Archive pour septembre 2013

La vraie vie

Jeudi 26 septembre 2013

Celle où la valise roule entre les feuilles nues,
Où les pieds hésitent entre une pluie acide
Et un pseudo-transit qui n’en finit plus

La reine vieillit, casée au damier du convenu

Celle où l’envol s’arrête cul sec
Cheveux mouillés et joie perdue
Le froid conserve l’échec

Cavalier est ce pion qui ne me regarde plus

Celle où le regard vide n’écoute déjà plus
Les paroles lourdes éventent notre vide
L’attention, c’est encore le temps perdu

A cheval sur le travail et le tête à tête,
L’ennui prend peur pour que le fou éternue
A la santé des foules et des raisons toutes faites
Celles des amants maudits et des petits poètes…

A cheval sur la Tour qui manque
Et au tournant d’une faillite
Elle a faibli, la tourterelle
Celle dont la vraie vie transige pour le transit
Celle dont la cage est carrossée d’or nu
La reine a failli entre deux fous, s’enfuir
Mais revient, défaite, à la case attendue.

Celle dont la vraie vie transige
Ne rêve plus de feuille vertes
De sève hyperactive
Et de feux malicieux

Le carrosse des journées nues
Plonge le vertige dans une potion-vertu
Et le ventre de Paris devient portion congrue
Laissant place aux boulevards bourgeois
Et au ciel bas des ambitions perdues.

Celle dont la vraie vie transige
S’éclipse à petit feu
Coincée dans le carrosse
Elle prie
– Elle se prépare aux Adieux.

Rentrée tourmente

Samedi 21 septembre 2013

Samedi matin, en me levant vers 5h30, j’ai enfin eu le temps d’écrire deux articles. La rentrée est à flux très tendus et pourtant pleine de nouvelles aventures. Le guide de “Tout la Culture à Paris” sort le 2 octobre et fait donc de moi… un auteur publié. A part ça, et le fait qu’honnêtement le guide est canon, le travail photo et les adresses de Bérénice, la structure thématique et deux fois trente ans de vie très parisienne en font une sorte d’objet témoin des lieux où notre vie de journalistes culturels nous mènent, témoignage que j’apprécierai probablement plus tard, coincée entre télé, poêles et devoirs.
La semaine a donc été avant tout TLC, avec de nouveaux bureaux, un double temps plein, des rencontres et sorties avec les rédacteurs, les affres des dossiers de subvention et autres choses administratives et l’écriture un peu.
La semaine a été très glossy, diner avec un grand danseur russo-américain et mes parents adoptifs lundi (du coups je l’ai quand même vu sur scène hier soir!), concert de Mylène Farmer fascinant et nostalgique mardi, et jeudi, première branchouille de la pathétique adaptation de la “parodie musicale” de 50 shades of grey au Palace.
La semaine a été familiale, jolis moments avec papa et googletalk fraternels pour finir le fameux business plan du site, version 12.
La semaine a été parlée en anglais, entre mes parents adoptifs et mes étudiants étrangers du cours d’éthique.
La semaine a été amoureuse, très.
La semaine a été active et très réflexive.
Mais la semaine a été un peu trop, je dors 4/5 heures par nuit, parfois 3. Cela fait depuis mon retour de bruxelles, dimanche soir, en slalomant avec ma chère valise déchirée entre les feuilles mortes que j’aurais envie d’écrire un poème, des poèmes, pour canaliser l’énergie et la peur, mais l’horloge n’est pas au salon, plutôt dans mon corps et elle ne dit ni oui ni non, elle court… je cours. C’est un peu court et c’est très long.