Archive pour décembre 2008

Escapade londonienne

Jeudi 18 décembre 2008

Tirant un peu la langue mardi après une longue journée en3mots, je suis allée chercher mon billet pour Londres. Eh oui, joli pied de nez à mon chez Paris, j’avais(déjà) besoin d’une pause loin de mes proches. Eurostar donc, by myself, où j’ai enfin eu l’occasion d’ouvrir un livre et de le terminer. L. nous avait concocté un après-midi marathon de Musicals. J’ai donc préféré courir à la Tate et la Tate Modern plutôt que de déjeuner avant lui, avant le premier spectacle de 14h00.

A la Tate, l’expo Bacon était à la hauteur de sa réputation. Des tableaux venus de collections privées, et de grands musées partout dans le monde, des George Dyer réunis de toute la planète, une organisation à mi-chemin entre le chronologique et le thématique pas inintéressante, et des toiles que je n’avais jamais vues, notamment celles inspirées de Van Gogh. Ajoutez à cela une honnête salle d’archives avec vues toujours impressionnantes du studio de l’artiste, et tout ceci était fort réconfortant après avoir filé vers Pimlico sous un soleil bien plus présent à Londres qu’à Paris. En revanche, je vous passe la sélection du prix Turner qui m’a semblée insipide, calée par médium (photo, archi, film et scuplture), et assez vide.

Du côté de la Tate modern, Rothko m’a aussi peu touchée que je m’y attendais (mais comme dit mon père quand les généraux sont habillés, il faut faire la guerre et si déjà j’étais à Londres, pourquoi pas encore Rothko?). Le dernier Rothko à des couleurs sombres à déprimer un bataillon de clowns et en fait out tourne autour d’une série de toiles destinées de toutes façons à décorer une grande salle de la Tate. En revanche, l’autre expo temporaire est absolument fascinante. Elle regroupe de nombreuses oeuvres de l’artiste brézilien Cildo Meireles. Celui-ci a notamment beaucoup travaillé sur la notion du relativisme de la taille des objets ainsi que de leur circulation économique. Mais ce que j’ai trouvé le plus intéressant – et disons-le, jouissif- dans son travail, c’est la relation joueuse à l’interdit. Ainsi, dans une des installation -par ailleurs féérique, en verre et métal- le visiteur est invité à entrer dans un espace bardé de barrières. Rien de très original, sauf que le sol est dans un verre qui se brise au fur et à mesure que vous avancez. Et crac! Abîmez donc l’oeuvre dont vous êtes le héros.
Et prenez le risque de vous esquinter les pieds sur le verre que vous avez vous-même brisé en enlevant chaussures et chaussettes pour entrer dans la dernière installation : une marche apesantie vers la lumière dans l’obscurité volatile d’un grand manteau de talc.  Bref, chaudement recommandé.

Les deux Musicals étaient aux antipodes l’un de l’autre : Sunset Boulevard était une oeuvre à taille humaine et à talent surhumain où les comédiens étaient aussi chanteurs et musiciens. L. qui a entrepris de me convertir à la comédie musicale a bien joué son coup avec Wilder et Andrew Lloyd Webber. Kathryn Evans m’a mesmerisée en Norma Desmond, et les mouvements des solistes faisaient les arrangements parfaits de la musique entrainante. Je garde la phrase de l’actrice muette fossilisée : “I am big. It’s the pictures that got small”. A côté, la superproduction de Oliver Twist avec décor gigantesque, orchestre symphonique et Mr Bean faisait très grosse caisse bavaroise et j’ai copieusement dormi.  Dîner et Favela chic dans un ancien quartier ouvrier de l’est en pleine “gentrification” que L. a décidé d’appeler “Shortdick”. Puis petits pas de danse dans un bar gay aux allures de néo où ils passent le son et les images de Rihanna et de Britney. La soirée fut très masculine, et entourée de trois hommes à la langue bien pendue, j’ai senti mon taux de testostérone grimper en  flèche. Après deux heures de sommeils et de chastes confidences sur l’oreiller, j’étais mure pour encore un musée ; la maison de Sir John Sloane et un peu de shopping chez Topshop quand même. Vive Londres! C’est étrange, chacune de mes visites dans la capitale britannique est unique et différente, si bien que je n’ai jamais vraiment de points de repères entre les amitiés du nord de la ville, les thématiques opéra avec ma grand mère, la virée de mon adolsecence avec ma meilleure amie et son appareil photo, mes séjours linguistiques mortellement ennuyeux et ce Mec Musical d’hier et aujourd’hui.

Livre : Joanne et Gerry Dryansky, L’extraordinaire histoire de Fatima Monsour

Mardi 16 décembre 2008

Le couple de scénaristes américains Joanne et Gerry Dryansky racontent l’installation d’une charismatique femme tunisienne à Paris. Au service d’une comtesse dans le 16e arrondissement, elle transforme la vie d’un quartier plus bigarré qu’il n’y paraît. Ce conte de fée plein d’énergie positive, traduite dans 25 pays et dont les droits cinématographiques ont déjà été achetés par Jean-Jacques Beineix, sort le 15 janvier en librairies en Français, aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Après la mort de sa sœur, Rachida, Fatima Monsour quitte sa belle Djerba natale pour la remplacer au service de la comtesse Merveil du Roc, dans le 16 e arrondissement de Paris. Peu chanceuse jusque là dans la vie, puisque mariée tard à un homme qui l’a quittée pour en épouser un autre et s’installer avec elle dans le Wisconsin, Fatima part à la rencontre d’un autre monde. L’immeuble de l’avenue Victor Hugo, où elle s’occupe de la comtesse et de sa chienne Emma est bien plus multiculturel qu’on ne pourrait se l’imaginer : il y a bien sûr le coupe un peu rigide « Figaro » avec ses cinq enfants, mais aussi la concierge, espagnole et qui s’occupe avec amour du jardin, l’écrivain américain un peu bohême et qui se lie d’amitié avec Fatima et lui apprend à lire, et la comtesse, veuve inconsolée, mère éloignée de sa fille et qui préfère boire de l’eau en laissant les grands crus dormir dans sa cave. Un peu magicienne, mais plus par compréhension des gens que par véritables sortilèges, Fatima parvient à s’attirer la sympathie de tous les habitants de cet immeuble. Ainsi que celle des voisins, dont Victorine, secrétaire sénégalaise d’une avocate à succès, et l’énigmatique Hippolyte, ancien danseur de ballet et qui partage avec Fatima un goût prononcé pour les animaux.

Joanne et Gerry Dryansky parviennent à redonner à Paris les couleurs pittoresques qu’il avait chez les auteurs américains de la « Lost Generation », tels Ernest Hemingway ou Gertrud Stein. C’est ce même Paris bigarré, ouvert aux autres cultures qui demeurent néanmoins « étranges », où les gens se mélangent aux bêtes, où certaines coutumes sont et perdurent sans s’expliquer et où le temps semble n’avoir pas de prise sur les mœurs qu’on retrouve, transposé de l’Entre-deux-guerres à aujourd’hui et du quartier latin sur les beaux quartiers de la rive droite. L’écriture très simple, très parlée, rend la bonhommie des personnages encore plus directe et permet de dévorer le roman d’une traite. Un rayon de soleil et d’humanité généreuse pour éclairer l’hiver.

Joanne et Gerry Dryansky, L’extraordinaire histoire de Fatima Monsour, Traduction Marianne Véron, Eho, 22 euros.

« Pour Fatima, l’immeuble n’était jamais qu’un village vertical, et, lorsque, dans un village, survenait un incendie, un accident, une naissance, ou quoi que ce soit d’exceptionnel, il incombait à tout un chacun de prêter main-forte aussitôt » p. 81

Combhard : Des dunes de Biarritz à l’underground newyorkais

Mardi 16 décembre 2008

Combhard est une jeune marque de vêtements et d’accessoires en néoprène, ce caoutchouc fin et étanche dans lequel sont sculptées les combinaisons des surfeurs. Inspirées par les besoins et les goûts des surfeurs, les collections proposent des vestes et des T-Shirts aussi chaudes qu’originales.

Le designer de la marque, Thomas Renaud, nous a fait visiter son Showcase coloré, accessible aux connaisseurs au sous-sol d’une des boutiques de Sélima, au 7 Bond Street, dans le quartier de Noho à New-York.

Retour sur une aventure qui a commencé il y a 12 ans à Biarritz et qui se poursuit désormais dans les quartiers branchés de Manhattan.

Selima

Pousser la porte de l’une des très féminines boutiques de Sélima, dans une petite rue calme de Noho, c’est entrer dans un lieu où montures de lunettes originales côtoient robes du soir en dentelle et vieux fauteuils confortables d’un salon de coiffure caché.

Encore plus « underground », le showroom de la ligne de vêtements Combhard se situe au sous-sol. Passé le petit escalier blanc, l’entrée dans la large pièce est une explosion de couleurs. L’espace de travail du designer Thomas Renaud est mélangé avec ses créations, son ordinateur trônant à travers les cintres sur un sous-main réalisé par ses soins.

Combhard Selima

Suspendues devant des tableaux contemporains, les élégantes vestes en néoprène kevlar de la collection automne-hiver 2009 sont les premières pièces qui attirent l’attention. Courtes, sportives et élégantes pour les femmes, avec un col soyeux en fourrure synthétique des Vosges, chez les hommes, elles s’inspirent des vieilles redingotes pour donner une impression carrément dandy. Les vestes existent en deux tailles, sont peaufinées jusqu’à l’intérieur où un joli dessin est griffé à la doublure.

Selima

Le néoprène permet d’avoir chaud sans transpirer, c’est un tissu agréable à porter. On le perfore selon le degré d’aération souhaité, ce qui permet à Combhard de proposer trois gammes thermiques. Ainsi, les collections de vestes printemps-été sont ultralégères. Si les premières vestes, nées dans un garage de Biarritz étaient très colorées, avec des tons fluos, Combhard propose de plus en plus des tonalités élégantes, noires et grises. Il faut compter 100 à 250 euros par veste, qui sont lavables en machines à 30 °.

Combhard propose aussi des T-shirts, des pièces de bagagerie, des accessoires pour la maison comme des protèges-bouteilles, des rideaux de douche, des bouillottes, et des accessoires de mode, comme des ceintures ou des cravates. Le tout, en néoprène, bien sûr.

Selima

Cela fait deux ans que la marque s’est expatriée à New-York, déménageant directement du Pays Basque aux Etats-Unis, sans passer par Paris. Thomas Renaud explique qu’il a choisi Manhattan pour la source d’énergie et d’inspiration que la ville lui apporte : « Si j’ai quitté Biarritz, ce n’était certainement pas pour me retrouver dans une ville comme Miami. J’avais besoin de me retrouver dans un endroit où il y a un certain esprit artistique, sinon, je restais à la plage ».

Dès à présent, vous pouvez voir les collections de Combhard en ligne, les y acheter ou encore, en France, vous rendre  dans le premier et seul magasin qui ne vend que cette marque : Néo-House 14 rue de la merci 33000, Bordeaux 05.56.51.66. 93.

A Paris, vous trouverez certaines créations Combhard chez Room Service à l’Atelier Vintage, 52, rue d’Argoût, dans le 2 e arrondissement.

Voici les adresses des boutiques qui vendent la marque Combhard aux Etats-Unis : NEW-YORK
Showroom chez Sélima, 7 Bond street, à Noho, NYC 10012.
Conquête, 257 w 23rd St à Chelsea, NYC 10011.
Le Style shop du Fashion Institute of Technology, 7th avenue @ 21st St, NYC 1001
Bowery Kitchen, dans le Lower east side, 5 Rivington St, NYC 10012.

CHICAGO
Museum Shop de l’Art Institute de Chicago, 111 South Michigan Avenue, Chicago, Illinois, 60603-6404.

Et bien sûr, vous pouvez toujours commander en ligne sur le site de Combhard.

La marque a aussi son myspace.

Retour au bercail

Mardi 16 décembre 2008

72 heures sans dormir, joli record accompli ce week-end et qui m’a coûté une chute ridiculement tragique sur les marches de l’église où se mariait ma meilleure amie. La fatigue, la pluie, les talons sous des jambes tremblantes de froid, le riz et les pétales de rose aidant, j’ai bien dévalé l’escalier, cogné mes deux genoux, saigné comme une enfant qui tombe de vélo et continué à courir après avoir enlevé mes bats déchirés, jambes nues et meurtries dans les rues de mon Paris.

Le retour est toujours une experience d’inquiétante étrangeté : le chemin familier de l’école sur le pont d’Iena, mais avec les étoiles de la présidence française de l’Europe en collier au ciu de la Tour Eiffel. L’odéon cliqnuant d’affiches de cinéma, mais vide un dimanche soir, ou encore le trajet mille fois répété de  chez moi au Tourville, à l’école militaire, en passant par le Franprix, mais mes pas mesurés à l’aune de la distance 103e st/ Broadway jusqu’à 106 et West-end. Et les hommes parisiens, quand même, parlent plus à mon imagination  que les new-yorkais : nostalgie du proche.

Le mariage jeudi était si beau, si raffiné et élégant que je me suis sentie lavée des vulgarités de Miami. Beaucoup de têtes blondes à l’église orthodoxe de la rue georges bizet, et des couple jeunes, grands, beaux et tous nobles. Des litres de sang bleu dans de parfaites veines parisiennes. Le dîner a eu lieu dans un charmant hôtel particulier de la rue Jacob. Pas plus d’une soixantaine de convives. Discours parfaits des pères, celui du marié émaillant ses mots de ceux de Mauriac, Bernanos et des évangiles. Décoration de Noël épurée en blanc et argent, chaque assiette peinte à la main par la mère de la mariée. Cordy est ma plus vieille amie, je la connais depuis que j’ai un an. J’ai raté son premier mariage qui avait lieu à l’île moustique, un mois avant mon bac. Mais ai tenté de me rattraper huit ans plus tard. Son mari a l’air d’un homme fort, posé. J’ai beaucoup échangé avec certains de ses amis. Musique live, mais pas trop, histoire de laisser le temps et le son aux discussions. Foie gras bien sûr avec du château Yquem, un régal. Un peu de danse, beaucoup de bon champagne. La plus belle fête que j’ai vue depuis trois ou quatre ans, et j’étais très émue. J’ai aussi retrouvé des amies de primaire, folles, impeccablement mises, et fortes en gueule. Agréable. Et fait une très jolie rencontre.

Du coup, pas de sommeil dans la nuit de samedi et arrivée toujours en robe de soirée à mon brunch dimanche avec mes deux meilleurs amis et une proches. Ils sont tous enseignants d’Histoire et ça m’a fait beaucoup de bien de retrouver les rumeurs des couloirs d’école, la foi dans l’éducation, l’engagement et aussi les courses de Noël, les angoisses sur l’avancée de la thèse, et les projets de bourses diverses.

L’après-midi, juste de temps de prendre un bain et un ami compositeur m’ a apporté une vidéo musique classique pour en3mots. Et fait écouter sa BO pour un grand film français dont le tournage est prévu pour mai-juin. Totalité de ce CD, qui brassait aussi bien des thèmes romantiques rachmaninoviens que des chansons de rues 1940 ou des variations de jazz. J’ai été très impressionnée. Puis cinéma, décevant, j’ai dormi, et dîner dans un petit restaurant italien du quartier latin et verre avec un autre ami à la maison. Sa dépression chronique me bouleverse moins : je ne peux rien à faire, c’est à lui de se bouger. La tournée des popotes a continué lundi : café matinal avec ma petite soeur d’adoption, midi à deux agréable avec un ami journaliste, dîner chez mon père, visite à ma grand-mère et thé chez un proche ami avec discussion sur arendt, le rock indé et le symbolisme.

Evidemment j’ai repris en3mots, travaillé mon plan de thèse. Je vais au bureau demain, puis théâtre et baron pour un concert.

Mercredi et jeudi, ce sera Londres. Du 1ier au 4, Lisbonne et du 7 au 12 St Moritz en famille. Tout est réservé. Il ne me reste plus qu’à planifier le 31.

Ma playlist de décembre (à écouter dans l’avion)

Vendredi 12 décembre 2008

Emma Daumas-Je suis Conne

Zaza Fournier -Mon homme

Keren Ann- Seule

Frida Hyvönen- Birds

Britney Spears- Circus

The Killers- Human

Jolie Holland- Sascha

Nouvelle Vague- Too drunk to fuck

Regina Spektor-Fidelity

Johnny Cash- One

Barbara- Dis quand reviendras-tu?

Thaïs de Massenet au Met, l’orientalisme grandiose

Jeudi 11 décembre 2008

Lundi a eu lieu la première de l’Opéra de Massenet avec la soprano Renée Fleming habillée en Lacroix dans le rôle titre. Une production impeccablement sensuelle.

Thais Lundi soir, le bâtiment années 1970 du Metropolitan Opéra de New-York était plein comme un œuf. Très habillés, les mélomanes, étudiants en goguettes et stars venues pour se montrer intouchées par le temps qui passe (Sigourney Weaver entres autres) défilaient, en smokings et robes noires. Ils venaient tous acclamer LA star qui tient le haut de toutes les affiches d’opéra pour la 150 e saison du met : la soprano Renée Fleming. Habillée par Jean-Paul Gautier, elle est apparue dans toute sa beauté physique et lyrique au milieu du désert aménagé par le britannique John Cox dans une mise en scène digne des mille et unes nuits.

Thaïs est à l’origine un roman d’Anatole France mis en musique par Jules Massenet. La première a eu lieu à l’Opéra de Paris en 1894. L’opéra se développe en 3 actes structurés en 6 scènes qui fonctionnent comme de très beau tableaux orientalistes de Delacroix. Au IVe siècle, en Egypte, Athanaël, retiré parmi un groupe de moines dans le désert a une vision : il doit sauver l’âme de la belle courtisane Thaïs, prêtresse de Venus et la ramener à Dieu. Mais se mêler au monde est dangereux pour Athanaël qui a été l’un des plus riches hommes d’Alexandrie. Et Vénus est peut-être plus puissante que le Christ…

De Thaïs, on ne retient normalement que l’air du miroir probablement pour ses similarités avec celui que chante Marguerite dans le Faust de Gounod. Mais l’opéra entier est vraiment à écouter : d’abord parce que cela « chante tout le temps » et ensuite, à partir du deuxième acte, il y a trois à quatre magnifiques arias par tableau, dont, devant le monastère où Athanaël dépose Thaïs le duo « Baigne mes mains et mes lèvres ». Et les intermèdes musicaux orientalisants sont de toute beauté. Renée Fleming est parfaite et parfaitement sensuelle en rose et or Lacroix, et même encore un peu plus en robe de pèlerine déchirée. Quant au merveilleux baryton Thomas Hampson, sa diction parfaite du Français et son charisme donnent une force croissante au personnage d’Athanaël. A leurs côtés, le ténor suisse Michael Schade a aussi une belle présence scénique et une voix frappante.

Et comme c’est de l’opéra, même au pays où l’orientalisme fustigé par Edward Said n’a pas la côte, le public se permet d’apprécier les tonalités blanches et or et la voix haute perchée de la femme qui souffre. Et même les ornements baroques de la mission catholique.

Un beau spectacle à ne ratez sous aucun prétexte si vous passez par New-York avant le 11 janvier. Voici en cadeau l’air du miroir par Renée Fleming. Et pour les fans de Massenet, l’opéra de Paris produit Werther avec Villazon en février. Enfin, une version audio fe l’opéra avec Flemming et Hampson existe en CD chez Decca.

Thaïs mon amour

Mardi 9 décembre 2008

A neuf heures du matin, ça m’a pris comme une violente envide de femme enceinte : je voulais de l’opéra français, je voulais Thaïs, je voulais Massenet et je voulais Renée Flemming et Thomas Hampson. Comment faire quand la première est le soir même et pleine à craquer y compris les places à 400 dollars? Réponse : à 9h10 du matin les standing seats étaient en vente à 20 dollars plus taxes (= 30 dollars, oui je sais j’ai fait un bac S et parfois les chiffres me reviennent). C’est le sourire victorieux au lèvres que j’ai traversé la journée, assisté à deux cours, corrigé 40 copies, mis des articles dans l’admin d’en3mots, déjeuné avec un ami et ne suis pas allée à la gym (c’est mal ) avant de rejoindre un ami suédois au métro et retrouver sur place Caro et Chester. On voit très bien des places debout et sur 3h30 c’est tout à fait tenable. Renée était voluptueusement Lacroix, Thomas est mon chouchou depuis que j’ai entendu mon premier Winterreise par lui, et l’histoire de double conversion orientalisante est tout à fait mon terrain. Bref, du caviar, surtout le deuxième acte. Article à venir demain, mais Levine m’impressionne de plus en plus. On a fini dans un bar chic à boire des cocktails japonais, parler de Bergman et d’Assia Djébar, aussi un peu de Arrested development, et j’ai eu mon premier cours de suédois dans le métro du retour. A force de me laisser apprendre toutes ces langues nordiques, je les mélange et reviens toujours à mon Allemand. Ganz gut. Dernière bonne nouvelle : mon amie argentine Julia m’a passé un radiateur de la taille d’une boîte à chaussures et qui marche, je vais dormir avec ca sur le ventre, ce sera moins lourd et plus chaud que mon manteau.

Comment entrer au baron…

Lundi 8 décembre 2008

Toujours très difficile malgré les nouveaux clubs qui ne cessent d’ouvrir, le Baron, qui se vante d’être le seul club à refuser même des stars Hollywoodiennes est difficilement accessible si vous n’êtes pas un “habitué”. Et la sélection vole bien au-dessus des Chacha, BC et autres VIP rénovés. Comment passer la vigilance terrifiante de Back (nom du videur sont je ne connais pas l’orthographe, veuillez m’excuser) ?

Solution 1 : Se pointer et se faire refouler tout les soirs jusqu’à ce que votre visage soir connu

Solution 2: Arriver au bras d’un ami artiste et oiseau de nuit qui a ses entrées

Solution 3 (et la plus démocratique) : Venir pour un concert. Or mercredi  10 décembre, il y a concert au baron!!!

Présentés par Mein Disko, les américains de Glass Candy sont sur scène ce soir, suivis des DJ résidents  Djs GUIDO (Goldrush) & VINCENT VEGA (La Clique /ZE).
Invitations à retirer vite par mail à meindisko@gmail.com.
Ou arriver très tôt (23h/23h30) pour entrer.
Minuit, Le Baron, 6 Av. Marceau, 8e, M° Alma-marceau.

Le bon plan est évidemment écrit pour en3mots, mais n’hésitez pas à partager avec moi vos expériences traumatisantes de rejet à la porte du baron (j’en ai deux trois pour ma gouverne, mais je trouve toujours cela plutôt drôle).

En décembre, Miami vibre au rythme de l’Art

Lundi 8 décembre 2008

Petite sœur de la très chic Foire d’art Contemporain de Bâle qui a lieu chaque année au mois de juin en Suisse, Art Basel Miami transforme la cité paradisiaque de Floride en Capitale mondiale du marché de l’art chaque mois de décembre. Cette année, malgré la crise, les plus grandes galeries du monde se sont donné rendez-vous à Miami du 4 au 7 décembre (VIP les 2&3 décembre). En3mots y était et vous rapporte ses impressions en rayon de soleil.

miami 250 galeries venues de 33 pays s’étaient donné rendez-vous du 4 au 7 décembre au Convention center de Miami Beach pour la 7 e édition de Art Basel Miami.

Alors qu’en Juin à Bâle, le premier étage est réservé aux galeries très contemporaines et le rez-de-chaussée montre de véritables pièces de musée, à Miami, tous les halls menant vers le même immense espace d’exposition, elles étaient toutes entremêlées, nationalités et périodes de prédilection confondues.

La taille des galeries permettait d’exposer de belles pièces d’art vidéo. Certaines étaient signées Bill Viola (chez Kukje) ou Gary Hill (chez Yang). Art Kabinett a pu livrer un mur entier à Jesús-Rafael Soto. Et Robert Miller a consacré un grand pan de mur à Lee Krasner.

Malgré des temps difficiles, à la fin de la semaine, les points rouges étaient nombreux près des œuvres, et les ventes avaient l’air d’être bonnes. Par 25 ° et dans une ambiance de vacances, l’ambiance était résolument placée sous le signe du « Pop Art ».

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On pouvait notamment voir de très nombreux Warhol (par exemple, chez Chantal Crouzel), des Baldessari (chez Marianne Goodman), des Wesselmann (chez L&M, Thaddeus Ropac etYvon Lambert), et des Picabia dernière époque chez Haas & Fuchs. Enfin, les affiches de Barbara Kruger flashaient en rouge et noir chez Jablonski (voir photo ci-dessus, Untitled).

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Dès l’entrée, chez Deitch, de très beaux portraits très figuratifs de Divas dans leurs rôles d’opéra par Fransisco Clemente donnaient le ton élégant mais festif de la foire (Ci-dessus : Nathalie Dessay en Amina). De nombreuses œuvres de Botéro parsemaient le parcours donnant à Art Basel un style replet exotique.

Kammel Mennour a mis en valeur les installations surprenantes de Shen Yuan (dont le poikilothème ci-dessous).

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La galerie berlinoise Contemporary fine arts exposait de bons Jonathan Meese et Gagosian des clichés moins connus et plus caravaggiens de l’artiste iranienne Shirin Neshat.

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Perrotin était un peu le roi de la foire et a mis à l’honneur l’artiste japonaise Aoshima avec ses sculptures de femmes mangas mutines.

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Thaddeus Ropac avait parmi ses pièces un très beau Baselitz de 2003. Kewenig a fait venir ses Boltanski et Kounellis déjà vus à la Fiac, et Lelong a connu son succès habituel avec ses sculptures de Jaume Plensa.

Nos trois traditionnelles trouvailles d’en3mots sont :

– des photos des années 1960 très violentes de Larry Clark chez Luhring Augustine

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– la politique et ludique installation dédiée à la chute de Lehman Brothers chez Vitamin

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– Et plus classiques, les personnages fuyants de l’espagnol Juan Genoves chez Malborough.

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A l’occasion de l’évènement Art Basel, Miami Beach était jonchée de tentes où de nombreuses foires off permettaient à de plus petites galeries ou à des galeries spécialisées de se faire connaître. Autour du convention center et près de la plage, « INK » présentait uniquement des œuvres sur papier. Parmi lesquelles on pouvait noter de très beaux Manolo Valdès chez Malborough graphics, et des papiers colorés de Damian Hirst chez Dranoff fine arts.

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Le long de Collins avenue, plusieurs hôtels étaient transformés en halls d’expositions. Le souriant (en rose et blanc) hôtel Catalina avait donné à chaque exposant de « Bridge » une chambre, avec un numéro, une porte, une clé et un lit autour duquel on pouvait voir les œuvres.

En face, « Art now » ne prenait qu’un seul et long couloir qui s’ouvrait en fanfare sur des photos impressionnantes de Stasys (Thomas Masters Gallery, voir ci-dessous). On pouvait aussi noter chez Soma New Art les photos nangoldiennes de Maxi Cohen, qui a surpris l’intimité de femmes dans des toilettes de lieux publics du monde entier.

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Plus triste et encaissée, « Art fair » ressemblait à une exposition de galeries locales dans un hôtel vieilli de station de ski en plein mois de juillet.

A quelques dizaines de rues plus au Nord, un tout nouveau quartier est en plein boom. Il s’étend de la 29e à la 36e rue et est connu sous le nom de « Midtown » car il s’étend le long de Midtown Boulevard.

C’est là que de nombreuses tentes ont planté leurs piquets pour abriter d’autres foires d’art contemporain au moment de Art Basel. Art Miami est la plus importante, avec de grandes galeries et des œuvres résolument contemporaines. Adam Baumgold exposait ses grands Axel Katz, et Caren Golden Fine art présentait une installation de Devorah Sperber : des bobines de fils suspendues au mur se répercutaient dans une boule de verre pour copier exactement un autoportrait de Van Gogh (voir ci-dessous, la Joconde, exxposée au Musée du design de New-York).

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En face, la Scope art fair, malgré son abord obamamanique tenait plus du pastiche (achetez une œuvre « à la manière de » pour pas trop cher) que de la création. Mais ses ailes, Art Asia et photomiami étaient très intéressantes.

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Le provoquant artiste chinois Zhang Peng a créé la stupéfaction avec ses photos ultra-violentes d’enfants chinois. En noir et blanc avec des armes ou des petites filles au visage d’ange plongées dans des baignoires de sang.

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Sur la route d’une autre foire moins intéressante, la « Red dot Fair », le Ginza tropicalia ouvrait un grand espace urbain aux skateboarders. La piste était jonchée d’œuvre d’art et l’on pouvait y déguster des sushis. Et un grand immeuble a été transformé en squat ou des œuvres et des installations s’étendent sur quatre étages.

A proximité, entre la 32 e et la 34 e rue, le centre commercial du quartier exposait les œuvres « corporate » de Britto qui a revu la décoration de l’Audi RS4.

Puis, en traversant vers le quartier du design, on trouvait sous l’autoroute, dans l’espace en plein air IM Fashion Photo, de grandes photos de mode et toute une galerie dédiée à la top model Naomi Campbell.

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Le quartier du design de Miami est autour de la 39e rue et regorge de boutiques de meubles et de décoration d’intérieur. Au coeur du quartier, Miami design regroupait des galeries du monde entier, dont Jousse entreprise pour la France. La pièce la plus convoitée était le Light Blub Chandelier de l’artiste néerlandaise Pieke Bergmans chez PriveeKollektie.

Si vous allez à Miami cet hiver, ne ratez pas la visite du Bass Museum (Dans l’escalier trône un joyau issu d’une coopération entre Botticelli et Ghirlandaio, et les deux expositions temporaires étaient très soignées : une rétrospective de l’artiste Pedro Reyes, qui joue avec la narrativité et les fins possibles d’une histoire, et une expo thématique très réussie sur des artistes contemporains russes, où l’on retrouve le collectif AES F et découvre le très poétique Leonid Tishkov qui a peint un poème pictural en photos sur une homme qui a trouvé la lune (en néon) et ne l’a plus quittés), l’exposition de photos christiques de David Lachapelle, « Jesus is my homeboy » chez Wolfgang Roth

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et les photos de Maxi Cohen chez Daniel Azoulay.

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Long week-end sous le soleil de Miami (Art Basel)

Lundi 8 décembre 2008

Attrapant mon avion comme un bus à Lagardia (en traversant d’ailleurs le foisonnant Harlem en transports en commun), jeudi, je suis arrivée vers 19h à l’aéroport de Miami. Rangement rapide du manteau en fourrure dans la valise : il fait 25 °. Rien que le fait de pouvoir se déshabiller sans claquer des dents est un luxe inespéré. Conduite prestement par un taxi haïtien qui m’a entretenue en Français et tutoyée, j’ai fini par trouver l’entrée dramatique (calèche blanche et design modern branché) de notre hôtel au nom hollandais (décidément je suis maudite) : le Gansevoort. Douche rapide, robe noire et c’était parti pour un dîner 100 % Miami dans un restaurant Français mi-marocain, mi cuisine française, avec BO sortie d’une barmitsvah safarade parisienne des années 1990 (Albina, cette année là, aicha, I will survive et j’en passe et des meilleures…). La nourriture était – il faut le reconnaître- bonne, le luxe un peu lourd de l’endroit m’a caressée dans la bon sens du poil, et le chablis était bienvenu après une journée à courir les interviews et les transports. On a tous beaucoup dansé, avec des gens que nous ne connaissions pas et légèrement ivres. Et puis nous avons décidé d’arrêter le fil de la nuit et d’aller dormir. Claquage de grosses bises au propriétaire du restaurant, conseil de guerre dans l’a chambre d’un de mes deux amis et puis nous sommes allés dormir.

Au matin, mon ami, Danny, devait travailler, donc réveil à 7h30. Petit déjeuner paradisiaque sous le soleil près de la piscine avec vue sur mer. J’ai été profondément séduite par le plaisir simple de sentir un soleil fort sur ma peau. Si bien que j’ai décidé de repousser ma visite des galeries et de Art Basel à 11h pour m’allonger en maillot de bain près de la piscine. En plus, j’ai bien fait car aucune des foires n’ouvrait avant midi. Autour de la piscine avec vue sur la mer, il y avait beaucoup de belles plantes et de gars basanés qui parlaient français. Lisant et changeant régulièrement d’angle pour bien absorber les rayons, je n’ai eu que peu de temps pour observer la compétition de lunettes chanel et de bikinis griffés. Après un bain, c’est en baskets que je me suis lancée à l’assaut de la ville. La foire Artbasel a lieu au convention center qui était à distance humaine de notre tout nouvel hôtel au clinquant symapthique mais vraiment sans qualités. L’expo était encore fermée quand je suis arrivée après avoir marché sur le bord de Collins avenue (qui ressemble à une autoroute) sous un soleil de plomb. J’ai donc commencé par les galeries de traverses qui étaient nombreuses.

J’ai bien vite compris qu’à Miami, tout est une question de quantité. Par exemple, un marchand d’art est important quand il a « le plus grand nombre de Picasso au monde ». Contrairement à Art Basel en Suisse, qui a ses off, mais est assez concentrée, l’opulence à Miami vous pousse à vous éparpiller. Et c’est avec plaisir que vous vous laissez épuiser par la profusion, car dans la masse, il y a indéniablement des œuvres de grande qualité. Cela m’a aussi permis de découvrir des galeries d’Arizona ou du Brésil dont je ne connaissais pas même l’existence.

Le nombre de foires « off » est hallucinant. Il y a deux locations principales : à Midtown, nouvelle aire en plein développement – projet dont d’ailleurs l’ami avec qui j’étais s’occupe- où les œuvres sont entreposées dans des « salons » sous des tentes. Et près de la mer, dans de vieux hôtels qui ont du être chics dans les années 1980, et les galeries s’installent littéralement dans une chambre, les hôtes vous recevant sur un lit où sont éparpillées les toiles. En plus ils vous reçoivent bien, avec le sourire, heureux que vous vous penchiez sur leurs artistes, et désespérés de vendre quoi que ce soit où malgré le grand train de vie, les collectionneurs réfléchissent à deux fois avant d’investir des dizaines de milliers de dollars. A la Bridge, côté mer, j’ai poussé la porte d’un galeriste-artiste, apparemment l’ancien amant de Pierre Restany, qui a organisé in situ des lancers de femmes nues couvertes de peintures en hommage à Yves Klein, s’est vanté d’être extrêmement prolifique et a son immense studio au Texas. Plus chic avec son patio aux palmiers, INK se concentrait sur les œuvres sur papiers. J’ai été très impressionnée par de récents Manolo Valdès (d’après les Ménines de Velázquez) et les derniers papillons de Damian Hirst. Comme mon ami travaillait toujours, j’en ai profité pour visiter le « Bass museum ». dans l’escalier trône un joyau issu d’une coopération entre Botticelli et Ghirlandaio, et les deux expositions temporaires étaient très soignées  : une rétrospective de l’artiste Pedro Reyes, qui joue avec la narrativité et les fins possibles d’une histoire, et une expo thématique très réussie sur des artistes contemporains russes, où j’ai retrouvé le collectif AES+F et découvert le très poétique Leonid Tishkov qui a peint un poème pictural en photos sur une homme qui a trouvé la lune (en néon) et ne l’a plus quittés.

A 13h30, enfin, nous poussions la porte de Art Basel. Après une légère et nécessaire collation, nous avons commencé notre tour méthodique, mon ami me coupant dans mes couplets sur Kiki Smith ou Christian Boltanski, et cherchant de quoi décorer son appartement. Avec bon goût, ou en tout cas un flair sûr puisqu’il s’est arrêté chez Malborough pour les personnages fuyants de Juan Genoves et chez Perrotin pour les petites femmes de Aoshima. A 16h30 nous avons sautés dans un taxi pour nous retrouver à Midtown et voir la Scope –où tout n’est que pastiche de grands maîtres contemporains – à Art Miami, très inégale, mais où nous avons revu une des œuvres de fil de Devorah Sperber.

Notre petit tour s’est fini par un vernissage dans un mall à la californienne, où un artiste du nom de Britto devenait « corporate » pour des voitures. Le temps d’un macaron Paul et puis nous sommes rentrés à l’hôtel pour faires les prières du shabbat dans la chambre, prendre une douche et être à l’heure au 28 étage d’un très bel immeuble avec vue sur tout Miami à 21h. De verre de champagne en verre de champagne, j’ai rencontré des gens très chics et nombreux dans l’immobilier ou l’organisation de soirées. Nous avons fini la nuit comme il se doit dans une villa au luxe agressif de « Star Island » où des gens de tout âge buvaient comme dans un Fellini dans un jardin très travaillés avec sculptures et miroirs.

Après une grasse matinée bien méritée, nous sommes sortis pour le petit déjeuner le lendemain et sommes allés au magnifique hôtel Seitan (leading hotel of the world) au charme zen, et raffiné. Chaque orange au centre des tables créait une harmonie avec le bassin miroir du centre de la cour où était servi le repas. La transition vers le toit de notre hôtel qui reproduisait le Nikki Beach en hauteur a été difficile mais amusante. J’ai même étonné tout le monde en nageant dans la piscine (bien plus propre que celle du Nikki Beach). Dans l’après-midi nous avons fini notre tour de Midtown et plongé dans le quartier design de Miami où j’ai dégusté le meilleur repas italien du nouveau monde avant de suivre mon ami dans sa quête d’architecture d’intérieur. Puis nous sommes allés à la Gym, qui est la même que la mienne à New-York en encore plus dramatique (3 étages, miroirs aux décorations mauves et chaînes sur le bord des marches de l’escalier) et gay (David Barton).

Mais samedi soir à 19h, elle était surtout très vide. Pas de sauna, je me suis contentée d’un hammam après le sport. Le temps d’une douche, de manger des céréales bio dans du lait de riz et c’était reparti pour un retaurant pseudo-asiatique qui vient d’ouvrir Philippe et la grande soirée su magazine chic local : Ocean Drive au clinquant club du clinquant hôtel Fontainbleau. Trop de faux seins, trop de Vuitton, trop de Paméla Anedrson posant avec le patron du magazine dans une salle qui ressemblait comme une goutte d’eau au Bobino. Au bout de dix minutes j’ai piqué une grosse crise d’angoisse, alors nous sommes allés manger une glace sur Lincoln Road, sorte de centre commercial et bon enfant (Aix en moins chic) de la ville. Après un dernier brunch au Seitan et un empaquetage rondement mené, nous avions rendez-vous à 12h30 pour prendre un avion privé vers New-York. Et me voici de retour dans un froid polaire, heureuse de retrouver l’architecture vivante de Manhattan.