Archive pour 6 novembre 2011

Treuil tardif

Dimanche 6 novembre 2011

Les pieds noirs de Paris
Quand les masques font tatouage
Quand les talons frappent le roussi
Des fins alliages sur cernes sages

J’ai peur d’une ombre, d’un partage
Les dessous de la tendresse me soucient
Éparpillée, je prends de l’âge
Et laisse trotter les choix précis

Les bottes frottent le parvis
D’une cathédrale aux mille virages
Où tous mes cavaliers sont assis
Je presse la vie vers le carnage

Mais le désastre se travaille aussi
Auprès des druides, le long des pages
En petites touches noires de sursis
J’ai oublié toute la force et ma rage
Pour flotter, méprisable, dans l’indécis.

Surprise par la nuit parisienne

Dimanche 6 novembre 2011

Cela fait longtemps qu’on m’annonce que la nuit parisienne est morte. Que je suis née trop tard pour connaître les grandes heures du Palace. Et l’interdiction du tabac ou les lois sur le tapage nocturne n’ont rien arrangé tuant dans l’œuf le succès de nightclubs comme le parisparis. Il n’empêche que depuis la rentrée j’ai enchaîné une série de soirées plutôt très drôles et décalées où les noctambules faisaient montre d’un certain feu sacré dans l’élégance et l’envie de danser. Les 25 ans de Paris Première au Grand Palais d’abord où malgré ‘ambiance un peu étrange, la magie de la nef et des barbes à papa sur les buffets a opéré et où nous avons suive avec plaisir les impeccables DJs. Ensuite quelques excellentes soirées lors de la Fashion week. Et cette semaine, coup sur coup, deux soirées déguisées post-Halloween où chacun a joué le jeu. L’anniversaire du baron d’abord, improvisé jeudi après une soirée très sérieuse et politique. J’ai inventé un habit de hippie en 30 min pour entrer dans ce lieu que je trouve toujours formidable mais qui cette soirée vrillait de mille feux : princesses africaines, centurions romains, et bédouins majestueux côtoyaient cardinaux et Marie-Antoinettes. Ma favorite : une frêle jeune-fille toute de noir vêtue, un peu vestale, un peu guerrière avec une épée et une tête en plastique dans la main. Je suis allée vers elle et lui ai dit “Vous êtes Judith?”, elle était tellement ravie que je reconnaisse qu’elle a tenu à m’embrasser… Ça avait vraiment de la gueule, et sentait vraiment la danse et la fête…
Quant à ce soir, j’ai annoncé au dernier moment une soirée burlesque autour de la sortie d’une complile électro-jazz par Bart&Baker chez Wagram. L’attachée de presse m’a dit qu’ils souhaitaient surfer sur la vague du film “The Artist”. J’ai donc joué le jeu et enfile ma robe à franges la plus années 1920 et mis mon rouge à lèvres le plus carmin, avec mes talons les plus rétros et les plus hauts pour entrer dans la salle ronde complétement art déco de l’Elysée Biarritz. Concerts, expo, affluence de tous âges très lookée rétro, et musique irrésistible étaient au programme. Ainsi que des animateurs hyper-actifs et même un petit show de danse sexy, avec des jolies femmes de toutes morphologies. Métissage sympathique, sans les fameux zyeutages de check up snob à la parisienne, et rythme étaient au rendez-vous. Bref que du joyeux et de l’inattendu… A suivre, j’espère.

Sinon, petite vidéo de ma trouvaille de la semaine. Le premier album de chanson française qui m’émeut aux larmes depuis le dernier Biolay (bon, et Daphné). Live report à venir après le concert du 14 décembre au Café de la Danse sur toutelaculture.com.

Pierre Lapointe “Le magnétisme des amants” from Audiogram on Vimeo.