Archive pour octobre 2010

Les premières vidéos (amatrices) de Monsieur Luxure

Vendredi 29 octobre 2010

C’est la grande aventure de la semaine, première le 24 octobre le 24 octobre, et Showcase privé au Secret Square le 27…. Voici deux de mes chansons préférées, même si je les aime toutes.

Merci à toute l’équipe qui m’a entraîné dans son joyeux délire cette semaine!

J’aurais voulu

J’aurais voulu que tu me dises
Viens là, couvre-moi de saveurs
Retiens juste un temps, mon exquise
Le rouge touché de nos chaleurs

J’aurais voulu pouvoir te dire
Penche-toi, prend la tige-fleur
Et je te veux nue qui t’étires
Immobile objet du bonheur

J’aurais voulu que tu me dises
Je t’emmènerais avec lenteur
Au fond de ces folles églises
Où le plaisir fait un peu peur

J’aurais voulu pouvoir te dire
Qu’il est trop tard pour la pudeur
Je veux à peine que tu respires
Sous le brouillon de nos sueurs

J’aurais voulu que tu me dises
Tu es la seule, l’unique, ma sœur
Que notre étreinte s’éternise
Dans la poudre moite des valeurs

J’aurais voulu pour voir te dire
Je veux rester dans ta chaleur
Mais une fois que le souffle expire
Je ne suis qu’un joyeux chasseur

J’aurais voulu que tu me dises
Je ne suis pas comme ces voleurs

Qui se détournent de leur prise
Et veulent le corps, l’âme, tout, sur l’heure

J’aurais voulu pouvoir te dire
Que ce n’est pas ma faute, mon cœur
Mais je m’ennuie de tes soupirs
Il est temps d’aller voir ailleurs…

Il faut maintenant que je te dise
Merci d’épargner le malheur
D’une liaison un peu trop grise
Tuant l’entente et la grandeur

Mon ange, je dois bien te le dire
Combien notre choix est sauveur
De ne pas vivre le délire
D’un couple faisant le malheur

Il faut aussi que je te dise
Nous nous éloignons en vainqueurs
Notre rencontre était précise
Et nous vraiment à la hauteur

Oui chérie, laisse-moi te dire
Nous resterons proches et charmeurs
Et ne ferons rien pour le pire
Pour garder de nous le meilleur.

Tu me fais du bien

« Monsieur Luxure », de Laurent Couson, avec Laurent Couson, Romy Sublet, Siegfried Courteau, Raphaël Bancou et Eric Jacot, mise en scène : Jean-Luc Moreau, à partir du 24 octobre au Théâtre de la Gaité, 26 rue de la Gaité, Paris 14e, m° Gaité ou Montparnasse, 30 euros. Réservation ici.

Ma querelle avec Irène Némirovsky exposée au mémorial

Vendredi 29 octobre 2010

Jusqu’au 8 mars 2011, le Mémorial de la Shoah revient à travers textes, manuscrits, photos rares et même un enregistrement vocal sur le destin extraordinaire d’Irène Némirovsky. Auteure à succès dans les années 1930, cette juive d’origine russe a été déportée en 1942, et son œuvre aurait sombré dans l’oubli sans le succès phénoménal de “Suite Française”, roman inachevé paru en France en 2004. Depuis, tous les écrits de Irène Némirovsky semblent ressusciter, et les biographies se multiplient. Avec beaucoup d’enthousiasme, Olivier Philipponnat, le commissaire de l’exposition, propose une traversée dans la vie tragique et l’œuvre riche d’Irène Némirovsky. Parfaitement menée, et grandement pédagogique, comme d’habitude au Mémorial (voir notre article sur “Filmer les camps”), l’exposition rappelle également à ses visiteurs qu’en 1940, à l’heure même de l’offensive allemande, Némirovsky écrivait un énième livre caricaturant les juifs orientaux immigrés en France pour faire des affaires très louches, avec “Les chiens et les loups”.


La misère conserve le juif comme la saumure le hareng”. David Golder.

On ne pardonne pas son enfance. Une enfance malheureuse, c’est comme si votre âme était morte sans sépulture : elle gémit éternellement.” Journal.

Elle ne serait plus à ses yeux cette mendiante, cette vagabonde, cette outcast, cette petite Juive de la ville basse. Elle parlait le français maintenant ; elle savait faire la révérence ; elle était “‘comme les autres.'” Les Chiens et les loups.

D’origine russe, Irène Némirovsky a fait une carrière littéraire fulgurante dans la France de l’Entre-deux-guerres : le succès de son roman “David Golder” (1929) publié chez Grasset alors que le jeune-femme n’avait que 26 ans et transposé à l’écran par Julien Duvivier est suivi d’une série d’autres romans.  Très populaires, ces derniers paraissent d’abord en feuilletons, volontiers dans des revues de droite ou d’extrême droite (jusqu’à Gringoire!). Toute sa vie, Irène Némirovsky n’a eu de cesse de renier par écrit ses origines : en exprimant sa haine viscérale à l’égard de sa mère superficielle et la honte face à la fortune d’affaires financières réalisée par son père. Baptisée en 1939 avec son mari et ses deux filles, elle se retire pendant la guerre en Saône-et-Loire à Issy, où elle continue à vivoter des droits d’auteur que lui verse encore Albin Michel, tandis-que Grasset a coupé les vivres à celle qui est considérée depuis le 3 octobre 1940 comme une “juive étrangère”. Elle rédige à Issy son grand roman inachevé, “Suite Française”. Le destin tragique d’Irène Némirovsky (elle meurt du typhus à Auschwitz, le 19 août 1942) et le sort extraordinaire de son dernier manuscrit (mis à l’abri par son mari avant qu’il ne soit lui-même déporté, et best-seller… plus 60 ans après la mort de son auteure, puisque publié en 2004 par Denoël) ont transformé l’auteure en vogue  des années 1930 en coqueluche internationale de l’édition des années 2000 (plus de 2 millions de ventes de la copie américaine chez Knopf )…

Imaginée après l’exposition qui a connu un succès phénoménal au Museum of Jewish Heritage de New-York, celle du Mémorial de Paris oscille entre précision d’archives et touchant enthousiasme. En son cœur, l’on trouve la fameuse valise de cuir où le manuscrit de “Suite Française” s’est conservé toutes ces années et mis à disposition par la fille de l’auteure, Denise Epstein. Le Mémorial permet de plonger de manière chronologique dans la vie brisée d’Irène Némirovsky : la première salle est celle de l’enfance exilée, mais dorée, entre Kiev, Biarritz, la Finlande et Paris. On y rejoue, textes à l’appui, la vocation littéraire, l’intégration par les lettres et le succès de la jeune-femme. Des photos peu connues, et des pages du journal de l’auteure sont probablement les pièces les plus précieuses de cette première partie :  ceux et celles qui ont lu “Le bal'”(1930) et les déclarations de haine de l’auteure à sa mère seront très émus de voir cette femme et la jeune Irène à 7 ans en vacances sur la côte basque. Les lecteurs du “Mirador”, aimeront les clichés de l’auteure en jeune mère avec Élisabeth Gille et Denise Epstein. Dans le couloir qui mène à la deuxième salle est diffusé le seul enregistrement radiophonique conservé de l’auteure, sur son roman feuilleton “Deux”(1939). Une voix aigre, de vieille femme déjà, et touchante dans ses considérations sur le couple.

La deuxième partie expose un parcours qui à première vue pourrait sembler “classique” au Mémorial : la dépossession des droits, et la déportation. Mais, pour celui qui sait bien se pencher, elle accole dans ses deux pans tout le “paradoxe” Némirovsky :

– d’un côté on nous présente une juive devenue française qui ne supporte pas et surtout ne comprend pas vraiment pourquoi elle est déchue de ses droits. Elle  tente de protester, en jouant le rôle du “parvenu” décrit brillamment par Bernard Lazare dans “Le fumier de Job” (écrit vers 1903). A la suite du premier statut des juifs,  Némirovsky écrit par exemple au Maréchal Pétain (et la lettre fait étrangement penser à celle d’une juive souvent décriée pour sa “haine de soi”, Simone Weil, au commissaire aux questions juives, Xavier Vallat) : “Je ne puis croire, Monsieur le Maréchal que l’on ne fasse aucune distinction entre les indésirables et les étrangers honorables.” (13 septembre 1940). Échouant dans cette tentative  de parvenir à s’extraire de sa condition “de malheur’, malgré les romans, et malgré le baptême, Irène Némirovsky tombe dans le rôle du paria. Mais un paria retiré en France profonde et qui se met à écrire des romans de terroir tels “Chaleur du sang” (publié en 2007 par Denoël).

– d’un autre côté, alors que la mort dans les camps est documentée comme il se doit, mais demeure très historique, factuelle et digne,  la rédemption de “Suite Française” est surexposée à travers la valise de cuir et bien sûr le manuscrit hâtivement écrit (un seul manuscrit inachevé et d’une écriture bleue d’eau penchée, serrée et raturée, tandis qu’on a retrouvé pas moins de 4 versions de “David Golder”).

Alors qu’elle se présentait plutôt comme un panégyrique aux chemins tout tracés, l’exposition Irène Némirovsky au Mémorial permet subtilement de rouvrir le dossier. L’on en sort pensif, se demandant si vraiment “Suite Française” justifie le renommée internationale d’une écrivaine présentée comme une autre martyre juive sacrifiée par le 20ème siècle.  En un mot, la question de la haine de soi est enfin bien posée. Et avec elle, suit immédiatement celle de la qualité littéraire. Si l’on peut trouver dans “Suite Française” une sorte de version civile et littéraire de “L’étrange défaite” de Marc Bloch, aux qualités  inattaquables,  les romans qui précédent (tous régulièrement re-publiés depuis 2004) posent question : au-delà des thèmes aujourd’hui démodés, voire gênants, et donc du strict point de vue du style, les qualités de peinture sociale d’Irène Némirovsky caricaturant des juifs de l’est parvenus  sont elles réellement révolutionnaires? Ou s’ancrent-elles au contraire dans une tradition bien française, de droite populiste et très XIXe siècle que l’auteure s’est appropriée avec brio?

Irène Némirovsky, ‘Il ne semble parfois que je suis une étrangère'”, jusqu’au 8 mars 2011, Mémorial de la Shoah, tljs sauf samedi 10h-18h, 17, rue Geoffroy l’Asnier, Paris 4e, m° Saint-Paul ou Pont Marie, entrée libre.


P. Lienhardt, O. Philipponnat – La Vie d’Irène Némirovsky
envoyé par hachette-livre. – L’info internationale vidéo.


Pour aller plus loin :

GILLE, Elisabeth, Le mirador, Paris : Stock, 2004, 422 p.
PHILIPPONNAT, Olivier, LIENHARDT, Patrick, La Vie d’Irène Némirovsky, Grasset, 2007, 503 p.
WEISS, Jonathan, Irène Némirovsky, biographie, Paris : Le Félin, collection « Les marches du temps », 2005, 218 p.

Suite Française, Paris : Denoël, 2004, 434 p.
Le maître des âmes, Paris : Denoël, 2005 [1939], 284 p.
David Golder, Paris : Grasset, Livre de poche, 1929, 192 p.
Le Bal, Paris : Hachette, 2005 [1930], 89 p.
Les chiens et les loups, Paris : Albin Michel, 1940, 221 p.
Le vin de solitude, Paris : Albin Michel, 1935, 311 p.
Jézabel, Paris : Albin Michel, 1936, 266 p.

A la redécouverte de Felix Nussbaum au MAHJ

Vendredi 29 octobre 2010

Après l’avant-garde de la Radical Jewish Culture, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme revient aux classiques jusqu’au 23 janvier 2011 avec une excellente exposition dédiée au peintre Felix Nussbaum. Comme Otto Dix, Max Beckmann ou George Grosz, mais sans passer comme ses aînés par la case “expressioniste”, Felix Nussbaum était un peintre de la “nouvelle objectivité”, courant typique de la République de Weimar qui est revenu, dans les années 1930, à une représentation ultra-réaliste et volontiers caricatural de la société Allemande d’Entre-deux-Guerres. Mais la période allemande fut relativement courte pour ce juif-allemand né au tout début du siècle dans un milieu bourgeois : la plus grande partie de son œuvre a été peinte en exil. Reconnu très tardivement, après la disparition de Nussbaum à Auschwitz en août 1944, son art est exposé depuis 1998 dans un musée qui lui est dédié (et dessiné par Daniel Liebeskind, l’architecte du Musée juif de Berlin) dans sa ville natale d’Osnabrück. la fermeture temporaire de la Felix Nussbaum Haus d’Osnabrück jusqu’en mars prochain permet au MAHJ d’exposer 40 de ses peintures et 19 de ses dessins dans une exposition chronologique, pédagogique, et comme d’habitude dans ce musée, parfaitement scénographiée.

« Si je meurs, ne laissez pas mes peintures me suivre, mais montrez-les aux hommes. » Félix Nussbaum.

Tout commence nécessairement par des œuvres de jeunesse, mais l’atelier du peintre ayant brûlé en 1932 dans l’incendie prémonitoire de son atelier à Berlin, il reste bien peu de toiles de jeunesse. Celles présentées au MAHJ montrent la famille de l’artiste, sa synagogue locale, et un autoportrait qui témoigne de l’influence de Van Gogh sur le jeune Nussbaum.

L’artiste se fait vraiment connaître avec une toile qui pourrait bien être un manifeste de la Nouvelle Objectivité : présentée à la 64e exposition de la Sécession de Berlin, “La place folle” (1931) tourne en ridicule les membres honoraires de l’académie des Beaux-Arts, à la tête desquels l’on trouve la figure tutélaire de Max Liebermann imbu de lui-même et perché sur un immeuble de la Potsdamer Platz. Lieberman aurait souri de cette caricature qui témoigne déjà d’influences flamandes qui croîtront avec l’exil de Nussbaum. Cette percée permet au peintre de décrocher une bourse pour la villa Massimo de Rome où il s’imprègne des influences métaphysiques de Girogio De Chirico. Nussbam ne repasse plus par l’Allemagne, puisque l’arrivée d’Hitler au pouvoir le contraint de prolonger le voyage d’études en exil : en Italie, en Suisse, à Paris (Nussbaum y participe à l’exposition “l’Art allemand libre” en 1938, à Ostende et surtout à Bruxelles.

En Belgique, Nussbaum rencontre James Ensor, et revisite ses “classiques” flamands. Ponctué par une série de prolongations de droits de séjour pour lui et sa femme, Felka, cet exil belge donne naissance à une série d’autoportraits aux masques grimaçants, et à des jeux de perspectives époustouflants vaguement épongés par des torchons comme dans “Le secret” (1939). L’invasion de la Belgique par l’armée allemande, entraîne l’arrestation et l’internement de Nussbaum au camp de Saint-Cyprien (Pyrénées orientales) en tant qu'”étranger ennemi”. Si Nussbaum parvient à s’enfuir du camp, l’expérience l’a profondément marqué et le peintre est l’un des rares artistes à avoir laissé des œuvres témoignant de cette vie dans les camps.

A Saint-Cyprien même, Nussbaum peint, notamment l’autoportrait que le MAHJ a choisi comme affiche pour cette exposition. Puis, revenu à Bruxelles, il retravaille cette matière brutes dans de grandes fresques comme “Saint-Cyprien” (1942), ou le grandiose “Triomphe de la mort” (1944), dernière œuvre signature d’une vie sacrifiée, et néanmoins extraordinairement classique. Aussi grandioses soient-elles, les grandes scènes macabres de Nussbaum renouant avec l’art d’un Jérôme Bosch semblent plus faibles, moins bouleversantes et moins originales que ses autoportraits à taille humaine dans la description de l’inhumain en marche. Peut-être parce que la vision chrétienne traditionnelle de la mort n’est plus d’actualité en 1944 : elles semblent en deçà de la réalité de ce que Hannah Arendt désignait comme “la fabrication démentielle de cadavres”.

Peut-être aussi parce qu’elles sont trop travaillées, trop respectueuses des maîtres et moins “à vif” que les autoportraits sombres de l’artiste prisonnier. Peut-être enfin, parce que la maigreur grimaçante d’un seul homme seul au premier plan face à un ciel vide est plus à même de représenter la destruction totale que la sarabande moyenâgeuse des feu-follets de la mort. Cachés dans le grenier de leur appartement bruxellois de la rue Archimède, Nussbaum et sa femme sont dénoncés et déportés à Malines le 20 juin 1944, puis à Auschwitz le 21 juillet, dans le dernier train quittant la Belgique pour la Pologne. Nussbaum est mort le 4 août. Il avait mis ses toiles d’exil à l’abri chez le Dr Grofils, et ont à peine été montrées jusqu’à la première grande rétrospective de son œuvre en 1971, dans sa ville natale : Osnabrück.

Tous les évènements autour de l’exposition : ici.
Lien vers la maison Felix Nussbaum à Ossnabrück, ici.

Felix Nussbaum, Osnabrück 1904- Auschwitz 1944“, jusqu’au 23 janvier 2011, MAHJ, Hôtel de Saint-Agan, 71, rue du Temple, Paris 3e, m° Rambuteau, Hôtel de Ville, lun-ven, 11h-18h, nocturne le mercredi j.q. 21h, 7 euros (TR: 4,50 euros).

Balagan quotidien

Samedi 23 octobre 2010

La solitude se pend par les pieds
Dans les griffures des draps bruns
Il n’y pas de place dans ce déshabillé
Pas de paletot entre les mains

***

Le dissipé glisse en tout petits grains
Des grandes nuits de tendre police
Les plumes tombent, livrent un rein
Courbé et faux, temps de la coulisse

***

Un instant
Je laisse le noir au nœud du bras
Le temps plisse son élastique éteint :
Le dégel, parfois
L’amitié que l’on étreint
Un dimanche sans gong et sans drain…

***

– Je ne suis pas en état –

De grâce ou de pitié
Le Tyran dépasse le propice
Et se noie, à moitié, croûte tapie
Dans les halles nonchalantes du chemin

***

Je retrouve
Un factice damas
Les tapis sereins
Et repeins
Les devoirs à faire
Les cènes sans saints
Un plomb à parfaire
Et les manèges quotidiens

***

Les images du passé
Mordent un présent-barricades
Je promène les fantômes, de bon matin
L’un porte le manteau de l’autre…

***

Le souffle bloque dans le crachin
Alarme de pluie. L’un disparaît
L’autre crache sur ma patrie
Le troisième abandonne la partie
Les joueurs se dérobent, je suis trop loin
Même en famille, je fais le pantin

***

La déception se pend avec entrain
Aux tambours des coups appris
La musique n’a pas souffert pour rien.

Attentat au tiroir

Jeudi 14 octobre 2010

Grandes amitiés de boudoir
L’obscurité rapproche sans hâte
Laisse flotter les mouchoirs
Spartiate, et dégoûtée
Je repousse la balançoire

Soif d’opiner, juste s’asseoir
Quand les pieds soudés triturent la pâte
Des toits teintés de colère omoplate
Attrait du mot, mobile dérisoire
On a toujours le choix

Dans mon giron grisé de strates
Tournent les mêmes histoires
De ceux qui tâtent et quittent
Par écrans stimulés de parloir …

Faim de hurler, rouge grattoir
La plume reprise, rature l’état
De l’oubli blessé
D’un en plus empois
J’écris liberté

Sur le silence des devoirs
Pas de remarque : il est laid
Ballonnée de bouches chocolat
J’apprends un peu trop tard
La chaux basse d’une poire vide
Et l’entonnoir chevauché
Des contre-chocs accessoires

Sommeil brisé, sourcils cravate
Le front tressé, pudique automate
Plisse l’intime maté et le flou migratoire
Voyance d’arrêt en deux cartes
L’alcool d’apparat
La distance exécutoire
Encore un prêche…

-Ego-pirate de laboratoire-

On a toujours le choix
Entre la crèche et la baignoire
La liberté court longtemps après
Mèche à mèche, en trois fois
Je me tais : il n’y a rien à croire.

Cindy Lauper : Je n’ai jamais pensé au Blues comme à autre chose que du Rock’n roll

Lundi 11 octobre 2010

Jolie Interview, dont je suis, il faut bien le dire assez fière.

1) Toutes les copines étaient mortes de jalousie

2) Après l’affreuse expérience Nick Cave, j’ai eu très peur, mais Cindy Lauper a l’âge de ma mère et son énergie et sa gentillesse. Ce beau moment passé ensemble et où elle m’a confié des choses assez personnelles, s’est fini en happy end américain : un grand hug, qui avec l’accent de Brooklyn m’a rendue toute chose et toute nostalgique de Brooklyn. Merci à Lare et Thomas…

Connue pour ses textes et compositions originales comme « Girls wanna have fun », « Time after time » ou « True colors », l’icône des années 1980 a surpris son public en sortant au printemps dernier un onzième album studio compilant de grands standards de Blues, interprétés par Ida Cox, Robert Johnson, ou Muddy Waters. Et Cindy Lauper a quitté New-York natal pour enregistrer à Memphis même son « Memphis Blues », entourée des plus grands musiciens du genre : le guitariste B. B. King, l’harmoniciste Charlie Musselwhite, le pianiste Allen Toussaint ou encore la chanteuse Ann Peebles. Ce retour aux classiques n’a pas empêché Cindy Lauper de rester elle-même : sulfureuse et engagée, aux côtés de Lady gaga dans la campagne anti HIV pour les rouge à lèvres MAC et dans le jeu de téléréalité de Donald Trump sur NBC : The Celebrity Apprentice. La chanteuse a d’ailleurs donné une véritable performance live du premier single de son CD, « Just your fool », lors du final de l’émission.

Alors que l’album « Memphis Blues » est finalement sorti en France le 28 septembre dernier , c’est avec une folle chevelure rousse et une énergie communicative que Cindy Lauper a répondu aux questions de toute la culture.

Est-il vrai que les femmes extravagantes n’ont pas le blues ? (« Wild women don’t have the blues » est le titre d’une chanson de Ida Cox reprise sur le dernier album de Cindy Lauper )
Absolument, je pense que le message de femmes comme Ida Cox qui a écrit cette chanson, Memphis Minnie, Bessie Smith et Ma Rainy –elles étaient les premières féministes- était que « Girls just wanna have fun ». Je pense que c’est vrai, si tu es wild et que tu gardes un cœur sauvage, ce qui est extrêmement difficile aujourd’hui, cela te libère. C’est pourquoi je crois qu’Ida Cox a dit cela.


Vous avez quand même le blues de temps en temps ?
Bien sûr ! Toutes nos vies sont emplies de blues. Mais une des caractéristiques du Blues, c’est qu’il remonte le moral. C’est sa meilleure part.

Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir au Blues ? Et pourquoi être allé jusqu’à Memphis pour enregistrer votre album ?

Je l’ai fait exprès. J’ai toujours voulu faire cet album. J’ai déjà essayé en 2004 et ca n’avait pas marché. Mais les choses arrivent toujours pour une raison. Quand je lisais les journaux, il semblait que tout le monde avait le blues. Il était temps de faire quelque chose comme ça aux États-Unis et partout dans le monde, les gens avaient sans arrêt le blues, à la maison et au travail, partout. Et j’étais enfin prête et je suis allée à Memphis. Et c’était la chose juste à faire. Tu sais, les vieilles chansons font partie de notre héritage. Et je pensais que ce serait bien de choisir des chansons qui sonnent comme si elles avaient été écrites aujourd’hui. Parce que cela montre comment l’histoire se répète. Et j’ai aussi choisi de chansons qui donnaient de l’énergie. Le blues a été écrit par des gens qui étaient opprimés. C’était des gens opprimés et ils ont quand même choisi d’écrire des chansons qui remontent le moral.


Mais n’était-ce pas trop difficile de changer de registre ?

Je n’ai pas eu cette impression. Toute la musique moderne est basée sur le blues. Pour moi, c’était une manière de revenir au début, à l’origine du rock’n roll. Quand j’ai grandi dans le rock’n roll, je n’ai jamais pensé au blues comme à autre chose que du rock’n roll. Pour moi, c’était un retour à la maison. Quand je chantais avec tous ces grands artistes, c’était comme renaître ailleurs, et c’était extrêmement bon. J’ai eu la chance de rencontrer Charlie Musselwhite, J’avais déjà travaillé avec Allen Toussaint dans un CD réalisé pour une opération de charité après Katrina (vous pouvez voir leur duo « Last Train/ I know » ici.)
Et c’était un plaisir de le retrouver, car il est fantastique. C’est une personne merveilleuse et l’un des plus grands pianistes vivants. Juste magique. Et, Mon Dieu, BB King… C’étaient tous des trésors américains. En plus, ils ne savaient pas qui j’étais, ce qui était aussi formidable. Il n’y avait pas d’attentes, pas de notions préconçues. Juste cette femme aux tenues un peu étranges qui vient avec des chansons qu’elle a choisies. Ils ont aimé la sélection, mais ne savaient pas si elle pouvait chanter ou pas. Et tout ça c’est très bon !


Cela vous a-t-il donné envie de continuer dans le Blues ?

Il y a des chansons que je n’ai pas pu mettre dans cet album et que j’aimerais tellement enregistrer, j’ai pu mettre de Ma Rainy, mais il y a d’autres chansons que je trouve géniales. Ou des chansons de Memphis Minnie. Cela voudrait dire faire un autre album blues. On va voir si je peux le faire.

Chanter du Blues, est-ce une discipline très différente du chant pop ?
Non tu chantes plus. Dans la pop tu ne chantes pas tellement. Mais moi, quand je chante le blues je dois faire attention à ne pas trop chanter. Parce que la musique n’est pas ce que tu chantes, c’est ce que tu ne chantes pas. Et vraiment le groove est roi. Tu dois coller à tout ce qui sert le groove, raconter l’histoire, et t’ancrer dans le rythme. Et on ne joue pas tous la même chose. La musique est basée sur des appels et des réponses. Tous ces appels et réponses créent un appel intérieur. Cet appel intérieur, placé sur la juste portée, va ouvrir ce lieu pour la rendre hors de ce monde. C’est ça qui est tellement prenant dans le blues. Dans la musique en général, d’ailleurs. C’est ça qui te fait revenir en arrière. En tant qu’artiste, c’est une leçon très importante. Oui, il y a des jours où tu es bon, des jours où tu es mauvais. Mais le plus important est de toujours écouter ce qu’il y a à l’intérieur, et entendre le chemin et poser le pied le plus ferme possible sur ce chemin.
Par exemple, j’ai travaillé avec un chorégraphe. En général, quand je danse, je suis libre, je n’ai aucune idée de ce que je fais. Mais ce chorégraphe, Louis Falco, très connu pour avoir fait la chorégraphie du film de Fame, m’a envoyé cette lettre que je garde toujours dans ma boite à musique. C’est une copie d’une lettre de Martha Graham écrivant à Agnes de Millle. De Mille faisait Appalachian Spring (ballet composé en 1943 par Aaron Copland, ndlr). Et elle n’était pas contente d’elle-même. Martha Graham lui a écrit à ce moment-là qu’il était de son devoir de laisser les vannes ouvertesz et de continuer. Il y aura toujours des moments où l’on n’est pas content que ce que l’on fait, où ce n’est pas assez. Mais c’est la malédiction de l’artiste.

De quoi êtes-vous le plus fière dans cet album ?
Ce dont je suis le plus fière à propos de « Memphis Blues », ce n’est pas moi, c’est que je chante avec ces gars. Je suis éblouie par la manière dont ils jouent et de l’esprit que le disque parvient à capturer. Ca c’était incroyable. C’était live et a été pris en cassette. Et moi, j’ai tout fait pour rendre l’habillage, la couverture, aussi joli que possible. J’ai utilisé des images de Ma Rainy. J’ai travaillé avec Ellen von Unwerth qui avait fait la campagne MAC Viva Glam (Rouge à lèvre spécial dot les ventes ont alimenté le fond d’aide de lutte et éducation des femmes contre le Sida. Après Fergie, Cindy Lauper a été l’effigie de cette campagne, aux côtés de Lady Gaga, au printemps dernier ndlr). Et nous nous sommes inspirées de cette ambiance Boudoir de la campagne Mac. Pour la campagne MAC ça marchait car nous parlions d’une maladie sexuelle, donc la campagne devait être sexy, parce qu’il s’agissait de sexe, d’une maladie sexuellement transmissible. Mais en le faisant je me disais que le Blues était également très sexe. Donc il devrait aussi y avoir cette ambiance boudoir. Si tu regardes la manière dont Ma Rainy s’habillait et à la manière dont Bessie Smith s’habillait, et même Robert Johnson, il y avait un côté féminin et un côté masculin. Ma Rainy s’habillait comme un homme, dans un costume. Bien avant Dietrich. Même si j’aime Dietrich, come on ! Je l’adore. Je pensais qu’il était important de combiner ces visuels : la mythologie du serpent, l’homme et la femme. Qu’et-ce qu’être une femme dans toute l’histoire d’Adam et Eve ? Je ne pense pas que le serpent soit le pêché ou comme des vieux moines catholiques romains du Moyen-âge l’ont inventé. Moi je pense que le serpent représente la régénération, parce que quand tu regardes cet animal, il perd sa peau et la reconstitue. Pour moi, c’est une histoire d’enfant et de régénération…

Quel public a touché ce nouvel album ? Les fans de Cindy Lauper ? Des amateurs de Blues ? Les deux ?
Je n’en ai aucune idée. Ce sont plein de gens différents. En tout cas ils aiment l’album. Memphis Blues était premiers des charts de Blues pendant 13 semaines.Les publics sont mêlés. Mais ça ne me préoccupe plus. Ça ne me gêne pas. Je vais dehors, je regarde mon public, et je chante pour lui. Je ne renonce à personne, à rien et à aucun public. Je veux juste leur transmettre de l’énergie et les animer. Je pense que cette musique a une âme. Et les musiciens avec qui je joue sont tellement extraordinaires, que c’est carrément un voyage. Je refuse de mettre en scène mon Show à l’ancienne, même si les morceaux choisis sont à l’ancienne, parce que ce n’est pas bon de faire et refaire toujours la même chose. Tu dois prendre tes distances et avancer d’un pas parce que sinon, cela devient statique et mauvais. C’est aussi pour cela que l’enregistrement a été fait à l’ancienne, sur bandes analogiques, parce que je ne voulais pas faire semblant. C’est ennuyeux de faire semblant. Je n’ai jamais fait semblant, je n’ai jamais rien simulé. Même pas ce tu sais quoi … (rires)

Le 12 novembre prochain, vous participez à un hommage à John Lennon pour les 30 ans de sa mort au Beacon Theater. Que représente-t-il pour vous et comment voyez-vous cet évènement ?
J’ai toujours été une grande fan de John et Yoko. J’étais une grande fan des Beatles et de tous leurs projets solo. Et je pense que c’est quelque chose de très important de rendre hommage au travail de sa vie. Il n’était pas plus qu’un grand artiste, il était un incroyable homme de pensée. Il parlait des choses d’une manière qui vous faisait réfléchir. Et il était très honnête et très humain. Très vulnérable dans son humanité. Il ne cachait pas qu’il avait aussi fait des erreurs dans sa vie. Il ne prétendait pas être quelqu’un qu’il n’était pas. J’ai pensé que c’était une grande occasion. Quand j’ai rencontré Yoko Ono, c’était vraiment irréel. Je ne la connaissais pas et je me chantais souvent des chansons de Lennon ou des Beatles à moi-même, pour aller jusqu’au soir. Leur travail m’a vraiment inspirée dans ma vie de tous les jours. Quand j’ai fugué de la maison de ma mère, j’avais avec moi une version de poche de « Grapefruit », le recueil de poèmes de Yoko Ono, et ce livre m’a beaucoup marquée. Je chantais « Remember love » ou « Across the Universe » . Ce sont ces chansons qui m’ont permise de traverser ces épreuves. Parce que c’était très dur quand j’étais adolescente, de trouver ma place. Simplement exister était difficile. Tu sais, parfois tu penses qu’il n’y a pas de place sur cette planète pour toi. Pare que tu es juste différent (“out of step”) des autres. Maintenant je sais que ma différence devait exister pour que je puisse voir les choses avec distance, et que je les comprenne avec une perspective différente. Tout ceci a été une série de leçons qui m’ont été transmises par la vie, au fur et à mesure. Par exemple, j’ai toujours été torturée à l’école, parce que j’étais différente. Au collège, on me jetait des pierres à cause de mes vêtements. Et dans la vie, j’ai pu voir tout le monde s’habiller comme moi. Les gens se sont mis à porter des vêtements qu’ils critiquaient violemment, même pas dix ans auparavant. Et cela a été une grande leçon pour moi, de me retourner et de voir ce qui c’était passé. J’ai finalement compris que ce que je nommais « différence » était seulement une autre perspective. Et cette perspective est ce que j’utilise dans mon travail pour chanter et écrire. Et je ne le comprenais pas vraiment à l’époque. John et Yoko mon aidée, d’une manière indirecte. Et maintenant, je veux être là pour eux. Car, si John n’est plus là, son œuvre est toujours présente.

Cindy Lauper, « Memphis Blues », (Naïve/Mercer Street Records), sortie française le 28 septembre 2010, 19 euros.
Le « Memphis Blues Tour » de Cindy Lauper devrait passer par la France. Les dates ne sont pas encore annoncer, mais gardez l’œil sur le site de l’artiste.

Myspace.

Facebook.

Tout l’album est en écoute sur Deezer. Voici notre sélection, plus quelques chansons classiques de Cindy Lauper.

Découvrez la playlist Cindy Lauper avec Various Artists

Rivoli

Samedi 9 octobre 2010

Le manque de sommeil

Marelle la cuisse.

Symétriques et pareils,

Les chats s’acharnent

A percher tous les indices.

***

Dénervé, le cœur voile ses hélices

Restent le grave, l’englué, l’éveil de jais

Tout ce qui pense encore au sel,

Quand même les craies sont sans épices.

***

Les seins plombés boudent le ciel

Dans un tango tassé de hargne.

L’actrice est épuisée

L’encre sèche, dévergondée

Le temps s’émèche, mâche la piste

Le devoir a tangué, droit au précipice.

***

Et la liberté a tournoyé

Du rouge fraise au licorice.

Loyauté où les livres ont caillé,

Les images liment leur cercueil.

Au fil d’un temps moucheté d’alarmes

La tête continue à tonner l’abscisse.

***

Contre la pluie collée aux baies,

Les plaies s’étiolent vieilles.

Cernées d’archets, bottées en crâne,

Les emperruquées de service,

Sont deux, quatre, six.

Elles hument l’anathème

Du jour joufflu jetant sa liste.

***

Bas noirs datés, éclairs d’oreilles

Le baroque a perdu ses carnets

Et moi, les boucles des corbeilles

Les ai-je jamais improvisés

Ces bals pourtant si tristes ?

J’ai hoqueté ce seul faux nez,

Pour balayer les vraies compagnes.

***

J’ai peigné des sols bourrés d’engrais

Si riches qu’on n’est pas fier de les veiller.

A quel quart bleu d’actrice

Ai-je confié ces rangs de bagne ?

« Il faut » glisse, de mère en peigne,

Pour tailler mes cicatrices

De grands cahiers d’oseille.

***

Tout a brûlé, mais sans bail…

Tu peux toujours tout sacrifier

Dans l’oubli qui te gagne.

***

Le devoir a titubé

Sur l’automate dépenaillé

D’une bouteille de champagne.

Burlesque…

Mardi 5 octobre 2010

Routine and busy days in Paris. Can’t write, can’t travel, can’t even get rest even when I take time off. I am always thinking of the articles I should be writing, about the agregation I should be preparing, about the classes I have to give. And also about my new research project.

I decided nevertheless to try and have fun, and mostly to learn from all the various people I see during my non-stop working hours. Last week-end was quite interesting… It started with a girl’s  evening out, picking a “Marilyn”Sweather I won for blogging at the store Gérard Darel in saint Germain des Près, eating fish with E. and dragging her to a first party in the 8th and then to a burlesque show at the cabaret “La Nouvelle Eve”. Being with Eve at “La Nouvelle Eve” was a delight and we actually enjoyed very much seeing plump and appetizing girls undressing and dansing naked with feathers for more than two hours. The Burlesque crowd is vintage, elegant, and because it is all about part-playing, they are really open minded. Off course when we left at 2 am (“early to be able to work on saturday”), no cabs. We walked from Pigalle to Montorgueil where Eve lives and I took an awful vélib’ from there to home : real danger, real sports, and alone on the champs elysées biking at 3 am, I really felt special… and maybe more “Burlesque” than ever with my miniskirt so not Dita Von Teese, but still getting very short…

Saturday I attended the rehearsal of a Musical Play I wrote some lyrics for : “Monsieur Luxure“. the show is really going to be fun, and I really enjoy participating also to the very professional staging. Theater people seem more open than the editing circles… saturday night was a Chicken + Mad Men + home night. My columbian sister shared the chicken with me and Eve showed up later with a very interseting friends : she had lost hers keys. She stayed over and woke up very early on sunday because she had organized the 30th bday of the bombing of the synagogue rue Copernic. Before attending the beautiful ceremony, where the French Prime ministre, François Fillon, made  a beautiful speech, I had lunch at l’atelier with my brother and my grandma. An always amazing restaurant. I also went to the Garouste decoration of a building, rue de l’Université, and had dinner after with L., very adorable. I went back home early for another night with Eve. I have never ever slept so little alone in my life : girlfriends and friends from all over the world seem to have spread the news that my appartment was cosi and crash on my bed (no more coach, because I had to add some shelves).

Anyways, work today, the website is changing name and toutelaculture IS ocking! Tonight , I attended an amazing party for the launching of the trendy “next” webzine, by Libération. And now the sad news of Lefort’s death. No master left (well Rosanvallon and Gauchet… no way!). Is it possible to think without any master? I wonder, sometimes. I’ll get the answer at the end…

The funniest is that even my students and my readers tell me to go to bed,…it is 2:30 now and I still have some work…

Le politiste Claude Lefort s’est éteint

Mardi 5 octobre 2010

Choc et tristesse, article nul rédigé sur le coup, pour la boite à sorties…

Disciple de Merleau-Ponty né en 1924, l’ancien directeur de l’ EHESS, Claude Lefort est mort ce lundi 4 octobre à l’âge de 86 ans. La France perd un de se splus grands théoriciens du politique et de la démocratie.

Agrégé de philosophie, docteur es lettres et sciences humaines, Claude Lefort a été formé dans le giron du marxisme auprès de Maurice Merleau-Ponty.

Il s’en est éloigné dès 1946, lorsqu’il forme avec Cornelius Castoriadis – autre membre du PCI et autre grand philosophe du 20ème siècle- le groupe “Socialime ou Barbarie”.
Après un travail magistral sur Machiavel (“Le travail de l’Oeuvre”, 1972) qui a permis aux Français de sortir du seul Prince pour redécouvrir notamment les Discours, Claude Lefort a passé toute sa vie universitaire à la Sorbonne à Caen, puis au Centre Raymond Aron de l’EHESS, à penser la démocratie.

C’est cette réflexion de théoricien du politique qu’on retrouve dans ses œuvres majeures : : “L’Invention démocratique” (1981), “Essais sur le politique” ‘(1986) ou “La Complication” (1996).

Inspiré notamment par Soljenitsyne et par le livre d’Hannah Arendt “Les origines du totalitarisme” (œuvre qu’il analyse très finement dans le premier volume de ses “Essais sur le politique”), il a refusé de croire que “Tout s’est passé comme si la condamnation du totalitarisme devait impliquer celle du politique comme tel” (« La question de la démocratie »). Alors qu’il considérait le totalitarisme comme un régime à part entière, et non comme une énième variation de la tyrannie ou de la dictature, Claude Lefort a réfléchi toute sa vie à la question de la démocratie en contre-point des systèmes totalitaires.

Et en se penchant sur  le 20ème siècle, Lefort a  proposé de poser la question de la démocratie à partir de celle de la représentation. Expliquant qu’en monarchie,la souveraineté était visible, car concentrée dans le corps du roi, Lefort a soutenu qu’en démocratie, cette souveraineté était invisible et qu’il y avait donc “un lieu vide du pouvoir“. D’où la tentation de refaire corps dans la “totalité” du totalitarisme…

Selon Lefort, pour fonctionner la démocratie doit reconnaître ce lieu vide, ou ce que Lefort appelle joliment « la dissolution des repères de la certitude ». La démocratie doit accepter la division du corps social. Il ne s’agit plus de nier les conflits mais de les gérer, selon des règles toujours en évolution. La leçon de Claude Lefort est que la démocratie est un régime à accomplir jour après jour, et qui demeure toujours inachevé…

Pour écouter une conversation de Lefort avec Pierre Rosanvallon, cliquez ici.

Pour voir une conférence donnée par Lefort sur son parcours, cliquez ici.