size-medium wp-image-45257" title="yeux" src="http://www.laboiteasorties.com/wp-content/uploads/2010/06/yeux-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Humain,  drôle, parfaitement construit et très poétiquement filmé, &#8220;Dans ses yeux&#8221; ménage  son suspense à grands renforts de sentiments et de retour de souvenirs. Le  romantisme est là, les archétypes aussi, et on se glisse dans les Buenos Aires  des années 1970 comme dans une  seconde peau. Fidèle à son quartier natal  d&#8217;Avallaneda et à sa ville d&#8217;adoption, Buenos Aires, dans &#8220;Dans ses yeux&#8221;, Juan  José Campanella creuse la même matière comique et émouvante qui portait le  bouleversant &#8220;Fils de la mariée&#8221; et il le mélange au suspense drôle qui avait  fait le succès international des &#8220;neuf reines&#8221;. Du point de vue des idées et des  adhésions, le film est tout aussi riche et généreux : dans des dialogues  étincelants, les réflexions sur la peine de mort ou sur les carences de la  justice prennent une dimension à la fois simple, directe, et juste. Porté par  des comédiens de génie, &#8220;Dans tes yeux&#8221; est certainement le film le plus  accompli et le plus riche actuellement sur nos écrans.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8220;Dans ses yeux&#8221;,  de Juan José Campanella, avec Ricardo Darin, Guillermo Francella, Soledad  Villamil), Agentine, 2009, 127 min.<br />
<object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="340" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/eNfys5yW1sw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="340" src="http://www.youtube.com/v/eNfys5yW1sw&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Koltès à la Colline : quand les chiens ne rencontrent jamais leur nègre</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 11:49:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yael</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Jusqu&#8217;au 25  juin, le Théâtre National de la Colline a invité le metteur en scène Michael  Thalheimer (qui avait déjà proposé &#8220;Les Rats&#8221; au début de l&#8217;année à la Colline)  à mettre en scène une version européenne de &#8220;Combat de nègre et de chiens&#8221;.  Respectant le vœu de Koltès de ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Jusqu&#8217;au 25  juin, le Théâtre National de la Colline a invité le metteur en scène Michael  Thalheimer (qui avait déjà proposé &#8220;Les Rats&#8221; au début de l&#8217;année à la Colline)  à mettre en scène une version européenne de &#8220;Combat de nègre et de chiens&#8221;.  Respectant le vœu de Koltès de ne pas faire du texte une pièce sur l&#8217;Afrique,  Thalheimer montre la peur de l&#8217;autre dans sa nudité la plus violente. Un  spectacle éblouissant, porté par une scénographie majestueuse et des comédiens  époustouflants.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-45162" href="http://femmedecendres.com/?attachment_id=45162" ><img class="alignleft size-full wp-image-45162" title="Combat de nègre et de chiens" src="http://www.laboiteasorties.com/wp-content/uploads/2010/06/Combat-de-nègre-et-de-chiens.jpg" alt="" width="496" height="330" /></a>Dans  un pays d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest, un chantier est en train de fermer. Il ne reste  plus que son chef, Horn, et le jeune ingénieur Cal. Mais deux autres personnages  se glissent dans l&#8217;enclos du camp : le &#8220;boubou&#8221; Alboury venu réclamer le corps  de son frère mort écrasé sur le chantier et la blanche et naïve Leone venue  rejoindre Horn qui l&#8217;a invitée de Paris à assister au feu d&#8217;artifice annuel  qu&#8217;il organise sur le chantier. Enfermés dans la peur des noirs cachés derrière  les arbres sur le chantier déserté, les trois personnages blancs n&#8217;arrivent pas  à dialoguer : ni entre eux, ni avec Alboury. La peur enfante la violence dans  une ascension terrifiante, ponctuée par la moiteur des corps qui les  lâchent.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a d&#8217;abord  la fantastique scénographie de Olaf Altman, avec lequel le metteur en scène  Michael Thalheimer travaille depuis les années 1990. Le chantier est une  plateforme déserte et totalement ouverte; et pourtant, elle enferme plus  sûrement chaque comédien que toutes les cavités des prisons. A peine aidé de  quelques accessoires, comme des bouteilles de whisky ou des casques de chantier,  celui-ci n&#8217;a &#8220;affaire à rien d&#8217;autre qu&#8217;à l&#8217;auteur, à lui-même et à ses  partenaires. Il ne dispose d&#8217;aucun accessoire, d&#8217;aucun intérieur, d&#8217;aucun meuble  auxquels il pourrait s&#8217;accrocher&#8221;. Dans cette esthétique radicale ce sont les  corps mêmes qui se font instruments : ceux de l&#8217;ombre du chœur noir inspirent la  peur, qui se transmet petit à petit aux trois blancs aux prises avec leurs  fantasmes sur un autre qu&#8217;ils ne rencontrent jamais vraiment. La mise en scène  pousse les comédiens à incarner directement chacun de leurs sentiments. C&#8217;est  littéralement que la naïve Leone se fait Ruth locale pour épouser l&#8217;identité  noire : elle s&#8217;enduit de cirage. C&#8217;est de manière toute aussi directe que Cal  exprime son désir (en se masturbant sur scène) où son caractère damné de  &#8220;salaud&#8221; (en plongeant dans la merde). De même, le mépris d&#8217;Alboury s&#8217;exprime en  crachats physiques, que les trois blancs copient souvent par automatisme. Si le  radicalisme de Michael Thalheimer souligne la fin de toute utopie et de toute  illusion, elle se situe aux antipodes du cynisme. C&#8217;est d&#8217;abord et avant tout  pour respecter le vœu de Koltès de lire &#8220;Combat de nègre et de chiens&#8221; comme une  métaphore sur le non-dialogues d&#8217;individus blancs que l&#8217;ancien directeur  artistique du Deutsches Theater de Berlin (2005-2009) a décidé de se passer de  toute médiation. Voyant son rôle comme celui d&#8217;un &#8220;condensateur&#8221;, il ne change  pas le texte par sa mise en scène, il ne l&#8217;illustre pas non plus benoîtement,  mais en livre l&#8217;essence dans un don violent et fascinant. Ce jaillissement n&#8217;est  pas sans racine.  Car c&#8217;est également pour convoquer un passé européen, de  racisme, de colonialisme et de sacrifices, que Thalheimer fait ainsi parler sans  médiation les corps de ses comédiens. Ne sachant quel dialecte employer avec  Alboury, Leone lui parle &#8230; Allemand ! et entonne le &#8220;Roi des Aulnes&#8221; de Goethe  et Schubert, raccrochant ainsi cette production de la pièce de Koltès à toute  une tradition européenne de fous faucheurs d&#8217;innocents : le cœur des ténèbres de  Conrad, l&#8217;Amok de Zweig, mais aussi le roman de Michel Tournier (ce dernier ne  se passe pas en Afrique.) Les quatre comédiens principaux de la pièce se prêtent  au jeu sans masque de leur metteur en scène. En humaniste vieillissant, Charlie  Nelson estompe peu à peu le caractère bonhomme de son personnage. Cécile  Coustillac parvient à rendre Léone parfaitement naïve, sans aucune hystérie et  pourtant de manière très angoissante. Jean-Baptiste Anoumon joue un Alboury  fier, inflexible et néanmoins aussi raciste que les personnages colonisateurs de  la pièce. Enfin, pièce rapportée d&#8217;Allemagne à ce casting français, Stefan  Konarske étonne et séduit beaucoup dans le rôle de l&#8217;ingénieur sur-diplômé,  apeuré, raciste, hystérique, et cherchant un point d&#8217;autorité où se soumettre  pour arrêter de penser. Le public français est ravi de découvrir ce phénomène  qu&#8217;est Konarske, avec son accent allemand, son débit de mitraillette, et son  corps menu et musclé qui exprime autant les contradictions de son personnage que  son visage.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-45165" title="Combat de nègre et de chiens 2" src="http://www.laboiteasorties.com/wp-content/uploads/2010/06/Comnat-de-nègre-et-de-chiens-2.jpg" alt="" width="638" height="424" />La  pièce créée par Chereau en 1983 aux Amandiers se trouve régénérée par ce souffle  allemand, européen et intransigeant, que Thalheimer et sa troupe lui infusent.  Un spectacle splendide, effrayant et galvanisant, probablement un des meilleurs  à l&#8217;affiche en ce moment dans la capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8220;<a href="http://www.colline.fr/index.php?page=spectacle&amp;id=209" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/outbound/article/www.colline.fr');">Combat  de nègre et de chiens</a>&#8220;, de Bernard-Marie Koltès, mise en scène : Michael  Thalheimer, scénographie : Olaf Altman, avec Jean-Baptiste Anoumon, Cécile  Coustillac, Stefan Konarske et Charlie Nelson, Théâtre National de la Colline,  Grand Théâtre, durée du spectacle 2h15, jusqu’au 25 juin 2010, mer-sam 20h30,  mar 19h30 et dim15h30, 15, rue Malte-Brun, Paris 20e, m° Gambetta, 27 euros  (abonné : 13 euros, moins de 30 ans : 13 euros, moins de 30 ans abonné : 8  euros). Réservation : 01 44 62 52 52 ou <a href="http://www.3emeacte.com/colline/index.aspx" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/outbound/article/www.3emeacte.com');">ici.</a></p>
<p style="text-align: justify;">Photos :  Elisabeth Carecchio.</p>
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