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La minute cosmo ou typologie des prétendants

Vendredi 27 mars 2009

Lors d’une conversation genre fin de règne et de thèse avec un ami parisien, le bon sens de nos vingt ans m’est revenu à l’esprit. Nous étions alors quatre filles trop studieuses pour être vraiment branchées, inséparables en bibli comme au ski. Sans oublier des dîners mémorables, longuement mijotés, et bien arrosés. Bref un quator de sororité importé en France fortement inspiré par “Legally Blond” et qui s’appelait les Kappa Nu(es).  A l’époque nous avions le temps et une très jolie typologie.

Nous avions classé les hommes selon les types de bonbons. Et ces catégories étaient devenues opératoires,  à utiliser tout le temps. Elles ont failli passer dans le langage commun, tellement nous en usions familièrement. Mais certaines étant ultra-maquées avec chéri-chéri et d’autres disparues dans le vent, pas de trace de nos sucreries dans les dictionnaires de langue française.  In mémoriam.

– Il y avait donc d’abord les DRAGIBUS, ces petits bons acidulés qui ont ravi nos dix ans. Les hommes dragibus, ou dragib’ étaient des vrais mecs, droits dans leurs bottes, solides sachant ce qu’ils voulaient et où ils allaient dans la vie. Qu’importent qu’ils soient orfèvres-menuisiers ou philsophe émérite, nous n’étions pas snobs, il fallait juste qu’ils aient eu un père pour faire preuve d’un peu de suite dans les idées et de cette qualité si peu répandue : la capacité de faire des projets.

– A l’opposé de l’échelle des hommes se situaient les CHAMALLOWS ou MARSCHMALLOWS pour nos amis américains. Mou du genou et du reste, le chamallow type était en huitième années de thèse, se plaignait de mille petits bobos et ne savait pas très bien ce qu’il voulait faire dans la vie, parce que prof quand même c’est beaucoup de travail pour très peu de gain. Les chamallows sévissaient à sciences-po. Il n’étaient pas toujours sans atouts, car c’est flatteur de se faire pygma-lionne d’un homme un peu perdu et de lui indiquer le chemin. Ils avaient des ancêtres glorieux parmi les romantiques. Le modèle absolu étant l’Adlphe de Benjamin Constant qui nous faisait grincer des dents et à qui nous aurions bien donné une grosse fessée pour qu’il arrête de gémir et qu’il agisse.

– Entre les deux, les OURSONS en chocolat cachaient bien leur jeu, avec une croûte à la fois ferme et fondante, masquant une masse de guimauve indécise. Ils étaient les plus dangereux et les plus touchants.

– Le contre-modèle absolu et que nous fréquentions peu était le MALABAR, Lucien de Rubempré moderne, avec les dents qui rayent le parquet et qu’il fallait donc mastiquer bien trop longuement. Jusqu’à extinction du goût

– Et puis, il y avait la catégorie à part, qui planait comme un dangereux totem de festival LES BARBONS. Le groupe avait fixé une limite arbitraire à l’âge de 50ans. J’étais contre, ayant un papa  plus âgé que la moyenne. Mais il faut dire que les barbons étaient surtout des profs- donc trop de Descartes et pas assez de gym-  et que nous comptions même organiser un défilé de barbons avec le superbe René Rémond en tête, du temps où il parlait encore si bien et où il était vivant.

Voici pour les bons souvenirs partagés : à Aude, Emilie, Clémence et nos chers Thibauts.