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Livre : L’usure des jours, de Lorette Nobécourt

Lundi 9 février 2009

Dans son dernier livre , l’auteure de “En nous la vie des morts” (Grasset) fait l’inventaire thématique de sa vie de femme, de mère et d’enfant à l’origine non-souhaitée. A la fois mystique et raisonnable, délicate et violente, l’écriture de Lorette Nobécourt embrasse avec justesse toutes les sinuosités de la vie.

A l’âge des “femmes au bord de vieillir”, Lorette Nobécourt dresse un subtil auto-portrait en 44 chapitres qui se lisent comme les étapes d’un chemin de connaissance de soi. De sa naissance non souhaitée par sa mère, à l’attention donnée à l’âge qui vient, c’est de manière presque circulaire que l’auteure se réinvente et se cherche, dans ses moments de détresse, dans ses lectures orientales, dans ses amours et surtout dans son écriture, passée, présente et aussi à venir.

Suite d’aphorismes,”L’usure des jours” dispose chaque mot avec finesse et à l’aune de sa valeur en vie et en sang. Aussi grande styliste que vivante -malgré sa mélancolie- Lorette Nobécourt parvient à se montrer à la fois forte et fragile, une et multiple, grave et déjà sage, dans le choix même de ses phrases. Le livre donne à méditer et à sentir et fait sans autre médiation que l’écriture le trajet qui mène de l’intime à l’universel. On le lit, on le relit, on le médite, et l’on peut aussi s’en nourrir.

Lorette Nobécourt, “L’usure des jours”, Grasset, 12,90 euros.

“Mon équilibre est fragile, mais cette fragilité intrinsèque est exactement ma force. par elle, j’accède à des immensités que les autres ignorent, ces espaces sur lesquels le monde repose et qui réclament d’être dévoilés. Merveilleux ou infernaux. les premiers ne vont pas sans les seconds.
Cette vérité, le sens commun l’a oubliée pour pouvoir fonctionner. Mais ce dont on ne se souvient pas révèle précisément ce que l’on ne saurait oublier” p. 114

Grasset rédite aussi le premier roman de Lorette Nobécourt, “La démangeaison” (1994).

Pour lire l’article paru dans www.en3mots.com sur “En nous la vie des morts” cliquez ici.