Archive pour octobre 2009

Drag my limp in the new world

Dimanche 18 octobre 2009

Written in the dark without glasses :

Back to NYC for a few days. My treat to myself for finishing my dissertation. After three  days without sleep, I got to the airport and met a friend right at the gate: no sleep during the ten hours of the trip either. i am staying with my dear Anna in the hip west village. 2nd avenue deli for dinner, nails and toes polished, and Regina Spektor- magical as usual- at the Radio city hall were on the menu on the first evening which finished with amazing whisky at the plazza, listening to a friend of anna sing. Woke up early the morning after to work in a cyber caé, back to morningside heights, the movie “an education” (not bad at all), and raun and cold, as awful as i could remmeber it from new-york.

James and katrin met us at anna’s place, and then it was difficult to find a dry and warm place to eat. Slept like a log, work friday morning, and suddenly an terrible pain in the toe. I couldnt wear a shoe and would literaly drag my leg behind me, walking barefoot in the Whitney (great Goergia o’Keeffe), and the mOMa ‘I had missed Ron arad in Paris, and his bookshelves are warm to my hreat. A movie to give some rest to my foot : excellent brother cohen”s serious man, depicting the suburban jewish milieu, where they grew up), and then but of course, opéra : der Rosenkavalier with renée flemming and susan graham.

My friends were starving so we stayed the first act (my favourite). Diner at the hummus place, a walk and a drink in the meat packing and to bed early, always warrying my leg. Saturday, the pain was so string i wanted to scream; Sneakers. Anna came up with a  diagnosis : gout. I think she’s right. All the symptoms are there, but not the causes (too much proteins, wine, or … stress – that’s more probable). It is an old man’s disease. (to me : the grandpa of the little lord fauntleroy) I would laugh aout it if it would no hurt so bad, and if medical care would be a little less ridiculously expensive, so I could get healed. For now, ibuprophe make sit bearable, less of a limp, and even high heals to go out yesterday at a polish/jewish encounter and then a bar were the pain and the the champagne put me to sleep right there, sitting with my friends…

today basketball game in mad square gardens, and before brunch, i am starving

le monument Soulages à Beaubourg

Jeudi 15 octobre 2009

Mardi, le centre pompidou vernissait sa grande rétrospective sur plus de 60 ans du travail de Pierre Soulages en présence du maître qui a lui même scénographié la naissance, en 1979, de l'”outre-noir”, cette lumière créée par l’œuvre, et l’artiste et le spectateurs, communiant dans la fascination pour la mère de toutes les valeurs.

“J’estime que cette couleur violente incite à l’intériorisation. Mon instrument n’était plus le noir, mais cette lumière secrète venue du noir. D’autant plus intense dans ses effets qu’elle émane de la plus grande absence de lumière”.

En cents toiles l’exposition “Soulages, peintre du noir et de la lumière”,  revient sur soixante ans de peinture d’un des plus grands peintres abstraits français. Elle commence classiquement et chronologiquement, et nous présente des œuvres moins connues de Soulages. Sans titre, elles sont toujours nommées par leur date de création et leurs dimensions.

Parmi les premières oeuvres, les plus étonnantes sont l’affiche pour la première exposition d’art abstrait  en Allemagne “Grosse Asutellung Französischer Abstrakter Malerei” où l’une des peintures au brous de noix de est reproduite. Cette technique, inventée par Soulages, donne des couleurs chaudes aux dessins et à la grande toile conservée où l’artiste l’utilise. On découvre également ses décors de théâtre et ses superbes goudrons sur des plaques de verres déjà écornées, abîmées, éclatées (fin des années 1940).

Classiques et très connus, les tableaux aux grandes dimensions des années 1960 donnent du relief à la peinture noir par des grands coups de pinceaux de couleurs. Ceux de la fin de la décennie interrogent le contraste entre le noir e tle blanc, et comment la lumière perce la toile, dans la tension des deux valeurs et selon l’épaisseur que Soulages donne à son noir (l’artiste épaissit parfois la pâte jusqu’à la rendre sculpture de Vinyle).

Puis le visiteur tombe sur une salle aux murs noirs. Trois toiles entièrement noires datant des années 1990 y sont présentée  loin du mur, suspendues au sol et au plafond par des fils de plombs. Soulages a décidé de nous faire entrer dans l’expérience de ce qu’il appelle l'”outre-noir” par des toiles plus tardives et non par l’origine. Toute la deuxième moitié de l’exposition quitte alors le chronologique pour se transmuer en ballet de noir. Des toiles uniques d’abord, où la lumière est finement sculptée dans le noir, puis après une petite salle où l’on peut voir un documentaire sur l’artiste, à la veille de son 90 ème anniversaire et où l’on comprend quelle solitude, quelle introspection et quelle technique également il a fallu à Soulages pour travailler depuis 30 ans sur la lumière venue du noir (il créé ses propres outils), l’on rencontre dans la dernière grande  salle les “polyptiques”, où l’éclat de la lumière noire est encore renforcé par le contraste de traits graphiques que suggère la juxtaposition de plusieurs toiles côte à côte où l’une en dessous de l’autre.

Soulages était lui-même présent lors du vernissage presse de l’exposition, mardi dernier, et répondait avec son  sérieux et sa générosité habituels aux questions des journalistes. Mais aussi claires soient sa conception de la lumière pas forcément sacrée qui se dégage du noir, et sa vision du travail en commun de l’artiste, de l’œuvre et du spectateur pour produire l’impression, même le maître n’explique pas la puissance de ses toiles. Ceux et celles qui vont à cette rétrospective seront déçues de ne pas mieux comprendre l’art abstrait de Soulages. Il n’y a pas ou peu d’explications, juste quelques citations de l’artiste, et surtout les œuvres. Mais y a t-il quelque chose à comprendre? Peut-être pas. Le charme des peintures  opère et c’est tout ce qu’il faut percevoir. On sort de l’exposition à la fois admiratif, méditatif, et apaisé.

Soulages, peintre du noir et de la lumière“, Centre Pompidou, du 14 octobre 2009 au 8 mars 2010 , de 11h00 – 21h00 jusqu’à 23 h le jeudi, fermé le mardi, et le 1er mai, Tarif plein 12€ ou 10€ selon période / tarif réduit 9€ ou 8 € selon période
Valable le jour même pour une entrée dans tous les espaces d’exposition


Dimanche 11 octobre 2009

The work of five years has come to an end tonight. 685 pages, quickly written but in pain. I hope all this will be all right, I hope it will printed, I hope I’ll be a doctor on december the 9th. Theo’s birthday is the date of my “soutenance” and it seems right.

I am afraid of the babyblues now, that my days will feel empty. So I booked a plane to NYC, as a reward, an also to finally start thinking of the “after”.

In the meantime I have not been a monk. I have projects. The do to list comprehends

– writing texts  for some songs.

– meeting a former hidden chil to help him write his biography.

– to keep teaching and maybe to come up with a new idea of a class for next semester.

– trying to finally get my driving licence

– starting to learn Russian

– developing our buisiness with my bros

-checking the postdocs in the U.S. for next year (two good ideas already)

-organizing 6 month in israêl from january to june 2010

-reading and reviewing the complete prosa of Ingeborg Bachman. So exciting!!!

and mostly choosing between a few of these options.

This week had been rich, culturally as you could see on this blog and on laboiteasorties, but also socially.

I spent my nights shifting from an atmospehere to another

-two very different art openings on thursday : one classy in the 8th, one gloomy and undeground in Montmartre

friday, I abruptly moved from a 1990′ party at my best friend from college’s place (on the screen : dirty dancing, on the table : candies from that time, girls showing their bellies as we used to do, or to wish we could do, but I had to leave after dancing the Macarana, I could take ace of base and I am, but this was too much) to a very obscure jazz set played by friends at the sunset.

Saturday, two other extremes, the 40th birthday of a friend of my grandma in the african neighbourhood of the 10th, in a neutral bar, packed, stinking like cheese and sausages (with my grandma) to a very cvilized private party in the 7th.

Tonight was my gay-political night with a dear friend and some of his witty friends at the “Etienne Marcel”.

Last check up on the baby tomorrow morning and then i’ll give birth, helped by my mom, get my course ready and maybe steele a few hours at the gym.

L’âge d’or hollandais à la Pinacothèque

Mercredi 7 octobre 2009

Pour fêter sa troisième année, la Pinacothèque de Paris a dévalisé le Rijksmuseum. L’occasion de se goberger de toiles de Rembrandt, mais aussi de découvrir d’autres peintres du XVII e siècle hollandais et d’en apprendre plus sur la vie quotidienne dans la République batave.



Etirée sur deux étages, l’exposition « l’âge d’or hollandais » est un des moments forts de cette rentrée2009. Le début de l’exposition est l’occasion pour ceux et celles qui le souhaitent d’en savoir plus sur le quotidien du citoyen néerlandais du XVII e siècle. L’exposition souligne la tolérance de la République Pays-Bas (sauf à l’égard des catholiques) qui a lui a valu une forte immigration après la Réforme. Divers groupes protestants et juifs cohabitaient donc allégrement dans un pays déjà très urbain et très commerçant. On découvre de beaux objets de la vie de tous les jours : de fins gobelets de verre, des chandeliers, des nappes qui ressemblent à des tapis, et une tablette sertie de nacre créée par Dieck van Rijswijck…

Paulus Potter- chevaux

Paulus Potter- chevaux

De très belles esquisses de chevaux signées Paulus von Potter sont aussi présentées. On peut également voir quelques placides paysages hollandais, peints notamment par Jacob van Ruisdael, mais aussi  par son oncle, Salomon. En descendant les escaliers on se retrouve plongé dans l’atmosphère urbaine des multiples villes marchandes de Hollande, et un petit morceau de l’exposition nous rappelle tout de même que la république était aussi un empire colonial.

Enfin, les chefs d’œuvres sont exposés en bout de course, toujours juxtaposés de manière thématique à côté de tableaux moins grandioses, de Franz Hals, Adrian van Ostade, et Emmanuel de Witte, mais qui témoignent de scènes de la vie quotidienne de l’époque.

Rembrant-Portrait de son fil- Rijksmuseum

Rembrant-Portrait de son fil- Rijksmuseum

Les amateurs de Rembrandt ne seront pas déçus, puisque la pinacothèque expose plusieurs toiles du maître, toutes venues du Rijksmuseum. Le portrait de son fils, Titus, est toujours aussi bouleversant (1666), sa « Salomé » (1640) majestueuse, et « Le reniement de Saint Pierre » (1660) pétri d’une grâce profonde et obscure.

La dernière partie de l’exposition montre la « Lettre d’amour » (1669) de Vermeer  aux côtés d’autres scènes d’intérieur.

Vermeer-Lettre damour-Rijksmuseum

Vermeer-Lettre d'amour-Rijksmuseum

Un beau voyage dans le temps et vers un pays à la fois si proche et si exotique.

Jusqu’au 7 février 2009, Pinacothèque de Paris, 28, place de la Madeleine, Paris 8e, m° madeleine, tljrs 10h30-18h, nocturnes tous les premiers mercredis du mois jusqu’à 21h00, 7 à 9 euros.

Tehotihuacan, un empire méconnu se dévoile au musée du Quai Branly

Lundi 5 octobre 2009

Pour la première fois en Europe, les dernières fouilles réalisées au Mexique sur le site de Tehotihuacan sont dévoilées. Dans une scénographie majestueuse, le public découvre la vie quotidienne et l’architecture monumentale d’une cité-État qui a rayonné pendant près de 8 siècles en Amérique latine.

En 450 pièces dont plus de 95 % viennent du Mexique, l’exposition “Tehotihuacan, cité des Dieux” fait découvrir un empire  situé à près de 3 000 m d’altitude, qui a duré près de 8 siècles (100 av J.C. – 650 ap J.C.) et qui a beaucoup inspiré les Aztèques quand ils ont découvert le site, 600 ans après sa destruction. Alors que les fouilles sont encore en chantier, l’exposition réalisée par Felipe Solis (1944-2009), et la scénographie signée Jakob+Macfarlane ,font entrer dans le quotidien des habitants d’une ville mystérieusement disparue, il y a plus de 13 siècles et qui s’est étendu jusqu’à 22,5 km².

Tous les aspects de la vie à Tehotihuacan (“cité des dieux,” en langue aztèque, le nahuatl) sont représentés. D’abord d’architecture monumentales, à travers la grande maquette centrale qui reproduit l’état du site et les principaux temples de la ville : celui du Dieu serpent, celui de la lune et celui du soleil. On apprend aussi beaucoup sur les outils (les architectes de Tehotihuacan utilisaient déjà un fil à plomb pour mesurer la verticalité de leurs murs) et les techniques pour bâtir les temples monumentaux. On découvre également de nombreuses fresques, dont certaines viennent de la collection privée du peintre Diego Rivera.

A son apogée, du 3 e au 5 e siècle, la cité était extrêmement attrayante; elle connaissait une forte immigration, et elle était en contact avec de nombreuses autres cités mésoaméricaines (notamment incas). Organisée politiquement en près de 2 000 quartiers, Tehotihuacan mêlait guerre et commerce, politique et religion. Des sacrifices humains avaient lieu, notamment de prisonniers de guerre.

Les dieux de la cité ont largement inspiré les Aztèques. Il y a bien sûr le Dieu-Serpent, le Dieu du feu, mais aussi un étrange Dieu qui ressemble à un homme qui porte un masque : Xipe Totec (“Notre dieu l’écorché ennahuatl) était le Dieu des orfèvres et des métallurgistes, et c’est en son honneur que l’on dépouillait les peau des victimes pour en revêtir les prêtres, toujours somptueusement parés.

Ce que l’on sait de la vie quotidienne des habitants de Tehotihuacan est également dévoilé, notamment à travers des figurines anthropomorphiques et des pièces d’artisanat très élaborées, comme ce pot aux allures de grand oiseau :

Construite selon l’axe de l’allée des morts, que reprend la scénographie de l’exposition, Tehotihuacan semble parfois aussi macabre qu’elle était puissante. Le mystérieux déclin de la cité, entre 550 et 650, ainsi que le vandalisme qui a touché jusqu’au masque de la mort (voir ci-dessous) ajoutent encore à cette atmosphère fantomatique.

L’exposition est aussi l’occasion d’aller visiter les immenses collections amérindiennes du musée du quai Branly.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, un colloque sur Tehotihuacan aura lieu au musée, les 8 et 9 octobre.

Et pour ceux qui ne peuvent se rendre au Mexique pour célébrer la grandiose fête des morts, selon la coutume précolombienne, le musée propose du 24 octobre au 1er novembre de la célébrer à Paris. Les enfants sont également conviés à participer au bal rituel devant l’autel des morts.

Tehotihuacan, cité des Dieux“, jusqu’au 24 janvier, mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h ; jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h. 7 euros plein tarif et 5 euros tarif réduit, 37, quai Branly, Paris 7e, m° Alma-Marceau, RER Pont de l’Alma ou Champs de Mars, Tél : 01 56 61 70 00.

Katalin Varga, la vengeance d’une femme

Lundi 5 octobre 2009


Primé au dernier festival de  Berlin, “Katalin Varga” sort mercredi sur les grands écran. Avec ce road-trip vengeur en Transylvanie, le réalisateur anglais Peter Strickland signe un film mythique.

L’époux de Katalin Varga la chasse de sa maison quand il apprend que leur fils,Orban, est le fruit d’un viol qu’a subi la jeune femme, dix ans auparavant. Katalin Varga emmène alors son fils dans une charrette, pour un voyage sur les routes de Transylvanie. Officiellement, ils vont rejoindre la mère de Katalin. Officieusement, la jeune mère retourne sur les traces de son passé pour se venger des violeurs. Mais face à son bourreau, même une femme très déterminée peut fléchir…

Peter Strickland s’était fait connaître en 1995 avec le court-métrage “Bubblegum”. Il lui a fallu plus de six ans pour commencer le tournage de “Katalin Varga”, faute de moyens financiers. Le résultat est un film très fort, dont la réalisation est extrêmement maîtrisée. En paysanne roumaine qui accomplit sa vengeance, Hilda Péter a la profondeur de Maria Callas dans le  Médée de Pasolini. En face, en bourreau trop humain, Antal Borlan exerce un très fort magnétisme. Concentré sur la vengeance, le film est une tragédie classique. C’est aussi la course contre la montre d’une femme qui n’a plus rien à perdre. Les paysages des Carpates sont à couper le souffle, et la musique du groupe du  réalisateur, “The sonic catering band” est tellement puissante, que le film a été primé pour son travail sur le son à la dernière berlinale.

Un beau moment de vrai cinéma.

“Katalin Varga”, de Peter Strickland, avec Hilda Péter, Antal Borlan, Norbert Tankó Hongrie-Roumanie, 1h24, Sortie le 7 octobre.

Dominique Blanc saisissante dans “La Douleur” de Duras

Vendredi 2 octobre 2009

Jusqu’au 11 octobre, le théâtre de l’Atelier laisse Dominique Blanc seule en scène pour interpréter le récit de l’attente de Robert Antelme par Marguerite Duras. Une saisissante performance de comédienne dans une mise en scène minimaliste co-signée par Patrice Chéreau.

« La douleur est une des choses les plus importantes de ma vie. Le mot « écrit » ne conviendrait pas. Je me suis trouvée devant des pages régulièrement pleines d’une petite écriture extraordinairement régulière et calme. Je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n’ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m’a fait honte. » M. D.

A la Libération, comme tant d’autres femmes en France, Marguerite Duras a attendu son compagnon, Robert Antelme, déporté à Dachau. Elle a retrouvé les carnets bleus dans lesquels elle avait écrit “La Douleur” à la fin des années 1980, et les a donc publiés après son succès de “L’Amant” (1984).Déposés à l’IMHEC, les carnets de guerres de l’auteure ont été publiés chez Gallimard, il y a deux ans. Cette publication a prouvé que très peu de ce texte a été réécrit. Il s’agit donc d’un témoignage authentique.

Le texte est bouleversant : plus simple que les écrits d’après “Lol V. Stein”, et terriblement intime, il mêle la politique, l’angoisse, Dieu et les sentiments contradictoires de quelqu’un qui ne sait plus tellement qui elle attend, tandis qu’elle imagine le pire pour l’homme qu’elle aime – avec raison. D’un point de vue historique, “La Douleur” est un formidable témoignage. Écrit à chaud, le texte est un récit minutieux des affres de l’attente, dans le désordre organisé du retour des prisonniers de guerre et des déportés, sur fond de musique gaie, à la gare d’Orsay. On y apprend également les détails du retour à la vie d’un homme d’1m84 et qui pèse moins de 34 kilos. Et Duras n’épargne aucun détail, mêlant ses considérations la responsabilité de tous les Européens dans ce crime à la texture et l’odeur des excréments du déporté. Cela peut paraître trivial, mais c’est important. Dans les coulisses des réflexions sur la nature humaine  qu’a publiées Antelme, avec “L’Espèce humaine”, Duras montre à quel point la nature humaine est complexe et contradictoire. L’attente est une souffrance intolérable, une petite mort, et la joie du retour de l’homme aimé n’empêche ni la lâcheté, ni le dégoût. Il est d’ailleurs dommage que le texte ait été coupé, pour cette représentation, car sa fin montre la déliquescence du couple. Et comment l’amour n’est PAS aussi fort que la mort…

Mais être tenu en haleine plus qu’une heure et demie par l’incroyable Dominique Blanc aurait été trop dur. Dans sa longueur actuelle, le spectacle est déjà très éprouvant. Si on ne retrouve pas toujours toute la musique de Duras dans l’énonciation de la comédienne, celle-ci  parvient à rester claire, malgré la fébrilité avec laquelle les metteurs en scène – Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang -lui demandent de jouer.  Véritable caméléon, elle apparaît les cheveux longs, noirs et lisses, et donne à son visage la forme lunaire de celui de Duras. Elle ne butte sur aucun mot, et, dans un décor de salle de classe, elle parvient à tenir son public accroché aux mots, alors qu’elle bouge à peine, pour enlever et remettre son manteau et changer de chaise.

Il faudra attendre encore longtemps pour voir une si grande actrice rencontrer un texte si puissant. Réservez-donc vite avant le 11 octobre.

“La Douleur”, de Marguerite Duras, avec Dominique Blanc, mise en scène : Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang, mar-sam 21h, dim, 15h, Théâtre de l’Atelier, 5, place Charles Dullin, Paris 18e, m° Abesses, 8 à 32 euros.

A perfect evening

Vendredi 2 octobre 2009

Here I am in my fake leather dress, a little drunk and very happy. I did not think I could feel so good, ten days before turning in my thesis. The last months have been harassing and, in the past weeks, I worked from 7 am to 3 am, every day. Hence the little personnal writing on this blog. But tonight I decided to take a break. The first part was not planned, and I rejoiced with a dear friend who is hired in New-York –her dream. Then ,Lou Reed after good sex. Then, I walked to a theatre to see, last minute, a play I really wanted to see : “La Douleur” by Marguerite Duras, staged by Chéreau and performed by Dominique Blanc. It was at the cute “Théâtre de l’Atelier”, and Blanc did a good job, although the text was cut, and I did not always hear Marguerite’s music in her performance. Then dinner at a wonderful restaurant in Montmartre, French, traditional, tasty, and we even got some bad poetry recited by one of the drunken customers. The chef was kind of cute, and on the way back, in my bus, I could read the awful text of a play I missed because I was teaching on Tuesday, when my whole family went to see it. I loved finding this play about Arendt-Heidegger’s romance even more appalling than I expected. Paris is really my town, even if I still miss New-York, and will probably go as soon as I am done with the thesis. Tomorrow, I’ll see Schlöndorff him self for the press projection of his new movie at the Cinémathèque.

Jan Karski, un héros en pôle position pour les prix littéraires

Jeudi 1 octobre 2009

En lice pour les prix Goncourt, Interallié et Femina, le « Jan Karski » de Yannick Haenel est un des grands romans de cette rentrée littéraire. Retraçant la vie passionnante du héros de la Résistance polonaise, le livre ne se lâche pas. Mais le message violent du livre et les inhibitions stylistiques que ce sujet inspire à Haenel posent problème. Peut-on vraiment parler de “Roman”?

Le héros polonais Jan Karski est à l’honneur en cette rentrée littéraire 2009, puisqu’il est un des personnages principaux du roman de Bruno Tessarech, « Les sentinelles » (Grasset), sélectionné pour le prix Médicis, et que Yannick Haenel lui a consacré un roman.

Émissaire entre la Résistance en Pologne et le gouvernement de Władysław Sikorski à Londres, Jan Karski a passé plusieurs fois la frontière de la Hongrie pour transmettre des informations vers Paris et Londres. Arrêté et torturé par les nazis, il n’a pas parlé et a réussi à s’enfuir. Karski a écrit lui-même ses mémoires en 1944, « Story of a secret state », qui a été un bestseller aux États-Unis, dès sa sortie.

En 2009, ce qui intéresse les  deux auteurs français chez Karski n’est, ni son activité d’espion, ni pourquoi il est resté aux États-Unis au début de l’année 1944 et y est demeuré, 40 ans, en tant que professeur d’ « Affaires est-européennes », à l’université de Georgetown.Ce qui fascine, c’est plutôt son rôle de témoin, au ghetto de Varsovie et dans un camp, qu’il a pris pour le camp d’extermination de Belzec. Pourquoi personne n’a-t-il entendu le témoignage de Jan Karski?  Le roman de Haenel se concentre sur cette question. Parce qu’elles ne l’ont pas cru, ou n’ont pas voulu savoir, les démocraties occidentales ont laissé faire la Shoah sans agir.

Au-delà d’une empathie pour les sentiments d’impuissance et de culpabilité de Jan Karski, c’est le procès de nos démocraties que fait Yannick Haenel, reprenant la bonne vieille thèse des années 1970, encore portée aujourd’hui par certains auteurs comme Giorgio Agamben, qu’il n’y a, au fond, pas de différence entre totalitarisme et démocratie.

Et Haenel va très loin quand il fait dire à son héros sortant d’un entretien infructueux avec Roosevelt :

« J’avais affronté la violence nazie, j’avais subi la violence des soviétiques, et voici, que de manière inattendue, je faisais connaissance avec l’insidieuse violence américaine. Une violence moelleuse, faite de canapés, de soupières, de bâillements, une violence qui nos exclut par la surdité, par l’organisation d’une surdité qui empêche tout affrontement.[…] Chaque fois, dans les pires conditions, j’avais réussi à m’échapper. Mais comment s’évade-t-on d’un canapé ? » (p. 128).

S’interroger sur la responsabilité de toute l’humanité, comme le faisait Hannah Arendt est une chose. Mais soutenir que l’Amérique de Roosevelt et l’Allemagne de Hitler, c’est finalement la même chose, est un amalgame facile et dangereux. Cela permet de jeter toute politique dans le même bain de sang, sans réfléchir à la manière dont il faut agir, selon l’impératif catégorique défini par Theodor Adorno, de manière à ce « qu’Auschwitz ne se reproduise pas ».

A côté de cette question de fond – et nous n’allons pas ici ressusciter la querelle des Bienveillantes, puisque nous sommes en démocratie, nos mollesses de canapé, permettent à Haenel d’écrire ce qu’il veut- la forme elle-même du livre interpelle. Yannick Haenel est bien loin de la divine surprise qu’avait provoquée « Cercle », dans ce « Jan Karski » qu’il appelle « roman ». Tout se passe comme si l’envergure historique de son sujet avait inhibé la plume de l’auteur.

La première partie est une description hachée, à la Marguerite Duras,et  image par image, du témoignage de Karski dans « Shoah », de Lanzmann.

La deuxième partie est tout simplement un pastiche à la troisième personne des mémoires de Karski.

La troisième partie est donc la seule à être « romancée », et c’est d’ailleurs là que Haenel fait dire à son héros tout le mal qu’il pense de la démocratie américaine. Il le fait dans un style certes clair, mais sans innovations, et attribue à Jan Karski des pensées qui semblent paradoxales, puisque ce dernier a bien passé les 40 dernières années de sa vie dans la ville-clé de la politique américaine :  Washington.

Notons finalement qu’il serait intéressant de se tourner vers les vraies mémoires du héros, publiées aux éditions Point de mire, en 2004.

Yannick Haenel, Jan Karski, Gallimard, 16,50 euros.

Voici le témoignage de Karki, en 1995, pour le USC Shoah Foundation Institute

Da Silva en Showcase à la Fnac Montparnasse, le 6 octobre

Jeudi 1 octobre 2009

Le troubadour est de retour avec un nouvel album “La tendresse des fous” (Tôt ou Tard).

Da Silva y est fidèle à lui-même et à son album révélation “Décembre en été” (2005), et le suivant, “De beaux jours à venir” (2007).

Il y a un style Emmanuel Da Silva fait de sons résolument acoustiques et de la poésie mélancolique de l’homme des foules.

Sombres, les chansons de Da Silva mettent en scène un homme seul, dont chacune des “invitations” rauques, est un passeport pour entrer un un univers où cuivres, tambours, et guitares tanguent. Mais au fond du spleen, chaque plage de “La tendresse des fous” ouvre sur la possibilité d’une aurore. Si l’amour n’existe pas, la tendresse et le désir en font parfois office (“La tendresse des fous”. Si tout est perdu, il faut quand même continuer pour voler au monde des éclats de beauté(“La chambre)” . Chaque couplet de “sur la route” ouvre sur des souvenirs heureux et la promesse d’une belle journée. Et les violons des “plaines” évoquent l’apaisement après un voyage au bout de la nuit.

Le premier single de l’album, “Le carnaval”, met en scène une danse macabre moderne avec sa solitude dans le bruit et la fureur d’une parade en marche. Mais l’on entonne avec plaisir le refrain qui vient ponctuer cette apocalypse :

“Si la vie est terrible / Les journées peuvent être, les journées peuvent être/ Si belles…”

Da Silva est donc ce soir en showcase à 17h, à la Fnac Montparnasse, 136, rue de Rennes, Paris 6e, m° Montparnasse.

Notez que le chanteur sera  également le 11 février prochain sur la scène de l’Olympia.

Voici “Le Carnaval” :