Archive pour mars 2012

Introducing Mirel Wagner

Dimanche 25 mars 2012

Découverte de l’hiver. Triste. Bouleversant. A fui l’éthiopie.

Souhaits fanés

Samedi 17 mars 2012

Quelques écailles de vinyle brun
Entaillent la pulpe d’un drain
La course claque son blanc sein
Aux plaques froides de l’âge

Une mèche lisse balaie l’étain
Et le ciel se cou-lisse pour rien
Le rouage presse une page vierge
Notre peur a l’odeur fraîche du pain

La peur va et vient
Dans un puits sans plumage
La peur va et tient
Le plomb brûlé dans la main
Même en apnée, je vois moins bien.

Les surtitres pointillent, suaves d’entrain
Tu fixes, je cligne, pupilles de crin
Nos petits carnages d’attente sont sereins
Qui ne dit rage retient la neige
Qui ne dit rien jette le courage

Écarté, tu pétris les dons anciens
Principauté beige du matin
Nous sommes d’altiers perplexes en engrenage
Des grenats perdus en virgules pleines
Tes sourcilleux silences sortent en grains.

Les regrets sont en chemin
Pour la première fois, somnifères
Non, rien de bien
Les regrets sont cartésiens.

Les écailles tombent une à une
Sur les mèches longues d’un grand jardin
Sur le vélo aux cheveux gris grimpant la dune
Et sous l’œil noir de vœux-sapins.

Je rêve parfois d’une longue dame brune
Un peu sorcière, très écrivain
Une fée de khôl qui veut la lune
Et tire ses refus d’acier au quotidien

Je rêve souvent de fumée mince et sage
L’œil clair fixé sur un rivage enceint
Une promenade solitaire qui ne pèserait rien
Quelques grammes d’encre relèvent le pain.

Les regrets sont en chemin
La peur décide des engrenages
Tout est déjà sage
Et le naufrage, certain.

Smokey Landing

Vendredi 2 mars 2012

Ces jours-ci, j’ai envie de gris. Retomber dans mes travers à la quête amollie de cheveux rassurants. Et puis : le vernis opaque sans écaillement. La fenêtre du soir, avec quelques volutes, mais une fois la laque sèche, la chaleur du lit, et les genoux sans chien, ni calmant . Platement passive, se tenir arrondie devant un bol de riz gluant, un verre d’eau de radis et tout poser en plis de contentement. Cultiver aussi les cernes qui prouvent que les nuits sont mises à profit, sans paupières lourdes et sans emportement. Ces temps-ci, J’ai envie de demie-teinte, de rien de trop vivant. Rien qu’il faudrait payer cher après, en grimaces et en tiraillements. Beaucoup de travail, c’est admis, mais seulement si je peux perdre mon temps. J’ai envie de souffler un peu, lentement; de transpirer, mais sans éreintement. J’ai envie du béton sale mais élégant des immeubles haussmanniens et des chaussées vides par mauvais temps. Le gris, ça marche aussi pour les amis : on se parle poliment, j’écoute avec esprit, je raconte la Nouvelle Orléans. On note comme tout mûrit, à table, dans un bon restaurant. Mais pas de grand récit, plus jamais de débraillement ; pas de portrait nu précis, pas d’analyse nourrie d’alcool et de retournements. Le pantalon reste seyant, et les souliers vernis. Une fois que c’est fini, après pas trop longtemps, vers dix heures et demie, j’entame une longues marche dans Paris. Mais seule, talons plats pour le tapis et en harmonie avec mes gants. Ces jours-ci, j’ai envie de gris, plus que des grands feux grisants que j’avais nourris à l’artifice et au renoncement.

Et comme je suis tellement calme et cool, voici le titre de l’illustration : “Paris la nuit”, de Nicolas de Staël, 1954.