Archive pour octobre 2012

Porte Dorée

Vendredi 19 octobre 2012

Des léopards gris ont levé le pavillon des colonisés
Emmitouflée de haillons aux peluches lacérées
J’ai posé la main sur les oreillons
Et aucun grain, aucune gorge, n’a sifflé

Coup de torchon sur l’Amitié,
Ensevelie sous la croix des sans-passion
Coup de chiffon sur mon propre reflet
Là où l’étoile reste en pole-position

Devant les grands chignons des Vahinés
Entre deux bataillons bien français
D’autres fantômes se sont soulevés
Sans bruit, les bras ronds et vides comme mes carnets
A plat, sous des tropiques ganachés, j’ai épousé l’abandon.

Aucun génie ne pleure jamais, même à grands blousons
Dans l’absolution, se cogne le blues, le seul, le vrai
Il a les yeux de la couleur de ses talons
Et un goût sucré, sans calorie, ni décoration

Sur le trottoir-boudoir, sous la pluie anisée
Il faudrait avaler une potion de solitude-sanction
Sacrifice des éclairs aux moignons de luminosité
Tous les cafards sont noirs, une fois Kippour passé

Reste une colère, la suspension du strudel contrarié
Sur les os qui restent en tension, bien entassés

Frigorifiée, je reconnais les vocalises des esclaves du passé
Les mêmes voix, mais venues d’un lieu où l’avenir existait
Avant, dans le jaune meringué des tartes au citron
Dans les vestiges d’une histoire qu’on n’avait pas négociée
Avant, dans l’indéfini angoissé de vieilles superstitions
Du temps où parcourir l’éloigné était une libération

Et puis peu après, la même voix, le givre épais
Et un double dans une toile du Midwest, pleine d’horizon
Et puis peu après, l’automne fané puis le miel et l’oranger
Une fusion à pas feutrés, derrière les verres de la raison

Comment aurais-je su ?
Que le désir ne faisait qu’une apparition
Dans un long film de débuts non-sous titrés
Comment ai-je renoncé ?
Au repos, au temps long, aux tons arrêtés, à la fumée et aux bonbons.

Comment s’est crevé l’inaperçu et où a disparu l’espoir ?
Me demandent de grandes ailes léopardées d’occupation
Porte dorée, l’amer a rendu ses tristes grâces
A la chute historique d’un filet à papillon.

Petit point en passant

Mercredi 3 octobre 2012

Et voilà, encore une fois je n’ai rien écrit en septembre!

Le travail croît et se multiplie et entre les cours qui ont repris le 3, le festival de Deauville, un lourd dossier de subvention pour Toute la Culture, et divers travaux à rendre, je ne dors pas plus de quatre heures par nuit sans réussir à faire ce que je dois. La fatigue s’accumule, je suis plus lente, et la machine s’enraye un peu.

Mais, immense satisfaction, la machine est moins lourde à porter. Après 3 mois de poisson bouilli/légumes verts et pas une goutte d’alcool, ni une miette de pain (quant au chocolat je ne sais même plus que ça existe), j’ai perdu… 10 kilos. Tout rond. Et ai la double satisfaction de pouvoir entrer dans un 38 ET manger à nouveau un peu plus de viande. Devenue spécialiste de l’autocuiseur et de la sauce au yaourt de soja, je fonctionne aux carottes (permises depuis seulement 15 jours) avec une énergie surmultipliée en sport. Il va me falloir encore un peu de temps pour m’habituer à mon nouveau corps, mais je crois que j’ai réussi à réaliser un rêve d’ado: être mince. Qui plus est avec de longs cheveux lisses. Bref tous les critères en cours, et ça marche : la preuve en est, tout le monde s’exclame… Ce qui pose deux questions : 1/ Etais-je vraiment grosse et laide avant, j’ai plutôt envie de répondre non… avec bon sens. 2/ A quoi bon s’escrimer à se cultiver quand il suffit de mincir? Deux remarques qui rejoignent mes 13 ans et qui me donnent envie d’arrêter d’interviewer des réalisatrices polonaises et de lire des pavés pour passer plus de temps en cours d’abdos et dans les magasins. Si seulement… pour le shopping,pas encore le temps.

Petit point girly donc, et assez léger, parfaitement en accord avec l’ambiance de la Fashion week parisienne, de laquelle je me sens plus proche, la hypitude me guette peut-être…