Archive pour juin 2013

Music for a while

Jeudi 27 juin 2013

Pas très motivée et en mode “mes yeux se ferment devant un thriller suédois”, je prends le clavier pour évoquer le moment fort de ce soir au châtelet, main dans la main avec ma grand-mère pour écouter la soprano coréenne Sumi Jo. Techniquement impeccable, et répertoire étrange, dont un début baroque qui nous a surprises, avec un moment assez intense sur l’air de Purcell “Music for a wile”. Combien de fois l’avons-nous entendu ensemble, avec ma mélomane de grand-mère, quand on parcourait l’Europe à la poursuite de récitals de contreténors, il y a de cela une quinzaine d’année. La beauté du texte, les serpents qui “drop drop drop” comme des larmes, le fantôme de la voix de James Bowman sur le disque, et c’était une émotion parfaitement apaisante de pouvoir, 15 ans après, écouter avec autant de plaisir et d’apaisement ce morceau ensemble. La suite du concert nous à moins touchés, mais nous étions sur la même longueur d’onde, pas d’impatience, un joli dîner au Zimmer dans la demi-douceur d’un soir de juin qui semblait élastique.

Bref, mais de la discipline

Mercredi 26 juin 2013

Il est deux heures du matin et je viens de finit une chronique du film léger de Roman Coppola que j’ai vu ce soir et une annonce du jury du festival de Deauville. Le délicieux bordeaux que j’ai goûté tout à l’heure attendra demain pour ça chronique. “On verra demain” est mon nouveau mantra pour faire baisser le niveau de stress. Je devrais pouvoir m’y tenir sauf pour ce journal. Matinée maussade avec l’impression de passer mon temps à justifier l’existence de notre joli média, vite rehaussée par un déjeuner familial formidable qui s’est conclu par un pic de stress. Pour la première fois en 31 ans et 6 mois, sur le pas de la porte, mon père m’a demandé par deux fois quand je lui livrais un petit-fils (toujours un tropisme pour le sexe masculin). Choc : je pensais que j’aurais toujours 12 ans à ses yeux et ça m’allait bien comme ça. Est-ce son livre terminé ? Les 80 ans qui approchent en grande pompe ? ou mes premiers cheveux blanc ? Un retournement mystère que je n’ai heureusement pas eu le temps d’approfondir avant la réunion de la rédaction et l’interview de Jay Jay Johanson, cette dernière m’ayant permis de découvrir les somptueux locaux d’Universal, non pas à la Plaine Saint-Denis, non pas même à Ménilmontant ou à Pigalle, mais bien entre le Panthéon et Normale Sup’. Pignon sur quartier latin malgré tout, l’industrie du disque, et j’ai attendu avec joie sous u poster du dernier disque de Bashung. Je passe le menu de mes activités, mais la journée s’est terminée par une longue discussion entre filles dans le no man’s land qui borde l’ambassade des États-Unis.


Alain BASHUNG "Résidents de la république… par richardanthonyDivin!

Bruxelles, un week-end sur deux

Lundi 24 juin 2013

Frigorifiée un 24 juin, je profite d’une soirée un peu tranquille pour me tenir à un certaine discipline avec ce blog laissé en friche très longtemps. Le week-end dernier fut pluvieux et Bruxellois, pour couvrir le Brussels film festival. Bordélique et sympathique (40 minutes d’attente pour la plupart des films mais une merveilleuse leçon de Bertrand Tavernier et des organisateurs fort sympathique), le festival en lui-même m’a permis de découvrir deux ou trois perles et de pleurer comme une madeleine sur 1h30 de film de Diane Kurys sur la vie de sa famille. Mission accomplie donc, mais après Cannes et littéralement 5 projections par jour et les grand schelem de chroniquer en temps réel TOUS les films de la compétition, il n’y a pas grande gloire.

En revanche juste quand je pensais avoir trouvé mes marques dans cette ville encore plus froide et grise que mon cher Paris, à ma dernière visite où un grand soleil souriant et où j’ai découvert la fondation Boghossian, j’ai été bien punie de me lever tôt samedi pour me précipiter à un cours de yoga où j’ai réussi à suivre une amie qui en fait tous les jours. Malgré mon entrainement, hier, je me suis retrouvée le cou coincée extrêmement douloureux. Cela va un peu mieux aujourd’hui, après un retour un Thalys un peu fastidieux et à grand renforts de médicaments.

Après près de 8 mois à faire la navette, petit bilan de mon incursion en belgitude.

J’aime : la diversité des quartiers, la gastronomie et les petites restaurants à dénicher, le marché de Flegey, les bouchers hallal de la rue Malibran, le poissonnier japonais où l’on va acheter directement les sashimi,  le côté multiculturel de la  ville, ses concerts gratuits, le Maitrank à l’apéritif, certains mots (brole, drasch..), la campagne flamande (superbe nuit dans une ferme près de Damme), la chaleur des gens quand vous leurs posez des questions, les grands intérieurs où l’on se reçoit les uns les autres, le côte d’or reste mon chocolat favori (Marcolini est trop compliqué), et Brel restera toujours Brel.

– Je ne m’habitue pas : au temps vraiment objectivement plus froid et dégueulasse qu’à Paris, à ce qu’on ne regarde ni me parle quand j’entre dans un magasin ou un café, le trafic pénible de la ville, les plombes à table les uns chez les autres, le peu de transports en commun,  le peu de films à l’affiche, la danse contemporaine flamande, que l’avant-garde des activités culturels soient des évènements cachés qu’on partage en réseaux d’initiés (Toute La Culture va se faire un nid :)), à dire “septante” et “nonante” (je me fais griller à chaque fois).

– A travailler : la culture BD, la connaissance géographique de la ville, m’y faire plus d’amis, manger les frites avec la mayonnaise.

Plus de Bruxelles avant le 12 juillet et ça me manque tout de même un peu déjà., apparemment. Le week-end prochain : Paris avec enfin le temps et l’énergie de préparer une grande soirée où réunir mes amis, un Festival Paris Cinéma qui a un volet spécial “Made in Belgiëque” (oui je suis veinarde, mon immersion dans la culture belge vient à moi) et un week-end suivant qui demeure très européen puisque je vais aller de mon côté visiter la nouvelle expo du Mudam et celle du centre Pompidou à Metz (un pèlerinage annuel, donc). Mais j’écrirai avant sûr, sûr. Pour l’heure je prépare mon interview du troubadour nordique Jay Jay Johanson dont j’ai découvert quelques titres absolument  mélancoliques (dommage que je le sois moins!).


Jay-Jay Johanson – She Doesn't Live Here Anymore von Jay-JayJohanson-Official

Un lundi orageux

Lundi 17 juin 2013

Je tente de recommencer un peu le journal pour m’assouplir les doigts – hors articles culturels. L’été est soudainement arrivé à Paris, sur un mode menaçant après des mois de froid franc. le week-end a été lourd fatiguant, j’ai à peine pu avancer dans deux ou trois roman pour la rentrée littéraire. Aujourd’hui, lundi oblige, il m’a fallu un peu plus d’allant pour mener la vie de notre petite rédaction, écrire sur une jolie visite de cave à champagne que j’ai casée dans une demie-journée, vendredi dernier, réserver des places pour le Festival d’Avignon où je vais pour la première fois cet été, et interviewer la ravissante (et très cultivée) Héléna Noguerra. Plume bleue à l’oreille, silhouette juvénile, cette maman dont le fils a quitté le foyer s’éclate au cinéma et sort un nouveau disque; Nous avons parlé Robert Longo et Sylvia Plath pour une interview qui paraîtra mi-août, juste avant la sortie de son album, joliment intitulé “Année zéro”. Retour de Pigalle à moitié à pied sous un soleil harassant, mise à jour des fichier livres pour septembre et il était temps de courir vers mon frozen yoghurt préféré, rue vieille du Temple et de boire un coca sympathique à l’éléphant du Nil. Le dîner familial a été très sympathique, malgré un sérieux mal de crâne et la soirée studieuse. Pas de quoi inspirer le moindre vers, malgré les hauts et bas sentimentaux du week-end. Je suis plus efficace pour exprimer la colère, l’impuissance, la tendresse et la fatalité, rendent muet(te). Malgré tout ceci, un bel été se prépare et l’appétit vient en mangeant…


Helena Noguerra – The End of The Story (clip… von naiverecords

Huit mois plus tard

Samedi 15 juin 2013

Muette depuis octobre, ça n’a jamais été aussi long. Et je ne suis pas vraiment sûre qu’en ce samedi orageux, antichambre d’un été qu’on nous prédit aqueux, mes lèvres soient tout à fait desserrées et mes doigts désengourdis. En huit mois rien n’a changé pour que tout change. Les spectacle se sont multipliés, j’ai vu des dizaines de superbes films à Cannes et Berlin, aussi un peu Angers et Belfort. Côté théâtre et surtout musique, RAS, pas de gros coup de cœur. Toute La Culture a reçu une subvention du Ministère de la Culture, ce qui nous donne de l’espoir pour l’avenir et le nouveau site fonctionne plutôt pas mal. Nous allons aussi sortir un guide de Paris dont nous ne finissons pas de corriger les épreuves. Depuis un mois environ je travaille un peu moins et passe parfois la moitié de la nuit au Silencio et j’ai un peu des fourmis dans les doigts, même un nouvel homme dans ma vie depuis novembre dernier m’accompagne la nuit, à l’heure où de temps en temps, j’avais besoin d’écrire. Probablement avec le calme de l’été, j’arriverai à poser quelques signes ici, et pourquoi pas ? même quelques vers mélancoliques. Surtout en cette année où tout le monde passe des chiffres d’âge rond dans la famille. 60, 90, 80 et 30 !