Archive pour 23 octobre 2009

Cinéma : le concert de Radu Mihaileanu

Vendredi 23 octobre 2009

Le nouveau film du réalisateur de “Va, vis deviens…” a déjà fait grand bruit avec une retransmission en direct vendredi 23 octobre de la première au théâtre du Châtelet projetée dans de nombreuses salles de France, dont le Gaumont Opéra et le Gaumont Convention. Samedi 24 octobre, à 10h30, une deuxième avant-première est prévue au Saint-Germain des Près, en présence du réalisateur. Pour gagnez vos places envoyez vos noms à leconcert-ap@europacorp.com.

« Quand la musique pleure, c’est l’humanité, c’est la nature entière qui pleure avec elle. A vrai dire elle n’introduit pas ces sentiments en nous, elle nous introduit plutôt en eux, comme des passants que l’on pousserait dans une danse. » Henri Bergson

Andrei Filipov (irrésistible Alexei Guskov) était à l’époque de Brejnev le chef d’orchestre du Bolchoï. Parce qu’il a refusé de renvoyer les musiciens juifs de son orchestre, il a été interrompu en plein concert par le camarade qui dirigeait l’administration de l’orchestre, Ivan Gavrilov, alors qu’il exécutait une œuvre qu’il avait répétée jusqu’à la rendre parfaite : le concerto pour violon de Tchaïkovski. Trente ans plus tard, Filipov est … balayeur au Bolchoï et intercepte un fax d’invitation de l’orchestre par le Théâtre du Châtelet. Il rappelle alors ses anciens compagnons – y compris Gavrilov comme impresario- et se lance dans une aventure impossible : se faire passer pour l’orchestre du Bolchoï et finalement jouer ce concerto de Tchaïkovski  à la perfection avec comme soliste l’illustre jeune et belle Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent). Mais trente ans loin des instruments a laissé l’ancien fleuron de la musique russe un peu rouillé…

Malgré certains clichés et un irréalisme prononcé, ou peut-être grâce à ce parti pris, Radu Mihaileanu signe une fable enchanteresse, où la Russie soviétique, la Russie contemporaine et le milieu engoncé du classique français s’entrechoquent avec harmonie. L’épopée de l’orchestre de bras cassés, tous reconvertis dans des petits boulots pas très glorieux, vers un Paris qui garde l’aura qu’avait la capitale il y a  plus d’un siècle est jubilatoire. Le Français suranné et trop poli de l’impresario qui croit encore à la révolution est un bonheur, les roulements slaves de yeux de Filipov, et son lyrisme à propos de la musique quand il a un peu trop bu sont rafraîchissants. Enfin et surtout, personne n’interrompt le projet fou du chef d’orchestre-balayeur, comme si, quelque part dans le monde, il existait des gens qui croyaient encore qu’un raté peut, à tout âge, revenir au sommet. A partir du moment où la troupe arrive en France, le public français n’est plus dépaysé, puisque la toujours parfaite Mélanie Laurent éclaire l’écran de son sourire désormais familier et que l’on retrouve de grands acteurs bien de chez nous dans les seconds rôles tragiques (Miou-Miou) et comiques (Berléand en directeur du Châtelet, et Lionel Abelanski en sous-fifre et souffre-douleur de ce dernier).

Parce qu’il parvient à nous faire rêver et à nous emplir de nostalgie et d’empathie, on pardonne tout à Mihaileanu, même ses plans ratés et ses litres d’émotion impudique (il faut bien dire que les flash-backs pendant le concert de come-back sur la violoniste juive morte de froid et de folie au goulag sont simplement grossiers). On sort du film un grand sourire aux lèvres et le cœur battant la chamade du concerto de Tchaïkovski. Un beau moment d’humanité cosmopolite réunie autour de la musique.

Le concert, de Radu Mihaileanu, avec Alexei Guskov,  Dimitry Nazarov, Mélanie Laurent, François Berléand, Miou-Miou, et Lionel Abelanski, 2008, 2h00, EuropaCorp, sortie le 4 novembre.

Plus d’infos sur la page facebook du concert.

La slick est bien le off le plus in de la FIAC

Vendredi 23 octobre 2009

Pour sa 4ème édition, la Slick s’expose au 104, rue d’Aubervilliers. Une bouffée d’énergie et d’art vivant en 61 galeries,  après les œuvres de musée montrées dans les longs corridors de la FIAC. Sooo chic, la Slick a même son valet parking!

La foire off la plus in de la FIAC se mérite. Très loin du cœur de Paris, elle s’est installée cette année dans les bâtiments rutilants du 104, rue d’Aubervilliers. On est accueilli par une sculpture monumentale d’Ugo Rondinone “How does it feel”, devant lesquels des artistes esquissent la jolie façade de la halle centrale, confortablement installés dans des chaises longues.

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A l’étage, des galeries de renom et hyper branchées (Studio 55, Galerie W, Polaris, Marion Meyer, Dix 9…)  s’étalent elles aussi confortablement dans un espace blanc immaculé. Les inclusions de peluches colorées de Alberto Verajano sont présentes à la fois sur le stand de la Galerie W et du studio 55.

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On notera également les architectures réalistes et parfois en 3D de Evol à la Wilde Gallery de Berlin

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La révérence mode de NSG à Mondrian à la Cynthia Corbett Galleryslick-nsg

Les dessins de John Casey à la Galerie Polaris

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Et enfin, l’installation sonore et perlée de Frédéric Lecomte en hommage au collier de sa mère chez Pascal Vanhoecke.

Au rez-de jardin, les deux ailes d’exposition laissent moins d’espace aux autres galeries et il est agréable de s’enfoncer dans leur enchevêtrement comme dans le ventre vivant d’une ville imaginée par des artistes.

Les réflexions historiques et toutes en superposition de Julia Winter à la galerie hongroise Lena & Roselly sont notre coup de cœur de cette Slick 2009.

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Remarquables égalements sont les enfants mi-Dickens, mi- Murillo de Dran à la Galerie GHP de Toulouse

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L’installation nominée par la Slick 2009 de Eric Sep à la galerie Gist d’Amsterdam

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Ainsi que les toiles très couture de Kate Lyddon à la galerie d’Ys de Bruxelles.

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De nombreux happenings et conférences ont lieu ce week-end à la Slick.

Ce soir, ne manquez pas la présentation du mouvement perversioniste par un de ses membres éminents, Luis Nieto.

Samedi, à 14h, le plasticien lauréat du prix Marcel Duchamp Philippe Mayaux parlera des rapports entre Art et gastronomie et à 19h, le vidéaste Ultra violet projette son “Last supper” (1972)

Dimanche, à 14h, c’est au tour d’un autre grand plasticien français, Fabrice Hyber de prendre la parole pour un débat sur les rapports entre Art et argent avec le commissaire priseur David Nordmann et l’économiste Laurent Noël. 18h, le commissaire priseur Pierre Cornette de Saint Cyr parlera avec l’artiste Fred Forest d’art sur la toile.

Tout au long du week-end, les artistes Romina de Novellis, David Miguel, Lorena Diaz, et Emeka Udemba (entre autres) proposeront des performances. Pour voir l’intégralité du programme cliquez ici.

Enfin, la Slick tranforme ce week-end le Point FMR en petit Berlin, avec chaque soir des sets de Djs venus d’Outre-Rhin.

Ce soir, à partir de 20h Guido Moebius & Holger Hillel seront aux platines.

Samedi, à partir de 19h ce sont Vicky Banjo et sa performance burlesque, puis DJ Danel irkin revisitant la neue welle qui vous feront bouger.

Et dimanche, à 14h, dix personnalités berlinoise racontent leur ville, à 15h30 Felicia Atckinson propos eune performance, à 17h Caroline Villain chante du Schubert, et à 18h, place au one woman show de Miss Higgins DJY.

Slick, 104, rue d’Aubervilliers, Paris 19e, m° Stalingrad, Riquet ou Crimée, 10 euros (TR 7 euros).

Vendredi 23 –  de 11 à 20 heures
Samedi 24
–  de 11 à 22 heures
Dimanche 25
–  de 11 à 20 heures
Lundi 26
–  de 11 à 17 heures

Le Point FMR, Quai de Valmy, Paris 10e, m° Jaurès ou Stalingrad.