Archive pour décembre 2018

Ecru d’arpèges

Samedi 29 décembre 2018

Un billet s’habille au frigo
Grotesque cajolerie
Un tendon frotte la quille
Où s’encastre un poney
Et quatre couettes en trop

Trigonomie,
Attroupement des kilos
Le goulot s’arrache la pupille
Au poitrail gris des vieux mégots
La routine brille avec ta vie
Et je suis lasse des reflux
Fatiguée des mais, des si, des faux
Voracité des tristes scies
Et folie, mais sans bruit de grelot.

Je mords, tu vrilles
Les train toujours partiront
Trop tôt –
Dans notre ville qui fourmille
Un chapeau et mon manteau
Pour tapisser de mille aiguilles
Les cavités des hauts fourneaux

Tu sors, je grille
La queue d’une ombre
Sur les tombeaux
La peau de ma hanche
Sur les ciseaux

Nous soulevons de vieux tapis
A la santé des matelots
Sur les souliers et sur des billes
Nous fuguons le gai et l’ange

J’essore et torpille
Tes guirlandes à jabot
Dessous, toi tu resquilles
Un talc, un peigne, une bombe
Et l’on bombarde les résilles
Des résidus
-décatis jusques aux mots

Tu dors, grande fille
L’oubli est un repas gras
Les attaches grésillent
Comme des anciens concertos
Tu rêves de chaudes coquilles
Et marche de grêle en crescendo

Tu pleures, fardée
De noir, tu godilles
Encore en porte à faux long
Le chemin est d’autant plus
Que nos souffles sont le fardeau.

Magnifique aporie

Mercredi 26 décembre 2018

Le rocher s’avance au fil précis de l’envie
Dure partie pour une romance
Fards en l’air
Fers tamisés de près
… en salves d’arguties

Un voile vert nerveux s’épanche…
Aux chemins de travers
Aux loups perclus d’outrance
Aux cheminées crevées sans pré
Qui borborygment le bal des indécis

Soulier glissant de silence
Scission du soleil après la pluie
Un brun d’inaction plisse les dimanches
Une blouse verte couvre mon lit.
Je tache le possible d’indolence
Tu compasses les palais d’aujourd’hui
“Rendez vous plus tard, sans urgence”
La bûche tiède, jusqu’au creux du déni.

Et pourtant, ne rien brûler ?
Paix et goût de navet
Je suis épuisée de violence
Vide de competence
Passible de mercredi gras
Et de dentelles qui dansent
A pleines mains et sans merci
Saisie de carence j’exige
… beaucoup plus d’agonie !

Je veux les estomacs troués de gris
Les lettres déliées en absence
La fausse mort ici, variances,
Et l’envie de se blottir dans la nuit
Dans l’autre pétri de mille enfances
Coude et clavicule s’avancent
Collés à l’homme qui vole
Enserre de répit
On décoquille l’évidence
Qui se retourne encore sur le tapis

Mais la tradition hachure petit
Toutes ces innocences
Toutes ces privautés chéries
Boule de sens et sang de suif
L’ardoise s’efface devant la vie
La corde raide des bienveillances
Noeud toupie navette
-Rien ne suffit
Je crache ma moelle un peu bleuie.

Le passé me réussit.
Pour éclabousser les rubis
Et piétiner en silence trente –
six chandelles alanguies
D’oubli
De France
Qu’avec le jaune et la jeunesse
J’ai réparties :

Cendres est la tendresse
Aussi bien en ma présence,
Le sort déçoit les grands amis.