Archive pour la catégorie ‘Non classé’

Livre : Souffle couplés de Gérald Tenenbaum

Dimanche 7 mars 2010

L’auteur de l’ «Ordre des jours » (Eho, 2008, voir notre article) continue son enquête sur la mémoire, en interrogeant cette fois-ci celle d’un jeune homme traumatisé dans l’enfance et qui ne peux rassembler ses souvenirs qu’en remontant, image pas image, le temps. Structure extrêmement maîtrisée, écriture au scalpel, et justesse psychologique sont les trois atouts de ces « Souffles couplés ».

A la suite d’un accident traumatisant dans son enfance, Alex a du quitter le chalet familial de Savoie à l’âge de 11 ans. Vingt-sept ans plus tard, il est barman à Grenoble. Avec deux collègues, il travaille avec précision au café des deux mondes. Il ne sait plus lire, mais peut se souvenir de tout : en « globant » le passé, c’est-à-dire en le re-visionnant image par image, il peut se rappeler de chaque geste et de chaque client. Ce talent est parfois exploité par Maggy, capitaine de police. A part ses collègues et Maggy, Alex fréquente une autre femme : Sandra est psycholinguiste et aide Alex à retrouver la mémoire de son passé. Un homme est tué dans le parc devant le café où travaille Alex. Maggy lui demande de se rappeler si celui-ci faisait partie de ses clients. Par ailleurs le club de boxe que tient un ancien brigadiste italien et ami de Sandra est mis en cause dans ce meurtre. Il risque de se faire expulser de France. Sandra demande à Alex de l’aider à sauver son ami ; pour ce faire, ils entreprennent ensemble un road-trip entre la Savoie et le Val d’Aoste qui replonge Alex dans son passé…

Avec une intrigue fouillée, et déroulée selon une structure parfaitement maîtrisée, « Souffle couplés » nous entraîne dans la quête de mémoire d’Alex comme dans un thriller. En quelques mots, Gérald Tenenbaum sait brosser tout un portrait : par exemple celui de Sandra, superwoman qui maîtrise tout, sauf sa dureté, à la fois adorée et rejetée par son mari psychanalyste dont elle ne partage pas la religion. Et l’ensemble du livre fonctionne avec une économie impressionnante : pas de gras, pas d’aphorismes gratuits, mais uniquement des éléments épars : ceux du présent et la mémoire qui revient en italique du passé. Les deux narrations finissent par se rejoindre pour dessiner la trame de l’action. Un roman élégant où l’on apprend à se souvenir pour pouvoir enfin oublier.

Gérald Tenenbaum, « Souffles couplés », Eho, 202 p., 17 euros, sortie le 11 mars 2010.

« Alex observe sans regarder. Chaque détail est gravé, chaque image est rangée, album implacable dont les pages s’ouvrent toutes seules, comme au vent de mer, lecture forcée, gavage inflexible. » p. 19

Sortie dvd : Allemagne mère blafarde de Helma Sanders-Brahms

Dimanche 7 mars 2010

Le film culte de la réalisatrice de « Clara » (voir notre article) sur le parcours douloureux de sa mère pendant la Seconde Guerre mondiale est pour la première fois disponible en Dvd chez Carlotta films.

« …Ô Allemagne, mère blafarde!
Comment tes fils t’ont-ils traitée
Pour que tu deviennes la risée
ou l’épouvantail des autres peuples!.. »

Très allemande même si un peu brune, Lene(Eva Mattes) épouse Hans (Ernst Jacobi), qui refuse de rejoindre le parti nazi comme la plupart de ses amis. La guerre éclate et le couple se trouve séparé par l’envoi de Hans sur le front polonais. Lors d’une permission de Hans, Lene tombe enceinte. Anna naît et son père ne la voit pas grandir. Après la destruction de leur maison, Lene et Anna se retrouvent sur les routes d’une Allemagne en débâcle. La mère courage devient Trümmerfrau dans un Berlin dévasté. Ce que Lene a tant souhaité : la fin de la guerre et le retour de Hans s’avèrent être des épreuves insurmontable. Les violences de la guerre ont détruit la psychologie du sensible Hans, Anna vit très mal la fin de son idylle en tête à tête avec sa mère et Lene sombre dans la maladie et la dépression.

Reprenant un vers de Bertolt Brecht dans son titre, « Allemagne mère blafarde » montre la souffrance d’une allemande ordinaire prise dans la tourmente d’une guerre qui n’a pas épargné les civils. D’une violence psychologique inouïe, le film est si fort, qu’il est à la limite du supportable. D’autant plus quand on sait qu’Helma Sanders-Brahms y raconte l’histoire de sa propre mère, avec ses images nues et crues d’une femme qui marche de ruine en ruine, une valise avec leurs quelques biens sauvés à la main. Elle fait jouer son propre rôle à sa fille, Anna, et narre elle-même l’histoire en voix off. Un film qui a été très mal reçu en Allemagne et est a d’abord été reconnu partout ailleurs en Europe, avant de devenir culte dans le pays de Helma Sanders-Brahms. A voir ou à revoir absolument.

Dans les bonus du Dvd, ne manquez pas l’interview de la réalisatrice revenant sur son film trente ans après.
« Allemagne, mère blafarde », de Helma Sanders-Brahms, avec Eva Mattes, Ernst Jacobi, Anna Sanders, Elisabeth Stepane, Allemagne, 1980, 117 min, VOST, 19.99 euros. Sortie le 25 mars 2010.

Manhattan et puis Paname, de grandes amitiés

Vendredi 26 février 2010

Retour très chaleureux à Manhattan, qui m’a fait du bien. Tellement de bien. Grand soleil sur un New-York pas même enneigé, première station obligée pour me faire faire les ongles en buvant un coca light, très peu du culture, ce qui m’a bien reposée, et j’ai retrouvé l’avatar américain de moi-même en grande forme. Lavage de cerveau à base de gym et sauna avec ma chère A, dîner en trio avec mon guadeloupéen préféré, un superbe anniversaire fêté avec beaucoup de chaleur chez Turks and Frogs (le west-village est mon nouveau quartier d’adoption) : tous les gens que j’aime à NYC étaient là, ils s’étaient libérés pour quelques bon verre de Syrah, un gâteau improvisé, et des discussions profondes de joie. Tout cela parfait par une sortie nocturne à “kiss and fly” où j’ai vraiment failli m’envoler de légèreté quand pour la première fois depuis des mois, un garçon absolument sans intérêt s’est intéressé à moi sans me demander de dérouler en préambule tout mon CV. De grandes marches fatigantes, des amis bien arrivés ou sécurisé, un sentiment de crise dépassée, déjeuner avec l’homme le plus sage de ce grand froid, sandwiches au thon et orange pressée. Pas mal de vodka pour fêter ce surplus d’années et le grand loft de mes rockers et nerds préférés.
Le retour musclé m’a aussi fait du bien, jolie rencontre dans l’avion presque raté et carrément retardé, cours le soir même sans difficulté, Turner et rédac à la fois, recours et superbe fête de parisienne amitié. Mardi, dans un bel atelier, Montreuil en fête et tous ces gens rassemblés. 5 heures du mat’, ça ne pardonne pas, surtout quand ça finit à l’alcool dans un bouge du marais. Mais après, re-cinéma, Matt Damon en faux hors-la-loi, l’Allemagne blafarde et les chaussons rouges de tant d’amour suranné. Munch forcément mais sans les cris, un peu de musique : celle sur laquelle j’écris puis Odessa ce soir au China, interviewée avec grand émoi. Les journées sont longues et me portent dans leurs bras, autant que les taxis et mes pieds si pressés (mais toujours impeccablement noirs de jais)… Allez un dernier dvd, puis dents brossées et les larmes délavées.

Morceau de journal

Mardi 16 février 2010

Plus le temps… entre les trois cours à préparer chaque semaine, les articles des autres à relire, les concours à organiser, mon corps qui fout le camp par manque de sommeil et les amis, je n’écris plus. Ou presque. Pas même la force de mettre en ligne mes articles qui paraissent sur notre tout nouveau tout superbe site de la boite à sorties; et puis en fait dans cette vie de travail, pas grand chose à noter, je deviens un peu dure, les choses et les gens ne m’entament plus. Je me surprends d’indifférence. Parfois je regrette la solitude réflexive de Manhattan où je retourne mercredi pour quelques jours. Excitée sans appréhension et prête à affronter le froid.

Encore un cours à préparer avant demain soir… temps d’aller lire quelques lignes et au lit.

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Découvrez la playlist Février 2010 avec Yeasayer

Les baies liées de l’avant

Jeudi 4 février 2010

Les ficelles tressent à l’envers

Une voix salée pour demain.

Les dents brossées de verre

Grincent sur de vieux parchemins.

***

La peur est un fruit toujours vert

Qui plante futilement ses pépins

Dans l’écriture qui rouille des sept fers

Vieillie par le sang de l’ange malsain.

***

C’est après-guerre que je serre

Le corps ployant la mort du lien

Soulagée, je place dans mes vers

Une tendresse conjuguée aux sucs de la fin.

***

Puisqu’il n’y a plus rien à faire

Reste à savourer l’antédiluvien

Et c’est bien après le dessert

Que je serre mes points de cumin.

***

Plus d’encre-glace, plus de mystère

Quelques espaces pour passer le chagrin

La déception est le plus haut conifère

Quand on s’est niché au sommet du sapin.

***

Le crachoir des rejets est un cancer

Et la solitude, un collier de chien

La guêpe s’affole quand elle s’avant-terre

Son bélier collera toujours aux fours anciens.

***

Derrière le rogue d’une agitation de serre

Pousse un coquelicot levantin

Son cœur noir bride tout somnifère

Et c’est rouge qu’il bannit l’en-sain.

***

Toi qui peut-être parrain-flaire

La détresse au-delà du venin

Je voudrais te dire mes vrais adultères :

Je crève la nuit de longs jours trop certains.

***

Je voudrais mourir, mais la dernière

Après avoir assez tendu la main

Quand je serai sûre que l’enfer

Est l’œil sourd de celui qui étreint.

Joann Sfar dépoussière Gainsbourg

Dimanche 24 janvier 2010

« Gainsbourg, (Vie héroïque) » est, comme son sous-titre, plus un conte évoquant la figure du dandy de la chanson française qu’un biopic grandiloquent. On y retrouve à chaque image l’univers fascinant du dessinateur Joann Sfar.

En décidant de s’appesantir sur les jeunes années de Lucien Ginsburg, et en passant très vite sur les années d’auto-destruction, le dessinateur du « Chat du rabbin » redonne un coup de jeune à Gainsbarre. C’est l’enfant au bord d’une plage qui intéresse Sfar : l’enfant artiste-peintre rêveur et l’enfant juif apeuré pendant la guerre. Débutant dès le générique par une série de dessins très stylisés, Sfar marque tout de suite la vie de l’idole de sa propre patte. Et sa décision d’évoquer plutôt que de montrer les fantômes de l’auteur-compositeur donne aux 2h10 de film une légèreté quasi-onirique. Sfar insiste longuement sur la judéité de Ginsburg : les accents justes de la famille russe immigrée, l’amour et l’exigence du père, et surtout l’étoile et la cache dans une école catholique pendant la guerre, où la figure de l’affiche de la tristement célèbre exposition « Le juif et la France » sort de son cadre pour accompagner l’enfant pendant les sombres années.

Les années de vraie Bohême de l’enfant qui se destine à être peintre sont le cœur du film : la rencontre avec Frehel (géniale Yolande Moreau), alors que le gamin de onze and drague un modèle, puis celle de sa première femme avec qui il passe sa première nuit dans l’atelier de Dali, et enfin celle de Boris Vian (inévitable Philippe Katerine) et des frères Jacques, qui comme le veut la chanson lui beurrent sa tartine avant d’entonner sur scène « Le poinçonneur des lilas » et de lancer Serge Gainsbourg. Sfar dépeint cette atmosphère avec la même légèreté érotique qu’il avait employée pour faire revivre le Montparnasse des années 1920 dans sa BD sur « Pascin ».

Selon Sfar, Gainsbourg découvre qu’il doit se détourner du crayon pour reprendre le piano de son père lorsqu’il rencontre son double. Ce fantôme est une figure fantasmatique de lui-même (nez crochu démesuré et oreilles paraboliques) qui est à la fois son guide, son inspiration de poète et son coup de pouce en cas de timidité touchante avec les femmes. Ce double qu’il appelle « ma gueule » est une sorte de dibouk hassidique qui s’efface quand Gainsbourg prend (trop ?) confiance en lui après l’affaire Bardot.

Dans ce dernier rôle, Laetitia Casta, génialement dirigée, est une parfaite Camille du mépris à l’énonciation toujours trainante. Puis lorsqu’il rencontre Jane Birkin (touchante Lucy Gordon) et renvoie son double, Gainsbourg semble commencer sa chute, sa « gueule » se retournant contre lui pour lui susurrer les impertinences et les excès de la fin de sa vie. Fort heureusement, Sfar n’épilogue pas longtemps sur Gainsbarre et son jeu pervers avec les médias, conservant de ces années deux chansons : « je t’aime, je t’aime » et « aux armes etc », et passant outre le billet brûlé ou les passages télé en état d’ébriété avancée. Pari réussi donc pour ce conte qui présente bien la face solaire et héroïque de Gainsbourg avec un grain de folie, et quelques épis de fantaisie.

Note : regardez bien, parmi les musiciens autour d’Eric Elmosnino, vous pourrez deviner : Gonzales, Mathias Malzieu, ou Thomas Fersen, et Sfar lui-même s’est grimé en Brassens.

« Gainsbourg, (Vie héroïque) », de Joann Sfar, avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Lucy Gordon, Anna Mouglalis, Laetitia Casta, Mylène Jampanoï, Philippe Katerine, Deborah Grall, Razvan Vasilescu, Kacey Mottet, et Sara Forestier, , France, 2h10, sortie le 20 janvier.

Gossip au Bataclan : l’énergie rouge feu de Beth Ditto

Dimanche 15 novembre 2009

Hier soir avait lieu le premier des trois concerts de Gossip au Bataclan. Le groupe a donné du show et du son et fait dansé une salle bondée et extrêmement réceptive.  Il faut vraiment entendre live la voix de Beth Ditto, phénomène de la nature qui danse, crache, parle en Français à son public et se déshabille volontiers…

Devant le raz-de marée des réservation, une troisième date  au Bataclan a du être rajoutée à la tournée du groupe Gossip, qui joue à guichet fermés 15, 16 et 17 novembre, pour un public qui connaît par cœur le tous les hits de l’album “Music for men” (Colombia), sorti au printemps dernier.

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La première partie était tenue par un groupe très rock et sympathique qui a chauffé une foule toute prête à danser. Pendant les vingt minutes d’attente entre cette première partie et le show de Gossip, le public a hurlé, tonné, réclamé et applaudi le groupe de Portland, espérant le faire jouer plus vite. Après quelques notes de guitare de Brace Paine et quelques battements de Hannah Billie, ELLE est arrivée :  tunique noire ample et courte sur bas résilles, bob rouge court sur lequel trônait un petit bibi noir, Beth Ditto a comme prévu fait sensation.

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Saluant  le public montrant ses connaissances de français, dans jamais s’arrêter ni de danser, ni de faire tonner son imposante voix, la chanteuse s’est petit à petit déshabillée : le bibi a valsé, les chaussures ont disparu et il faisait tellement chaud au Bataclan, que Beth Ditto a fini par enlever la tunique, finissant le concert en body noir laissant voir sa généreuse poitrine. Sa voix est absolument bouleversante, et entendre sa puissance brute et blues en live est une expérience vraiment différente de l’écoute du CD.

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La splendeur des Camondos au MAHJ

Dimanche 8 novembre 2009

Dans le cadre de la saison de la Turquie en France, le MAHJ consacre une exposition à la grande  famille  juive des Camondo. Immigrés d’Istanbul à Paris, les Camondo furent de grands banquiers, philanthropes et collectionneurs, actifs dans la création de l’Alliance Israélite d’Istanbul, ayant soutenu l’unification italienne, et ayant légué une grande partie de leurs collections d’art et leur superbe hôtel particulier de la rue Monceau à L’État Français. 5 générations d’une famille au moins aussi importante que les Rothschild et dont les derniers héritiers sont morts en déportation sont à découvrir jusqu’au 7 mars au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

Abraham Solomon et Nissim de Camondo

Abraham Solomon et Nissim de Camondo

Le grand destin des Camondo commence lorsque le patriarche, Abraham-Solomon devient le seul dirigeant de la banque Isaac Camondo et Cie, en 1832. la première partie de l’exposition se concentre sur la puissance de la famille Camondo à istambul au XIX e siècle. L’on découvre leurs livres de comptes écrits en ladino, leur action en faveur de la communauté juive, notamment l’appel aux Rothschild et aux Montefiore de Londres pour lutter contre les accusations de meurtres rituels prononcés à l’encontre des juifs de Damas et de Rhodes, ainsi que la fondation de l’Alliance israélite à Constantinople en 1863. Étant donné que des juifs étrangers ne sont pas censés s’impliquer dans la vie politique turque le sultan est obligé de limiter la marge de manœuvre des Camondo à Constantinople vers le milieu des années 1860. ceux-ci s’impliquent alors de plus en plus dans pour l’indépendance  italienne, financent certaines œuvres en Italie et sont remerciés par le roi Victor-Emmanuel II qui les anoblit. La famille émigre à Paris à la fin des années 1860 et Nissim de Camondo (le petit-fils d’Abraham-Solomon) acquiert les 61 et 63 avenue Monceau, que son fils, Moïse, transformera en l’hôtel particulier qui est encore l’un des plus beaux musées privées de Paris contenant l’une des plus belles collection de mobilier du XVIII e siècle.

Degas, Les repasseuses, 1884

Degas, Les repasseuses, 1884

Même si Abraham-Salomon est enterré à Constantinople à sa mort, en 1873, dès la fin des années 1860, c’est en France que continue l’épopée des Camondo. Et la plus large partie de l’exposition s’intéresse aux Camondo à Paris, au rôle des deux frères Abraham-Béhor et Nissim dans de grandes banques comme celle de Paris, des Pays-Bas, le Crédit immobilier et la banque Franco-tunisienne, à leur rôle dans le financement du Canal de Suez, et aux mécénats et collections d’Isaac de Camondo, compositeur et hommes à danseuses de l’opéra, qui s’éloigne du goût très “Belle époque” du reste de sa famille (Durant, Bréaud…) pour amasser une collection éblouissante. La commissaire de l’exposition, Anne Hélène Hoog a eu le génie de  rassembler au MAHJ cette collection éparpillée contre les vœux d’Isaac et qui comprend entre autres de nombreux Degas, dont “Les Repasseuses”, des Delacroix orientalistes flamboyants, la “Fille au chapeau de paille” de Renoir et l’”Atelier” de Corot, ainsi que ses pièces asiatiques désormais au Musée Guimet. La dernière partie de l’exposition montre tout l’attachement de la famille Camondo pour la France, avec  ce leg incroyable d’Isaac demeuré sans héritier au musée du Louvre la mort du neveu d’Isaac, Nissim au front en 1917, ainsi que les remerciements de cette République, qui dans sa forme vichyssoise a envoyé aux chambres à gaz les trois derniers Camondo : Béatrice, son mari, Léon Reinach, et leurs deux enfants, Bertrand et Fanny.

Isaac de Camondo (deuxième à gauche)

Isaac de Camondo (deuxième à gauche)

Que les derniers les Camondo aient péri pendant la Shoah est tristement célèbre. Moins connu et peut-être au moins aussi choquant est la manière dont l’État français a, encore après la guerre, dispersé les collections d’art d’Isaac de Camondo, contre la volonté du mécène qui avait même laissé de l’argent pour créer une aile au Louvre où ses collections devaient demeurer rassemblées.

Extrêmement fouillée, voguant entre deux continents, “La splendeur des Camondo” rassemble des trésors pour montrer le destin d’une famille. Jusqu’à sa scénographie limpide, son souci de nous faire écouter par exemple de la musique composée par Iseac et sa décoration du goût le plus raffiné, l’exposition est un modèle du genre.

La splendeur des Camondo, de Constantinople à Paris (1806-1945)“,  jusqu’au 7 mars 2010, MAHJ, Hôtel de Saint-Agan, 71, rue du Temple, Paris 3e, m° Rambuteau, Hôtel de Ville, lun-ven, 11h-18h, nocturne le mercredi j.q. 21h, 7 euros (TR: 4,50 euros).

Musée Nissim de Camondo

Musée Nissim de Camondo

Un parcours du paris des Camondo, avec des visites guidées du Musée Nissim de Camondo, du musée Guimet, du Musée d’Orsay et du Musée Carnavalet sont prévues dans le cadre de cette exposition.

De nombreux évènements autour des Camondo ont également lieu au MAHJ, dont  une conférence par les auteurs du livre qui ont inspiré l’exposition (Nora Seni et Sophie Le Tarnec), le lundi 7 décembre, à 19h30, et une découverte de l’univers musical d’Isaac dont vous pourrez entendre des compositions, le dimanche 29 novembre. Pour voir l’ensemble du programme, cliquez ici.

Drag my limp in the new world

Dimanche 18 octobre 2009

Written in the dark without glasses :

Back to NYC for a few days. My treat to myself for finishing my dissertation. After three  days without sleep, I got to the airport and met a friend right at the gate: no sleep during the ten hours of the trip either. i am staying with my dear Anna in the hip west village. 2nd avenue deli for dinner, nails and toes polished, and Regina Spektor- magical as usual- at the Radio city hall were on the menu on the first evening which finished with amazing whisky at the plazza, listening to a friend of anna sing. Woke up early the morning after to work in a cyber caé, back to morningside heights, the movie “an education” (not bad at all), and raun and cold, as awful as i could remmeber it from new-york.

James and katrin met us at anna’s place, and then it was difficult to find a dry and warm place to eat. Slept like a log, work friday morning, and suddenly an terrible pain in the toe. I couldnt wear a shoe and would literaly drag my leg behind me, walking barefoot in the Whitney (great Goergia o’Keeffe), and the mOMa ‘I had missed Ron arad in Paris, and his bookshelves are warm to my hreat. A movie to give some rest to my foot : excellent brother cohen”s serious man, depicting the suburban jewish milieu, where they grew up), and then but of course, opéra : der Rosenkavalier with renée flemming and susan graham.

My friends were starving so we stayed the first act (my favourite). Diner at the hummus place, a walk and a drink in the meat packing and to bed early, always warrying my leg. Saturday, the pain was so string i wanted to scream; Sneakers. Anna came up with a  diagnosis : gout. I think she’s right. All the symptoms are there, but not the causes (too much proteins, wine, or … stress - that’s more probable). It is an old man’s disease. (to me : the grandpa of the little lord fauntleroy) I would laugh aout it if it would no hurt so bad, and if medical care would be a little less ridiculously expensive, so I could get healed. For now, ibuprophe make sit bearable, less of a limp, and even high heals to go out yesterday at a polish/jewish encounter and then a bar were the pain and the the champagne put me to sleep right there, sitting with my friends…

today basketball game in mad square gardens, and before brunch, i am starving

Danse : Le gala des étoiles du XXI e siècle au TCE

Dimanche 20 septembre 2009

La grande revue annuelle des étoiles montantes des meilleures compagnies de ballet du monde se termine cet après-midi au Théâtre des Champs-Elysées. Une rendez-vous de danse classique et contemporaine à ne pas manquer.

En 8 tableaux et un final, les danseurs les plus doués de leur génération se succèdent sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées. Issu des corps de ballets les plus prestigieux comme le American Ballet Theater, les ballets de l’Opéra de Munich, et Berlin, le Scottish Ballet ou encore le Nederlands Dans Theater, chaque couple propose une chorégraphie classique en tutu blanc, volontiers sur du Tchaïkovski, et une scène plus contemporaine, signée par des chorégraphes aussi inventifs que Ben van Cauwenbergh, Kryztof Pastor ou Jiri Kylian.

Si au début on est un peu surpris de ne pas voir d’orchestre, on se rend bien vite compte qu’autant d’étoiles n’auraient pas pu répéter assez avec lui. Et on se détourne de la musique stéréo pour se concentrer sur les corps en mouvements.

On (re)découvrira l’incroyable Daniil Simkin, présent au Gala des étoiles du XXI e siècle il y a deux ans, dans des sauts à couper le souffle en compagnie de l’étoile rousse Yana Salenko, et dans un solo irrésistible sur “Les Bourgeois” de Jacques Brel.

Commençant sur du Bach et finissant en tango endiablé, Polina Semionova et Dmitry Semionov se tiennent avec grâce par leur T-shirt rose fluo  dans la  superbe chorégraphie de Rolando d’Alesio, “Come neve al sol”.

Enfin,  les dramatiques Aurélie Cayla (remplacée demain par Shirley Essboom) et Yvan Dubreuil grimacent le couple vu par Jiry Kilian avec un expressionnisme brûlant.

Un joli menu qui comblera tous les amateurs de danse et orientera ceux et celles qui se demandent vers quels spectacles et quelles compagnies se tourner pour apprécier le ballet.

Dimanche 20 septembre, 15h, Théâtre des Champs Elysées, 15 avenue Montaigne, Paris 8e, M° Alma-Marceau, 15-89 euros.