Archive pour 4 février 2010

Les baies liées de l’avant

Jeudi 4 février 2010

Les ficelles tressent à l’envers

Une voix salée pour demain.

Les dents brossées de verre

Grincent sur de vieux parchemins.

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La peur est un fruit toujours vert

Qui plante futilement ses pépins

Dans l’écriture qui rouille des sept fers

Vieillie par le sang de l’ange malsain.

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C’est après-guerre que je serre

Le corps ployant la mort du lien

Soulagée, je place dans mes vers

Une tendresse conjuguée aux sucs de la fin.

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Puisqu’il n’y a plus rien à faire

Reste à savourer l’antédiluvien

Et c’est bien après le dessert

Que je serre mes points de cumin.

***

Plus d’encre-glace, plus de mystère

Quelques espaces pour passer le chagrin

La déception est le plus haut conifère

Quand on s’est niché au sommet du sapin.

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Le crachoir des rejets est un cancer

Et la solitude, un collier de chien

La guêpe s’affole quand elle s’avant-terre

Son bélier collera toujours aux fours anciens.

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Derrière le rogue d’une agitation de serre

Pousse un coquelicot levantin

Son cœur noir bride tout somnifère

Et c’est rouge qu’il bannit l’en-sain.

***

Toi qui peut-être parrain-flaire

La détresse au-delà du venin

Je voudrais te dire mes vrais adultères :

Je crève la nuit de longs jours trop certains.

***

Je voudrais mourir, mais la dernière

Après avoir assez tendu la main

Quand je serai sûre que l’enfer

Est l’œil sourd de celui qui étreint.